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Des intermittents du spectacle en grève au Festival d'Avignon le 16 juillet 2014

C'est reparti...

6 min

Bis repetita : y aura-t-il des festivals cet été ? Les intermittents du spectacle sont très remontés... Ce qui est certain, c'est que Benjamin Millepied quitte l'Opéra de Paris encore plus tôt que prévu, et que Jan Fabre aura duré encore moins longtemps que lui à la tête du Festival d'Epidaure !

Des intermittents du spectacle en grève au Festival d'Avignon le 16 juillet 2014
Des intermittents du spectacle en grève au Festival d'Avignon le 16 juillet 2014 Crédits : Philippe Laurenson - Reuters

Des Assemblées Générales se [sont tenus, et se tiennent encore en ce moment même] aujourd’hui 4 avril, au théâtre de la Colline à Paris et un peu partout en France. Pourquoi ? Parce que, nous explique Politis, “2016 pourrait sonner la fin de l’intermittence. Samuel Churin, de la Coordination des intermittents et précaires, a sonné l’alerte sur Facebook le 25 mars : la veille, lors des négociations sur l’assurance chômage, le Medef a rendu une feuille de cadrage qui représente, selon lui, « l’attaque la plus grave portée à ce régime spécifique d’indemnisation chômage depuis bien longtemps. Ce qui est demandé par le Medef et la CFDT est bien pire que la convention 2014 et son différé d’indemnisation. » Selon le comédien, « les intermittents devront faire 185 millions d’euros d’économies par an pour la convention signée avant juillet, et, à l’horizon 2020, 400 millions d’euros d’économies par an ! » Soit un quart des allocations versées.” “Un chiffre intenable et une provocation de trop pour les intermittents, commente Emmanuelle Bouchez dans un billet de Télérama intitulé « La saine colère des intermittents ». D’autant que la solution préconisée dans cet accord (qu’ont refusé de signer d’autres organes syndicaux, comme FO et la CGT) consiste à utiliser les 80 millions annuels d’aide de l’Etat. Or cette somme – accordée en 2014 pour calmer le jeu à la veille des festivals – devait alimenter un fonds pour l’emploi permanent. Faut-il rappeler aux signataires que l’Etat n’a pas vocation à renflouer une caisse paritaire déficitaire, mais à élaborer une politique publique de la culture, active et digne de ce nom ?” Qui consiste notamment, et principalement, on le rappelle souvent ici, à nommer des directeurs d’institutions.

Nouvel épisode du pas de deux houleux entre le Ballet de l’Opéra de Paris et Benjamin Millepied

Et ce ne sont pas les postulants qui manquent. “Candidat à la succession de Muriel Mayette à la Comédie-Française, puis à celle de Luc Bondy à l’Odéon, Denis Podalydès revient à la charge, révèle une brève du Figaro. Le comédien se verrait bien cette fois-ci diriger le Théâtre national de Chaillot, fondé par Jean Vilar. Verdict en juillet.” Pas certain cependant que ce soit une bonne idée de diriger un lieu qui fait une part si belle à la danse. Ou alors il faut être expert pour écrire entre les lignes. Regardez ce “simple communiqué de presse de l’Opéra de Paris, envoyé le 24 mars, intitulé « Entrée au répertoire de Drumming », et décrypté par Ariane Bavelier, à nouveau dans Le Figaro. Un cheval de Troie idéal, estime-t-elle, tant la pièce d’Anne Teresa De Keersmaeker est un chef-d’œuvre et tant ce rapprochement entre la plus importante des chorégraphes d’aujourd’hui et le Ballet de l’Opéra de Paris est un gage d’excellence pour la compagnie et une source de réjouissance pour le public. La perplexité vient en lisant le message : « La création de Benjamin Millepied et de Philippe Parreno, initialement prévue en juillet 2017 à l’Opéra Bastille, est annulée. C’est l’entrée au répertoire de Drumming, d’Anne Teresa De Keersmaeker, qui sera présentée aux mêmes dates. » Quel est ce nouvel épisode du pas de deux houleux entre le Ballet de l’Opéra de Paris et Benjamin Millepied ?, s’interroge la journaliste. Depuis l’annonce précipitée de son départ, le 4 février dernier, le calme semblait rétabli. Aurélie Dupont, nouvelle directrice de la danse, rompue aux arcanes de la maison et complice de Millepied, saurait continuer avec douceur et intelligence la révolution entreprise. Et Millepied resterait en compagnonnage avec le Ballet : il avait deux créations pour la saison 2016-2017. L’une sur des chansons de Barbara fin novembre, dans un programme partagé avec Antony Tudor, l’autre, plus importante et audacieuse, avec le plasticien star Philippe Parreno. Contacté par téléphone, Millepied assure que la décision d’annuler cette création est de son fait. Il lui faut tourner la page. Il retrouve sa liberté avec la délicieuse sensation de « voler ». Los Angeles l’attend. Il y a laissé sa compagnie toujours active du L.A. Dance Project. Avec elle, il va multiplier les projets en France. Il ouvrira la saison de la série chorégraphique TranscenDanse à l’automne au Théâtre des Champs-Élysées. Et, assure-t-il, il travaille sur d’autres gros projets. La création avec Parreno verra le jour mais autrement, et ailleurs.”

Un "100 % belge" dénoncé comme antigrec

Un qui sera resté encore moins longtemps que Benjamin Millepied, c’est Jan Fabre. “Nommé en février à la direction du prestigieux festival d’Athènes et d’Epidaure par le ministre de la Culture, Aristides Baltas (du parti Syriza), l’artiste flamand a annoncé sa démission par communiqué de presse, samedi, soit quatre jours seulement après la divulgation de son programme, lit-on aujourd’hui dans Libération. En cause, selon l’intéressé : une atteinte directe à sa liberté artistique, portée par une scène artistique locale qu’il juge « hostile ». L’annonce d’une édition 2016 « 100 % belge » (là où les précédentes éditions étaient grecques à 90 %) n’a pas paru seulement maladroite, mais aussi injurieuse à l’égard d’artistes locaux se sentant dès lors dépossédés de leur propre festival, dans un contexte économique sinistré les condamnant à une grande précarité. Jan Fabre avait pourtant insisté sur le contexte de sa programmation : le choix d’un focus belge résultait seulement du peu de temps imparti pour monter la première édition. Le 1er avril, plusieurs centaines d’artistes, rejoints par les partis d’opposition Neo Demokratia et To Potami, se sont réunis dans le théâtre Sfendoni d’Athènes pour rédiger une lettre ouverte, exigeant la démission de Jan Fabre et de celle du ministre de la Culture, jugé incapable de les « représenter ».” “Le ministre [en question] n’a pas caché son amertume, note Le Figaro, rappelant que Jan Fabre était venu pour apporter son aide à une Grèce en crise, limitant ses émoluments pour s’occuper du festival et y présenter les productions de sa troupe à 20 000 euros par an. [Le ministre] estime que l’artiste a été victime « d’une attaque coordonnée des partis politiques, des médias et d’une partie du monde artistique », ces derniers « qualifiant d’antigrec un programme structuré sur quatre ans, qui visait non seulement à étendre le caractère international du festival mais aussi à rendre internationales les créations grecques ». [Il] a promis des mesures « en vue du meilleur fonctionnement possible » du festival cette année. Il doit se tenir de juin à mi-août 2016.” Aussi sûrement qu’il y aura des festivals cet été en France…

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