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Éléments perturbateurs

4 min

S'il est une série en phase avec l'horreur contemporaine, c'est bien "Homeland" : on y parle de terrorisme, de la Syrie, de Daech, à tel point qu'un avertissement a dû être diffusé au début de l'épisode diffusé le 15 novembre. Précédemment, des petits malins avaient trouvé le moyen d'y effectuer un "attentat" artistique...

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Homeland

“Initialement prévue du 16 au 23 novembre et déprogrammée après les attentats de Paris, la 26e édition du Festival international du film d’histoire de Pessac, consacrée au thème « Un si Proche-Orient », aura bien lieu, du 31 mars au 3 avril 2016 , nous apprend La Croix. Elle sera complétée par trois soirées de projections et de débats, en janvier, février et mars prochains. Son président Alain Rousset a tenu à maintenir cet « événement civique autant que culturel ».”

Obama est fan On ne sait si le Festival de Pessac s’intéresse à l’histoire immédiate et aux séries télévisées, mais il aurait tout intérêt à consacrer une soirée à Homeland . “Pas de pays imaginaire, de dictateur fictif ni de groupe terroriste au nom virtuel. Dans [cette] série télévisée sur le terrorisme, il est question, nommément, de Syrie, de Bachar al-Assad et de Daech , constate Le Parisien. La cinquième saison, dont la diffusion a commencé sur Canal Séries le 6 octobre (presque en même temps qu’aux Etats-Unis), colle de très près à l’actualité internationale. Les scénaristes s’inspirent notamment de l’affaire Edward Snowden… Et même des attentats de Charlie Hebdo. Le 15 novembre, les producteurs de Homeland ont d’ailleurs décidé de faire référence aux attentats du 13 novembre. Alors que Showtime diffusait le septième volet de la saison 5, ils ont affiché au début de l’épisode un message blanc sur fond noir :” “ « Vu les événements tragiques de Paris, nous vous rappelons que Homeland contient des éléments pouvant perturber. Nous offrons nos condoléances les plus sincères à tous ceux qui ont été touchés par les attaques ». Une annonce qui peut paraître anodine pour les assidus de la série, même si la situation l'exige , commente Christophe-Cécil Garnier sur Slate.fr. Depuis sa création, Homeland ne se préoccupe pas des « éléments pouvant perturber » : dans un épisode, c'est un tir de drone pour tuer un chef taliban au détriment de nombreuses victimes collatérales, dans un autre, ce sont des assassinats ciblés de terroristes qui causent la mort d'un enfant. […] [Résultat,] le show américain irrite très souvent par son côté réducteur et éventuellement une vision erronée d'un point de vue géopolitique et religieux, notamment sur l'image qu'il donne du Liban, du Pakistan ou de l'Iran (sur le site d'information Mashreghnews, Homeland était clairement désigné comme un programme « anti-Iran » en 2013, selon Le Point). Des artistes avaient également jugé que la série était « raciste ». Cela n'a pourtant pas empêché Barack Obama d'affirmer qu'il en était fan. D'autant qu' Homeland se montre souvent extrêmement critique vis-à-vis de la politique extérieure américaine. Au début de la saison cinq, Peter Quinn, un agent de la CIA incarné par Rupert Friend, revient de deux ans en Syrie, dans la région de Raqqa. Face à ses supérieurs, il demande quelle est la stratégie des États-Unis pour contrer le groupe État islamique. Devant un parterre muet de généraux, il se montre sans concession : « Vous voyez, c'est ça le problème. Parce qu'eux ont une stratégie. Ils se regroupent en ce moment à Raqqa par dizaines de milliers. Cachés parmi les civils, armés. Ils savent pourquoi ils sont là […]. Ils sont là pour une seule raison: mourir pour le Califat et créer un monde sans infidèles. C'est leur stratégie et ça l'a toujours été depuis le septième siècle. Donc vous pensez vraiment que quelques équipes des forces spéciales vont mettre fin à cela ? » Pour y remédier, le cynique agent américain préconise l'envoi de « 200 000 troupes américaines au sol pour une période indéfinie afin de garantir la sécurité. Et autant de docteurs et d'instituteurs ». Face au refus de ces supérieurs, il évoque une autre hypothèse : « Appuyer sur reset. Transformer Raqqa en parking ». Ce que la France a commencé à faire après les attentats” , conclut l’article de Slate . De là à penser que François Hollande, comme Barack Obama, est fan de la série…

" Homeland est une pastèque" Série qui a elle même été attaquée par de dangereux activistes. “Dans le deuxième épisode de la cinquième saison, diffusé mi-octobre, a rapporté Jean-Michel Normand dans M le Magazine du Monde, l'héroïne, une ex-espionne de la CIA interprétée par Claire Danes, se retrouve au Liban où elle doit traverser un camp de réfugiés contrôlé par le Hezbollah. Pour faire plus réaliste – la scène a été tournée en Allemagne –, des graffeurs ont été priés de réaliser des inscriptions en arabe sur les murs. Or, au moment de la diffusion de l'épisode, il est apparu que les auteurs, qui se définissent comme des « artistes de rue arabes » , avaient écrit des slogans tels que « Homeland est raciste », « Homeland est une pastèque » (un terme peu flatteur au Proche-Orient) ou encore « Homeland n'est pas une série ». « Depuis quatre saisons, Homeland entretient la dichotomie entre le protecteur américain – blanc et photogénique – confronté à la menace du musulman diabolique et attardé », ont expliqué les auteurs de ce détournement. Les producteurs, qui avaient précisé que les inscriptions devaient être « apolitiques » (demande d'une désarmante naïveté), ont fait bonne figure en assurant qu'ils « ne pouvaient s'empêcher d'admirer cet acte de sabotage artistique ». La prochaine fois, ils y regarderont quand même à deux fois car ce manifeste subversif pourrait donner des idées à d'autres.” On ne se méfie jamais assez des graffitis.

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