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Filage de la pièce "décris-ravage" au Théâtre de la Cité Internationale

Épilogues parisiens

5 min

Après presque deux ans de vacances, un directeur a enfin été nommé à la tête du Théâtre de la Cité Internationale. En revanche, c'en est fini de la Comédie italienne, son fantasque directeur jette l'éponge, faute de subventions...

Filage de la pièce "décris-ravage" au Théâtre de la Cité Internationale
Filage de la pièce "décris-ravage" au Théâtre de la Cité Internationale Crédits : Delalande - Sipa

“C’était presque devenu un running gag qui, en l’occurrence, ne faisait rire personne, rappelle Gilles Renault sur le site de Libération : plus de 600 jours durant, le Théâtre de la Cité internationale a continué de tourner… sans direction. Le suspense a pris fin vendredi, avec la nomination de Marc Le Glatin, directeur du Théâtre de Chelles depuis 2000, accompagné de Claire Dupont, directrice du bureau Les Productions théâtrales. […] Si le titre de directeur donné à Marc Le Glatin – par ailleurs comédien et metteur en scène –, ne supporte aucune ambiguïté, la fonction de Claire Dupont paraît plus ambiguë : désignée comme « accompagnatrice », celle qui est aussi maître de conférences à Paris-3 et fut chargée pendant cinq ans des relations avec le public au théâtre de la Tempête, dirige actuellement un bureau de diffusion, production et relations publiques, Les Productions théâtrales, qui collabore avec le TCI, dont il n’est semble-t-il pas prévu qu’elle devienne salariée.”

Tristesse

“Ce dernier aspect – la capacité à trouver des financements – a sans doute pesé dans un contexte, rappelons-le, de baisse de subventions, analyse Emmanuelle Bouchez sur Télérama.fr. En 2018, la Fondation de la Cité U aura réduit de moitié sa contribution et ne consacrera plus alors au théâtre qu'1% de son propre budget... [Le nouveau patron devra donc composer avec la diminution d’un apport financier de 55%, soit une baisse de 480 000 euros étalée sur deux ans (de 880 000 euros en 2016, à 400 000 en 2018).] Quelle tristesse, au regard de l'utopie qui a fondé, il y a cent ans, cette Cité Internationale – dont le théâtre était l'un des piliers ! Il est trop tôt pour se prononcer sur le projet de Marc Le Glatin, qui assurait jusqu'à aujourd'hui, une bonne programmation au Théâtre de Chelles, scène conventionnée pour le théâtre par l'Etat, en soutenant de jeunes compagnies comme celle de Guillaume Barbot. On peut néanmoins penser que ce nouveau projet ne sera pas facile à mener tant le cahier des charges est lourd : travailler avec deux écoles de théâtres de la région (L'ESAD et l'Ecole de théâtre du Pôle d'enseignement supérieur Paris Boulogne Billancourt), tout en étant lié à la recherche universitaire, en continuant de soutenir des artistes confirmés, et en menant une politique d'accès à la culture sur le territoire de la cité universitaire et alentours... Néanmoins, dans cette nouvelle aventure, Marc Le Glatin devrait être libre de s'y prendre comme il le souhaite, ayant les coudées franches vis à vis de la Fondation : à partir du 1er septembre 2016, le Théâtre de la Cité Internationale aura le statut d'une association indépendante – dont il prendra la présidence.”

Vulgarité

Pas de happy end en revanche pour la Comédie italienne. Le “samedi 23 avril, après la dernière d’Une joyeuse et délirante villégiature, [ce] haut lieu parisien de la commedia dell’arte a fermé ses portes. Triste fin, commente Mathieu Perez dans Le Canard Enchaîné, pour cette aventure commencée il y a quarante-deux ans, soutenue alors par le gratin de la culture, de Strehler à Beckett, en passant par Mastroianni et Cartier-Bresson. Défendre cet art de la comédie, Attilio Maggiulli y a consacré sa vie. « Nous sommes les seuls à faire ça !, s’exclame-t-il. Ce théâtre est unique au monde. Et c’est une vraie troupe ! Je me sens humilié par des gens qui n’ont toujours pas compris que la rentabilité n’était pas tout. » Si l’année 2015 a été terrible pour les compagnies et les salles de spectacles indépendantes (baisse des subventions et de la fréquentation), le maestro paie surtout son petit « coup de folie » de décembre 2013 : il avait foncé en voiture sur les grilles de l’Elysée pour dénoncer la baisse drastique des subventions, passées de 60 000 à 12 000 euros.” “L'État lui a retiré ses subventions. La Ville, se scandalise Armelle Héliot dans Le Figaro, répond avec une vulgarité indigne aux spectateurs qui s'inquiètent du sort du théâtre. « Deux à trois spectacles par an, joués par les mêmes comédiens. » Selon la conseillère culture d'Anne Hidalgo, « ce manque de renouvellement ainsi que la faible diversification des publics » a conduit légitimement les tutelles à se désengager. Mme la conseillère n'a pas souvent franchi la porte du théâtre. Elle saurait au contraire que le travail en direction des enfants est remarquable, assure Armelle Héliot, et que toutes les générations se retrouvaient ici, rue de la Gaîté. Et beaucoup d'étrangers, car le lieu figure comme une rareté parisienne dans presque tous les guides de voyage. La région, elle, n'a pas lâché le fils italien. Mais cela ne suffit pas. Dans cette ville qui a laissé mourir Goldoni dans la pauvreté, rue Dussoubs, le 6 février 1793, on laisse mourir le théâtre qui lui était dédié. C'est moche. Vraiment moche. La Ville de Paris est snob et inculte. Elle l'a déjà prouvé avec le Vingtième Théâtre.”

Félicitations

Il y a tout de même, dans cet océan de « snobisme » et d’« inculture », une nomination parisienne qui a trouvé grâce aux yeux du Figaro : celle, fin avril, de Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel à la tête de Paris Quartier d’été. “Fondateur, en 1990, à la demande de Jack Lang, du festival Paris Quartier d’été, Patrice Martinet l’a dirigé depuis, tout en prenant en main les destinées du Théâtre de l’Athénée, en 1993. C’est cette année-là que Laurence de Magalhaes, Stéphane Ricordel et leurs amis fondent Les Arts sauts, compagnie mémorable, dissoute en 2007. Deux ans après, ils prenaient la direction du Monfort (Paris XVe) qu’ils ont redynamisé. C’est un excellent choix qu’on fait les tutelles en leur confiant en plus Paris Quartier d’été, souvent accueilli au Monfort”, se félicite donc le quotidien de l’acerbe Armelle Héliot…

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