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Farandole de brèves

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Pixel Noël réinventé
Pixel Noël réinventé Crédits : Radio France

Le Père Noël est passé, et a déposé sous le sapin, par ordre d'apparition : Stephen King, William Shakespeare, le scot et ses 421 mots pour décrire la neige, deux textes inédits de Charlotte Brontë, les archives d'Arthur Schnitzler, les manuscrits de "L'Education sentimentale" et de "Nadja", les suites de "Millenium", un premier livre à 2 millions de dollars d'avance sur droits, deux nouveaux jurés pour le Goncourt, un nouveau prix littéraire et un nouveau nom pour le Salon du livre de Paris. Merci qui ?
En ce jour de Noël, je vous offre une farandole de brèves, comme autant de cadeaux rassemblés sous le sapin. “Invité à expliquer pourquoi il est si prolifique, Stephen King, nous apprend L’Obs, s’en est pris à deux stars du roman américain : Donna Tartt (trois romans depuis 1992) et Jonathan Franzen (cinq livres à son actif). Selon King, la vie est trop courte pour écrire si lentement. Et de rappeler qu’on n’est plus bon à rien quand on est mort : « Regardez Shakespeare, il n’a rien publié depuis quatre cents ans. » Heureusement, pour le barde de Stratford-upon-Avon, d’autres s’en chargent pour lui : “2016 marquera les quatre cents ans de la mort de Shakespeare , relève Le Monde , qui a les mêmes chiffres que Stephen King. Pour fêter cet anniversaire, les éditions Hogarth ont décidé de proposer à de célèbres écrivains de réécrire les pièces du dramaturge. Margaret Atwood, Howard Jacobson, Anne Tyler et Jeanette Winterson ont déjà donné leur accord. Reste à trouver des auteurs pour les tragédies, moins convoitées que les comédies.” On pourrait ainsi réécrire Macbeth en langue vernaculaire, en s’aidant du travail de ces “chercheurs de l’université de Glasgow [qui] travaillent , comme nous l’apprend Le Magazine littéraire , à un dictionnaire du scot, dialecte écossais parlé par 1,5 million de personnes. Ils montrent [par exemple] que 421 mots existent pour décrire la neige, beaucoup plus que chez les Inuits. Certains termes s’attachent à définir l’état des flocons, selon qu’ils tombent en tourbillon ( feefle) ou doucement ( feuchter). Une apparition dans la neige est un snaw-ghast, une légère averse est un flindrikin, et les flocons balayés par le vent sont des spitters. La neige, pour les Ecossais, ce n’est pas de la roupie de sansonnet.”

Du côté des manuscrits Pour rester dans le patrimoine britannique, “deux textes inédits de Charlotte Brontë viennent d’être découverts de façon fortuite , rapporte Le Figaro. Des feuilles volantes contenant une nouvelle et un poème ont en effet été retrouvées dans les pages d’un livre appartenant à sa mère, Maria. L’ouvrage a été racheté à un collectionneur américain par le Brontë Parsonage Museum, sis à Haworth, le pays des Brontë, dans le Yorkshire. Le montant de la transaction s’est élevé à 170 000 livres sterling, l’équivalent de 240 000 euros. Il s’agit d’une courte nouvelle fantastique, annotée par l’auteur de Jane Eyre, et d’un poème de 77 vers, tous les deux écrits quand elle avait 17 ans. Dans le poème apparaît le personnage de Mary Percy, future protagoniste d’une de ses nouvelles. « Nous savions que le livre existait, mais nous ne savions pas qu’il contenait ce type de documents », a déclaré la porte-parole de la Brontë Society, Rebecca Yorke.” Patrimoine encore, “quatre-vingts ans après avoir sauvé les archives d’Arthur Schnitzler des griffes nazies, soit 40 000 pages, l’université de Cambridge en devient propriétaire, en accord avec les ayants droits de l’écrivain autrichien , a-t-on lu dans Le Monde. Tous ses manuscrits, mais aussi sa correspondance avec Henrik Ibsen et Theodor Herzl, vont être déchiffrés et étudiés par une équipe d’universitaires anglo-allemande.” Patrimoine toujours, on a lu début décembre dans L’Express que “la Bibliothèque nationale [battait] le rappel de ses mécènes et généreux donateurs pour tenter d’acquérir le manuscrit de Nadja, ce chef-d’œuvre du surréalisme signé André Breton, qui [devait] être vendu aux enchères à Drouot, le 11 décembre. Cette pièce exceptionnelle [faisait] partie de la bibliothèque de Pierre Bergé, mise en vente ce jour-là.” La vente a depuis eu lieu, “l’homme d’affaires vendait une partie de ses livres (180), accumulés avec passion depuis des années. Le clou des enchères , rapporte Le Parisien , a été le manuscrit de L’Education sentimentale de Flaubert, qui est parti à 470 000 €. Un dessin à l’encre et aquarelle de Hugo, représentant une tour gothique en ruine, a été adjugé pour 400 000 €. Au total, la vente a rapporté plus de 11,68 M€, plus que l’estimation haute. L’argent sera versé à la Fondation Pierre Bergé-Yves Saint Laurent.” Quant au manuscrit de Nadja , il rejoindra bien la BNF, Pierre Bergé ayant accepté de le lui céder directement, « en raison de son importance patrimoniale majeure » . L’article ne dit pas pour combien, mais selon L’Express , l’estimation au catalogue était entre 2,5 et 3,5 millions d’euros.

Best-sellers et prix littéraires En parlant de millions, puisque “le succès appelle le succès, il y aura un Millénium 5, nous apprend Le Monde, et même un Millénium 6, ont décidé les ayants droit du Suédois Stieg Larsson. David Lagercrantz, auteur de Ce qui ne me tue pas, le quatrième volume de la saga (publié en France par Actes Sud), a en effet accepté de poursuivre l’écriture des enquêtes de Lisbeth Salander et Mikael Blomkvist. Les prochains tomes sortiront respectivement en 2017 et 2018.” On ne sait pas le montant de l’avance sur droits qui lui sera versé. Il est sans doute colossal. A titre de comparaison, “2 millions, c’est à peu près , rapporté par L’Express, le montant en dollars du chèque signé en 2013 par l’éditeur américain Knopf pour le premier roman d’un inconnu, un pavé de 900 pages ! City on Fire, de Garth Risk Hallberg, à l’époque 34 ans et journaliste pigiste tirant le diable par la queue, se situe à New York en 1977, pendant la gigantesque panne d’électricité qui avait paralysé la ville. Tiré à plus de 100 000 exemplaires, le livre [est sorti mi-octobre] aux Etats-Unis. Les droits pour la France ont été acquis par les éditions Plon. Sortie prévue en janvier 2016.” A ce moment-là, nous aurons appris la nouvelle composition du jury Goncourt. “Après la démission de Régis Debray et la maladie d’Edmonde Charles-Roux, l’académie Goncourt devrait procéder à l’intronisation de deux nouveaux jurés en janvier , nous apprend en effet Le Figaro. Une règle importante : si le « candidat » ne plaît pas à un seul des huit jurés, il n’est pas retenu.” D’après le même Figaro , l’année 2016 verra aussi la création d’un nouveau prix littéraire. “Les enfants de l’écrivain Régine Deforges, disparue le 3 avril 2014, et la Ville de Limoges ont décidé de lancer un prix qui récompensera un premier roman écrit par un auteur francophone. Il sera remis le 2 avril pendant le salon du livre Lire à Limoges, que l’auteur de La Bicyclette bleue fréquentait assidûment.” En parlant de manifestation littéraire, et pour finir, Les Inrockuptibles ont dévoilé début octobre une “révolution : le Salon du livre de Paris change de nom et devient… Livre Paris. On imagine l’intense brainstorming pour en arriver à ce résultat. Pas sûr que cela suffise à relancer une manifestation de plus en plus boudée par les éditeurs et à la fréquentation en baisse de 10% l’an dernier.” Ce n’est pas Noël pour tout le monde !

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