LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Jacques Chirac au musée du Quai Branly le 13 avril 2010

L’art en marche, tourné vers l’avenir

5 min

Le Musée du Quai Branly fête son 10e anniversaire avec une exposition consacrée à Jacques Chirac, son "père spirituel". Pendant ce temps, Reed Expositions supprime Officielle, la foire bis de la Fiac, et les Côtes-d'Armor menacent l'existence de la Galerie du Dourven en lui coupant ses subventions.

Jacques Chirac au musée du Quai Branly le 13 avril 2010
Jacques Chirac au musée du Quai Branly le 13 avril 2010 Crédits : NIVIERE - Sipa

Pour célébrer son 10e anniversaire, le musée du Quai Branly monte une exposition consacrée à Jacques Chirac. « C'est l'occasion de rappeler d'où nous venons, qui est notre père spirituel, explique dans Le Monde Stéphane Martin, aux manettes du musée depuis le début du projet. Le commissaire de l'exposition, Jean-Jacques Aillagon, qui connaît bien Jacques Chirac, a développé un projet ambitieux, en collaboration avec nombre de grands musées internationaux. Pas question d'en dresser un portrait chinois fétichiste, de son biberon au premier objet chinois qu'il a collectionné. Il s'agit plutôt d'une promenade dans le siècle, rappelant son rôle dans l'histoire culturelle, de la construction du Centre Pompidou à celle du Quai Branly. Nous lui devions bien ça, poursuit Stéphane Martin : Branly, qui a été un énorme choc à son ouverture, est né de son cerveau comme Minerve est née de celui de Zeus (oui, carrément). Son mot d'ordre, c'était de ne pas traiter ces cultures avec désespoir. De ne pas regarder avec nostalgie ce qui va mourir, mais de montrer l'art en marche, tourné vers l'avenir. »

Signal négatif

Alors ça donne quoi, dans le reste du pays, « l’art en marche, tourné vers l’avenir » ? “Officielle, c’est fini, nous apprend une brève de Libération. La foire bis de la Fiac, qui s’était tenue dans les Docks-Cité de la mode et du design, ne sera pas reconduite l’an prochain, a fait savoir l’organisateur, REED Expositions. La manifestation, in et off sans être tout à fait ni l’une ni l’autre, n’a pas rencontré son public.” “Jennifer Flay, la directrice de la Fiac, invoque (dans Le Journal des Arts) « la perception d’éloignement de la Cité de la Mode et du design » et le coût trop élevé des stands pour justifier une décision prise en janvier dernier. « Si certaines galeries ont bien travaillé, beaucoup ne sont pas rentrées dans leurs frais », ajoute-t-elle. Bernard Ceysson appartient à la première catégorie. « Nous ne sommes pas mécontent des ventes lors de l’édition 2015, a indiqué le galeriste, nous avons plutôt bien vendu et dégagé une légère marge. Mais c’est vrai que l’on n’avait pas l’impression de faire partie du cœur de l’événement ». Bernard Ceysson espère être admis cette année sous la grande nef [du Grand Palais], mais les places sont chères. « Nous occupons tous les m² disponibles du Grand Palais, plaide Jennifer Flay, il sera difficile d’ouvrir d’autres espaces ». Aucune solution n’est pour l’instant proposée aux galeries exposantes. Une aubaine pour Paris Internationale, la nouvelle foire et surprise de l’an dernier, qui « a fragilisé Officielle », admet Jennifer Flay. […] Après les abandons successifs de Paris Photo LA et de la FIAC LA, « qui n’ont rien à voir avec notre décision concernant Officielle », se défend Jennifer Flay, Reed envoie un troisième signal négatif au marché”, estime Le Journal des Arts.

Un projet mené dans la durée, sans bruit, mais avec constance et fidélité

Signal négatif, là encore : “En Bretagne, le milieu de l'art est en ordre de combat pour sauver la Galerie du Dourven, un centre d'art fondé en 1992 par feu Didier Lamandé, à Trédrez-Locquémeau, dans les Côtes-d'Armor, nous informe Roxana Azimi dans Le Monde. Perché sur un rocher, entouré de pins, ce centre d'art risque de disparaître, après l'arrêt de la subvention départementale à l'association Itinéraires Bis, qui gère le site, ainsi que bien d'autres activités artistiques et pédagogiques sur le territoire. Une pétition pour la sauvegarde de l'ensemble a déjà recueilli plus de 1 640 signatures sur Change.org (à la parution de cet article, plus de 2 800 à ce jour). Bien que de taille modeste, la Galerie du Dourven jouit d'un grand capital sympathie auprès des professionnels et du public, composé de férus d'art contemporain et de randonneurs, séduits à la fois par l'aspect pittoresque du site et par l'approche de l'équipe en place. « Je compare souvent l'effet que produit la Galerie du Dourven à celui que provoquait le domaine de Kerguéhennec, c'est : “Ouah !” », dit Catherine Elkar, directrice du Fonds régional d'art contemporain de Bretagne, qui a collaboré, dès l'origine, avec cette institution. Et d'ajouter : « Il y avait là un projet mené dans la durée, sans bruit, mais avec constance et fidélité. » Les artistes qui y ont exposé, dont Jacques Villeglé, Fabrice Hyber ou Laurent Tixador, ne s'y sont pas trompés. « Dès qu'on fait quelque chose là-bas, cela devient magique, dit Hyber. C'est un lieu qui savait donner confiance, qui était romantique. » Cet espace est d'autant plus précieux qu'il a réussi à initier à l'art une population rurale éloignée des équipements culturels des grandes villes, tout en accompagnant des artistes de qualité installés en région. [...]

Projets de vie

La décision de suspendre la subvention de 1,7 million d'euros accordée par le département à Itinéraires Bis, qui a pourtant assuré une gestion saine des deniers publics, survient dans un contexte d'alternance politique et de tension économique. « On doit faire 16 millions d'euros d'économies et tous les budgets sont touchés, dit Alain Cadec, président (LR) du département des Côtes-d'Armor. La culture dans le département ne se résume pas à Itinéraires Bis. [...] » Interrogé sur le sort de la Galerie du Dourven, pendu à celui d'Itinéraires Bis, Alain Cadec reste évasif, évoquant une concertation avec les collectivités locales, après le vote du budget primitif, les 14 et 15 mars. « Il est hors de question d'abandonner l'art contemporain sur le territoire, mais la tête de pont pourrait être ailleurs », annonce-t-il néanmoins. C'est oublier qu'une programmation sérieuse et une direction artistique ne s'improvisent pas, que le génie du lieu ne se duplique pas. « L'art contemporain n'est ni une mode ni un style, insiste l'artiste Patrice Carré, familier de la Galerie du Dourven. Ce sont, avant tout, des personnes qui portent en eux des projets de vie et entrent en résonance avec le monde dans lequel nous sommes. » Ce plaidoyer vaut pour quantité de centres d'art, qui ont dû fermer leurs portes, tels que Les Eglises, à Chelles, ou menacés de coupes budgétaires, comme Le Quartier, à Quimper.” Plus que jamais, « l’art en marche, tourné vers l’avenir »...

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......