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A la rue, et plus si affinités...

5 min

Un festival de musique dédié aux sans-abri, un autre lâché par sa municipalité, et des études scientifiques qui corrèlent goûts musicaux et personnalité... “Ce mois de janvier, la Suède, a-t-on appris dans Courrier International, organisait le premier concours international de musique dédié aux sans-abri. Kavian Ferdowsi, le créateur du festival, a lui-même été SDF pendant plusieurs années. « Beaucoup de sans-abri sont très doués et talentueux, mais personne ne les écoute. Je voulais honorer et mettre en avant leur talent », explique-t-il au quotidien Aftonbladet. Le concours est ouvert aux artistes du monde entier et il n’est pas nécessaire d’être « sans-abri, édenté ou toxicomane pour participer », précise Jacob Gordin, un chanteur participant au concours qui a connu la rue pendant deux ans et dont le single sort en février. Le festival a reçu 76 contributions de plus de 30 pays. La finale, durant laquelle [devait être] couronnée « la chanson des SDF de l’année », a [eu] lieu le 30 janvier dans l’église Immanuelskyrkan, à Stockholm. Elle [devait] être retransmise en direct sur des écrans géants en plein centre de la capitale suédoise ainsi que sur YouTube.”

Le MIDI festival menacé ? Beaucoup plus au sud, un autre festival risque de se retrouver à la rue, si ce n’est sans-abri. Nous vous parlions ici lundi soir de Tourcoing, et de son lâchage du Théâtre du Nord. La déconstruction culturelle touche également la musique et le sud de la France. “Hyères aussi a changé de maire en mars 2014 , rappelle ainsi Libération. L’heureux élu, Jean-Pierre Giran (UMP), n’est pas féru de musiques actuelles. Excellente manifestation défricheuse de talents pop et assimilés qui investit chaque été la Villa Noailles depuis neuf ans, le MIDI festival a fait savoir [le 10 février] par un communiqué que l’appui de la ville (qui pèse environ un quart de son budget) ne lui serait pas renouvelé cette année. « C’est un choc, a réagi pour Libération le directeur du festival, Frédéric Landini. Nous avions déjà connu des difficultés conjoncturelles l’an dernier, mais on ne peut pas s’expliquer un tel coup porté au festival, qui n’a eu de cesse de grandir d’édition en édition. » Une mouture printanière du MIDI était prévue en mai à Toulon et n’est pas menacée. Difficile en revanche de postuler ce qu’il en sera du rendez-vous estival 2015, s’il aura lieu et où.”

Les fans de metal et de classique se ressemblent Dommage, car en plus de leur qualité de programmation, les festivals et la musique en général sont aussi des lieux de rencontre, tant “musique et personnalité sont liées dans l'inconscient collectif, au point que cela puisse devenir un « et plus si affinités ». Après les sites de rencontres fondées sur les convictions politiques, religieuses ou encore la classe sociale, voici venue « Louise » , nous apprend Lucie Soullier dans Le Monde. Cette application, qui se présente comme le « Tinder des mélomanes », part d'un principe simple : mieux vaut éviter de faire cohabiter Led Zeppelin et France Gall sur le même tourne-disque. Même idée chez Soundmeet, qui a tout de même installé une option « affinités contraires ». Pour l'exotisme d'un duo d'un soir… Et parce que certaines âmes sœurs musicales sont parfois insoupçonnées. Une étude britannique (on adore les études britanniques) dirigée par Adrian North, docteur en psychologie, avait ainsi montré en 2008 que les fans de metal et de musique classique se ressemblaient plus que ce que les idées reçues sur leurs préférences musicales pouvaient laisser penser. Des deux côtés, des gens « créatifs, doux, bien dans leur peau », concluait l'étude. Menée sur 36 000 personnes de plusieurs pays par les chercheurs de l'université Heriot-Watt, à Edimbourg, l'étude avait également déduit que les amateurs d'un même type musical, même étrangers, avaient plus en commun que les personnes d'un même pays. Et avait publié une typologie de personnalités : le rap , Véronique Mortaigne, ferait de vous quelqu'un d'ouvert, bien que parfois brusque, alors que le jazz , Joseph Ghosn, témoignerait de votre créativité et de votre (haute) estime de vous-même. On pourrait donc saisir la personnalité de quelqu'un en étudiant la musique qu'il écoute, voire juger de son intelligence, pour Virgil Griffith, un programmeur informatique américain. Selon son étude, les gens intelligents écouteraient Beethoven (et Bob Dylan), les plus stupides Lil Wayne. […]

De la fonction cathartique des musiques tristes Mais si c'était l'inverse ? , se demande la journaliste du Monde. Si c'était la musique que l'on écoutait qui influençait notre personnalité, à l'image du reconditionnement d'Alex dans Orange mécanique sur l'air de la Neuvième symphonie de Beethoven. Sans arriver aux extrêmes du film de Kubrick, la musicothérapie repose sur l'idée que musique et connexions sociales sont liées. Dans une interview donnée à Consequence of Soundil y a quelques mois, le professeur North raconte ainsi une expérience lors de laquelle ceux qui buvaient un verre de jus d'orange en écoutant le courant d'un petit ruisseau le trouvaient plus naturel et plus frais que ceux qui buvaient exactement la même boisson en écoutant le trafic des voitures. Ce que l'on perçoit à travers l'un de nos sens affecte donc les autres. En d'autres termes, ceux qui écoutent Miossec seraient voués à déprimer jusqu'à plus soif ? Pas si sûr, et même bien au contraire, selon une étude publiée en octobre dans Plos One. L'écoute aurait une fonction cathartique, selon Lîla Taruffi et Stefan Kœlsch, de l'Université libre de Berlin. La musique triste « joue un rôle dans le bien-être, aussi bien en apportant une consolation qu'en régulant mauvaise humeur et émotions négatives ». Dîtes-moi ce que vous écoutez, je vous dirai qui vous êtes…

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