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Le grand calme et le furieux

5 min

Avec l'inscription dans la loi du statut des intermittents, tout devrait être calme dans les festivals d'été, et celui d'Avignon en particulier. Sauf Bartabas, furieux de ne pas y être, et qui ne l'envoie pas dire à Olivier Py.

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Bartabas et Pantruche

“Le Festival off d’Avignon va fêter cette année son cinquantenaire, avec 1 336 spectacles à l’affiche entre le 4 et le 26 juillet, joués par plus de 1 000 compagnies , comptabilise Le Parisien. Depuis sa création en 1966 par l’auteur et metteur en scène André Benedetto, la manifestation parallèle du Festival « officiel » d’Avignon a connu une croissance irrésistible, devenant le premier marché du théâtre en France. Pour cet anniversaire, une exposition retracera l’histoire du festival, tandis que la toute première pièce du Off, Statues, sera remontée le 10 juillet.”

"Nous avons dû renoncer à un spectacle, ce qui est cruel." Paul Rondin, directeur délégué du Festival d'Avignon Et tout devrait bien se passer. “Avis de grand calme sur les festivals de l’été ! , se réjouissent en effet Armelle Héliot et Thierry Hillériteau dans Le Figaro. En ce début juin, on peut se risquer à cette prévision. Elle ne concerne pas la météo. Espérons pourtant aussi un ciel serein : l’an dernier, certaines des plus importantes manifestations ont souffert des annulations dues aux intempéries ! Avis de grand calme, car les intermittents semblent avoir été rassérénés par les décisions du gouvernement et des partenaires sociaux. La dernière grande déclaration du premier ministre, Manuel Valls, date du 7 janvier au matin. Elle n’a évidemment quasiment pas été commentée alors, mais l’Assemblée nationale a voté, [fin mai], l’article 20 du projet de loi « dialogue social et emploi », qui garantit la place du régime des intermittents dans la solidarité interprofessionnelle.” Et Le Figaro de rappeler comment les festivals avaient “eu à souffrir l’été dernier du combat des intermittents. […] Avignon a doublement souffert : les annulations pour cause de grève, mais aussi un ciel particulièrement hostile. Directeur délégué, Paul Rondin est résolument positif. « Nous avons perdu 240 000 €. Si les conséquences des intempéries sont couvertes par les assurances, les grèves, non ! Pour 2015, Olivier Py a choisi de ne pas réduire la programmation, ni les coproductions. Nous avons fait de conséquents efforts sur le fonctionnement et l’on a fait basculer un budget d’investissement en fonctionnement. Nous sommes sortis “au propre” de l’exercice 2014. Mais nous n’avons aucune réserve. » Le budget est de 13,3 M€, dont 52 % de subventions publiques : Etat, Grand Avignon, département, région, « et la ville, bien sûr, qui nous accorde 931 000 € mais qui, un mois avant l’annonce de la programmation nous a retiré 49 000 € et la disposition de cinq lieux. Nous avons dû renoncer à un spectacle, ce qui est cruel. » Paul Rondin ne précise pas quel est le spectacle sacrifié…

"Un patron de festival doit se garder du copinage" Bartabas Toujours est-il que cette année, il n’y aura pas de Bartabas à Avignon : On achève bien les anges , le treizième opus de Zingaro, est créé ce soir même à Lyon, aux Nuits de Fourvière (la Dispute en débattra le 29 juin). « Bouderiez-vous Avignon ? » , demande Jérôme Garcin à Bartabas dans L’Obs . « Les Avignonnais pensent en effet que c’est moi qui boycotte le Festival , lui répond-il. C’est ce qu’ils me disent quand je fais un tour dans leur ville. Ils imaginent que j’ai la grosse tête en raison du succès, à l’étranger, de Zingaro. Ils ne comprennent pas. Ça me met en colère, et ça me fait mal. Car j’ai un attachement sentimental très fort à cette ville, à ce festival, à son public. Toute l’histoire de Zingaro repose sur ce lien que j’ai tissé pendant plus de trente ans avec des fidèles de trois générations. Avignon a toujours donné un sens à mon travail. Il faut savoir que le Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine ou le Théâtre du Radeau de François Tanguy se sont construits, comme Zingaro, en dehors des institutions. Ils n’ont donc à offrir que leur travail artistique. Leur présence dans les grands festivals est donc indispensable à leur survie et à leur rayonnement international. Or Olivier Py a choisi de couper Avignon des grandes aventures populaires. C’est très grave. […] Un patron de festival a des responsabilités. Il doit à la fois inventer et être fidèle à l’histoire de l’institution dont il a la charge. Et, surtout, il doit se garder du copinage. Or le coup de grâce a été donné avec la nomination d’Olivier Py, qui ne trouve rien de mieux que d’ouvrir le festival avec sa propre mise en scène du Roi Lear dans la cour d’honneur du Palais des Papes. » Et Bartabas de contester également la nomination à la tête de grandes instituions de metteurs en scène, et non d’administrateurs. « Par essence, explique-t-il, un metteur en scène s’intéresse d’abord à son travail, et il n’a besoin des autres que dans un système d’échange de bons procédés, genre : je te prends un spectacle si tu me prends le mien. Olivier Py, nommé par Frédéric Mitterrand, reproduit à Avignon ce qu’il faisait au Théâtre de l’Odéon, où il présentait son travail en priorité. »

"Etait-ce sa manière de me faire comprendre que je suis un vieux con ?" « Mais avez-vous au moins essayé d’en discuter avec lui ? » , essaye Jérôme Garcin. « Mais discuter de quoi ? , répond Bartabas. Olivier Py n’a même pas eu la curiosité de venir voir l’an passé, au Théâtre du Rond-Point, Golgota, un spectacle que j’ai joué avec un très grand danseur de flamenco sur un sujet qui pourtant aurait intéressé ce disciple de Claudel : la crucifixion de Jésus. Lorsque je lui ai écrit, il m’a répondu six mois plus tard que rien n’était envisageable avec moi au festival parce que, disait-il, « nous n’avons plus les mêmes moyens que dans les années 1970 ». Et pourquoi pas les années 1950 ? Mon arrivée dans le « in » d’Avignon date du début des années 1990 ! Etait-ce sa manière de me faire comprendre que je suis un vieux con, que tout ce qui est populaire n’est pas culturel, ou n’était-ce pas plutôt de l’ignorance ? Je pose la question. » Et ce, notons-le, sans dévaster de bureau, comme l’avait fait, rappelle Le Parisien Magazine , en 2007, de celui du conseiller de la DRAC Ile-de-France celui dont le nom d’artiste était à l’origine “Bartabas le furieux” , et dont Bernard Faivre d’Arcier, qui l’a beaucoup programmé à Avignon, admet « qu’il n’est pas toujours commode » . Olivier Py s’en tire bien, tout compte fait…

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