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Politique, comique et troupier

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En Israël, la nouvelle ministre de la Culture compte bien mettre au pas la scène artistique, et le théâtre en premier lieu. En France, son homologue se démène pour trouver un poste à Muriel Mayette, on parle de la Villa Médicis. Mais dans la jeune génération, beaucoup ne souhaitent pas diriger de lieux...
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Miri Regev, la ministre de la culture israélienne, en campagne en février dernier Crédits : Amir Cohen

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“Les artistes et les intellectuels israéliens s’attendaient au pire après l’attribution du portefeuille de la culture à la députée d’extrême droite Miri Regev, une ancienne haut gradée de Tsahal, l’armée israélienne, passée à la politique. De fait, ils n’ont pas été déçus , constate le correspondant de Libération à Tel-Aviv, Nissim Behar. Car à l’occasion de sa première apparition officielle à Sderot, dont elle inaugurait mardi le festival du film, celle que ses ennemis surnomment « la poissonnière » tant ses prises de bec peuvent être violentes, a annoncé qu’elle gèlerait désormais les financements alloués « à tous ceux qui délégitimisent Israël et son armée ». « Si ces gens-là veulent poursuivre sur leur voie, ils sont libres. Mais pas avec de l’argent public. » Elle a commencé par annoncer le gel des subsides accordés à une troupe de théâtre dont l’artiste vedette, Norman Issa, un Arabe israélien également connu pour la qualité de ses textes, refuse de se produire dans une colonie de Cisjordanie. La sanction vise spécifiquement Issa puisque le ministère de la Culture a également décidé de ne plus soutenir El Mina, le théâtre pour enfants que lui et son épouse (juive) animent à Jaffa. « Ce monsieur n’est pas vraiment pour le dialogue et la coexistence », assène Miri Regev.

Du théâtre accusé d'"appel au meurtre et encouragement au terrorisme" La ministre de la Culture n’est pas un cas isolé au sein du gouvernement israélien. Son collègue de l’Education, Naftali Bennett, a confirmé, mardi, que son département ne subventionnerait plus les projets culturels destinés aux écoles qui seraient jugés « contraires aux intérêts du pays ». Pour confirmer le sérieux de ses propos, Bennett a interrompu le financement de la troupe arabe israélienne Al Midar de Haïfa. Son tort ? Produire Temps parallèle, une œuvre inspirée de la vie de Walid Dakka, un prisonnier palestinien condamné à la perpétuité pour avoir poignardé un soldat en 1984, et en tirer une allégorie fantasmée de la vie des prisonniers qui rêvent de fonder une famille malgré tout. Aux yeux de Bennett, Temps parallèle n’est rien d’autre qu’un « appel au meurtre et un encouragement au terrorisme ». Il n’est donc pas question que l’Etat y investisse le moindre shekel.”

Remous En France, le gouvernement est beaucoup plus impartial, naturellement. Il déploie même des trésors d’ingéniosité pour recaser ses éminents artistes, fussent-ils réputés proches de son opposition. “Depuis qu’elle a dû quitter son poste d’administrateur général de la Comédie-Française, il y a un peu moins d’un an, le nom de Muriel Mayette a beaucoup circulé dans les institutions culturelles , croient ainsi savoir Claire Bommelaer et Armelle Héliot dans Le Figaro. Pour l’Institut français dont elle rêvait, pour l’Etablissement public du parc et de la Grande Halle de la Villette auquel elle avait renoncé rapidement. Didier Fusillier vient de prendre la Villette. Quant à l’Institut français, le brillant Antonin Baudry, qui avait pris ses fonctions il y a quelques mois, vient d’y renoncer. Denis Pietton, ambassadeur de France au Brésil, lui succède. Muriel Mayette était revenue au sein de la troupe du Français comme sociétaire, mais elle n’a pas joué cette saison et on lui prête l’intention de faire valoir ses droits à la retraite, après trente ans dans la Maison de Molière. La presse transalpine l’avait annoncée cet hiver – mais elle a décliné l’offre – comme directrice du théâtre de Gênes, en Italie. Un pays qu’elle semble affectionner. Selon [les] informations [du Figaro], elle devrait succéder à Eric de Chassey, actuel directeur de l’Académie de France à Rome. Après deux mandats, il devrait quitter la Villa Médicis. La nomination de Muriel Mayette à ce poste très convoité suscite quelques remous, pour ne pas dire l’indignation, dans les milieux de l’art et de l’histoire de l’art. On ne lui connaît en effet aucune compétence particulière dans ce domaine.”

Le choix du risque Ceci dit, compétents ou pas, tout le monde n’a pas ce goût du poste prestigieux, comme l’a constaté il y a deux semaines Laurent Carpentier dans une longue enquête du Monde consacrée au potentiel de réinvention que porte la crise pour le spectacle vivant. C’est ainsi que Johanny Bert, 34 ans, a surpris tout le monde en annonçant qu'il quitterait à la fin de l'année la direction du Fracas, le centre dramatique national de Montluçon, dans l'Allier. Ce n'est pas qu'il n'aime pas le job : « Diriger un lieu, je pourrais ne faire que ça, c'est passionnant. » Mais il ne s'y sentait pas à sa place. « Dans un CDN, il faut en permanence regarder loin devant. Cela épuise le moteur de création. J'ai envie d'avancer sur mes projets et, bien que le lieu soit aussi conçu pour, j'ai l'impression de ne pouvoir le faire. Aujourd'hui, je fais le choix du risque. C'est un peu l'inconnu là où je vais… » […] Pour Johanny Bert, exit le lieu. Retour à la compagnie créée il y a douze ans au Puy-en-Velay, sa ville natale, le Théâtre de Romette. La compagnie, qui associe acteurs et marionnettes, a vécu tout le parcours : dix ans sur les routes, troupe sans réseaux, paumée en Auvergne, puis compagnie subventionnée, puis conventionnée, jusqu'à ce CDN à Montluçon, où cinq des acteurs se sont implantés pour quatre ans. « Je n'ai jamais été dans une stratégie ascensionnelle, dit le metteur en scène. Je suis dans un cycle de projets qui viennent à chaque fois d'une nécessité. La nécessité aujourd'hui de retrouver ma légitimité. » […]

Une autre résistance On ne s'en cache pas au ministère : « Il y a aujourd'hui une génération de jeunes artistes qui ne s'imaginent pas à la tête d'un théâtre. » La chute des budgets alloués par l'Etat au secteur du spectacle vivant n'y est pas pour rien” , estime le journaliste du Monde. Et bien pas forcément. « Que notre génération refuse des lieux, ce n'est pas pour des raisons budgétaires. C'est une autre résistance , revendique Jean-Christophe Meurisse, le meneur de jeu des Chiens de Navarre. Quand tu prends un lieu, automatiquement tu deviens plus politique. Moi, je veux rester troupier. » D’autres se contentent d’être comiques…

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