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Renoncements et autres reculades

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Quel point commun entre Sofia Coppola et Michael Haneke ? Ils renoncent tous deux à leur projet de film. Pas d'Indiana Jones 5 à l'horizon, menaces de Luc Besson de délocaliser sa superproduction Valerian ... Est-ce déprimée par toutes ces mauvaises nouvelles que Fleur Pellerin a demandé à la Commission de classification des films d'interdire Love aux moins de 18 ans ? Juin n’est pas que le mois des projets de vacances (pour ceux qui en prennent), c’est aussi celui de tous les renoncements. “La réalisatrice américaine Sofia Coppola, qui travaillait depuis un an et demi à l'adaptation du dessin animé La Petite Sirène, a finalement décidé , a-t-on ainsi appris au début du mois dans Le Parisien, d'abandonner ce projet, à la suite de profondes divergences artistiques avec les studios Paramount. Sofia Coppola avait pressenti la jeune Maya Thurman Hawke, la fille de la comédienne Uma Thurman et de l'acteur Ethan Hawke, pour interpréter le personnage principal. Le dernier film de la fille de Francis Ford Coppola, The Bling Ring, est sorti il y a deux ans, et n'a pas très bien marché.” Doux euphémisme… Une semaine plus tard, nous informe L’Humanité , “le cinéaste autrichien Michael Haneke a déclaré qu’il « abandonnait » son projet de film Flashmob, mais qu’il travaillait sur un nouveau film qui le conduira en France. « J’avais un projet en préparation mais je l’ai abandonné pour plusieurs raisons que je ne veux pas discuter », a-t-il précisé. Le tournage de Flashmob (Foule éclair , nous traduit L’Humanité), l’histoire d’un groupe de personnes qui ne se connaissent pas et qui se retrouvent pour un flashmob, aurait dû avoir lieu à l’été 2014. Haneke l’avait ensuite retardé, invoquant un problème de casting.”

“Déception pour les fans de l’homme au fouet” Malgré les apparences, ce commentaire du Parisien ne s’adresse pas aux adeptes du sévère Autrichien, qui s’y entend pour maltraiter son public. Non, le quotidien nous informait il y a une semaine que “le producteur Frank Marshall a confié qu’il n’y aurait finalement pas de nouvel Indiana Jones. Et encore moins avec Chris Pratt, l’acteur de Jurassic World, qu’on annonçait pour succéder à Harrison Ford dans la peau du fameux aventurier. « Ce sont des rumeurs. A ce jour, il n’y a pas de discussion sur un Indiana Jones 5 », a-t-il déclaré au magazine américain SlashFilm. Ces rumeurs d’un nouvel épisode circulaient depuis que la productrice Kathleen Kennedy, présidente de Lucasfilm, qui a les droits d’ Indiana Jones, avait expliqué à Vanity Fair que « le projet était toujours d’actualité et que des discussions étaient en cours… »

Le plus gros budget de l'histoire du cinéma français, tourné en Hongrie ? Et puis il y a des renoncements qui n’ont pas encore eu lieu mais qui sont déjà mis en scène… “Le film au plus gros budget de l'histoire du cinéma français va-t-il être tourné... en Hongrie ? , s’inquiète Jean-Gabriel Bontinck, là encore dans Le Parisien. C'est la menace à peine voilée qu'a lancée Luc Besson, au moment de mettre sur les rails sa prochaine superproduction, Valerian […], annoncée comme le plus gros budget du cinéma français : 170 M€ ! […] Le lieu de tournage fait l'objet en ce moment d'intenses négociations, jusque dans les couloirs de l'Assemblée et des ministères. [Le 8 juin], c'est la secrétaire d'Etat au Numérique, Axelle Lemaire, et le chef de file des députés PS, Bruno Le Roux, qui sont allés rendre visite à Luc Besson dans ses bureaux de la Cité du cinéma, à Saint-Denis. Au menu de l'entrevue : la possibilité d'obtenir des aides pour inciter Luc Besson et sa société EuropaCorp à tourner en France, dans ses studios. Film français mais tourné en langue anglaise, Valerian ne peut pas prétendre à certaines aides du Centre national du cinéma, pas plus qu'au crédit d'impôt réservé aux productions étrangères tournées en France. [...] Une superproduction comme Valerian, c'est dix mois de tournage et des dizaines d'emplois pour les techniciens et intermittents français. De quoi inciter l'élu à trouver une solution avec Bercy et le ministère de la Culture pour « bien orienter les tuyaux » des aides au cinéma en direction de Luc Besson.”

"La politique culturelle de Fleur Pellerin, c'est Turf plutôt que Pasolini, Buñuel ou Fassbinder" Vincent Maraval Puisqu’on parle du ministère de la Culture, c’est encore, en somme, une question d’orientation de tuyaux qui préside à l’ultime renoncement de ce soir. On peut même parler de reculade. Love, de Gaspar Noé, que la commission de classification avait recommandé d'interdire aux moins de 16 ans, pourrait l'être finalement aux moins de 18 ans à la demande de… Fleur Pellerin, ministre de la culture, a annoncé, vendredi 26 juin, le coproducteur et distributeur du film, Wild Bunch , lit-on dans Le Monde. « Alors que la commission de classification des œuvres cinématographiques du CNC avait recommandé, la semaine dernière, une interdiction aux moins de 16 ans pour le film Love , de Gaspar Noé, nous apprenons, avec consternation, que la ministre de la culture et de la communication a demandé à ce que le film repasse en commission, avec l'espoir d'une classification plus sévère », a indiqué dans un communiqué la société. « La politique culturelle de Fleur Pellerin, c'est Turf plutôt que Pasolini, Buñuel ou Fassbinder », a ironisé Vincent Maraval, cofondateur de Wild Bunch” , qui, poursuit Libération , “ne décolère pas et se déchaîne sur son compte twitter : « Fleur Pellerin cède face à la crainte d'une plainte de l'association Promouvoir [à l’origine de la révision par le Conseil d’Etat du visa de Saw 3D , racontée ici il y a deux semaines], tenu par un megrétiste dont le FN ne veut plus… » , « Le juge à la retraite arriéré mental qui s'amuse derrière l'assoc Promouvoir n'a même plus rien à faire, Pellerin, le devance. Triste époque. » ou encore « Nos ados sont donc condamnés à découvrir le sexe sur internet à travers des athlètes bodybuildés tatoués et rasés qui se croient au JO » .”

"La nouvelle ministre de la Culture, de la Communication et de la Censure d’Etat" « Alors que la liberté d’expression était dans toutes les consciences il y a quelques mois, écrit l’Observatoire de la liberté de création dans un communiqué, il est alarmant de constater qu’un gouvernement socialiste se plie aux attaques de l’extrême droite. Dans un Etat de droit, la délibération collective devrait primer sur les revendications extrémistes. La ministre de la Culture doit assurer et garantir la liberté de création de tous les auteurs, la défendre contre les idéologies totalitaires et montrer la voie du progressisme plutôt que de suivre celle d’un ordre moral hypocrite et réactionnaire. Ainsi, nous appelons solennellement la ministre de la Culture et de la Communication à respecter la décision de la Commission de classification, ou bien à assumer sa décision personnelle. Fleur Pellerin deviendrait ainsi la nouvelle ministre de la Culture, de la Communication et de la Censure d’Etat. » Un poste d’avenir…

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