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Adele laisse éclater sa joie aux BRIT Awards 2016

Succès (et rencontres inattendues)

5 min

Sony verse 117 millions pour s'attacher les services d'Adele, la chanteuse aux 60 millions de disques. Renaud en est loin, mais dépasse tout de même les 500 000 exemplaires avec "Toujours debout". Bonus : scoops sur AC/DC et Johnny Hallyday, et sur Paul Simon et Pierre Boulez.

Adele laisse éclater sa joie aux BRIT Awards 2016
Adele laisse éclater sa joie aux BRIT Awards 2016 Crédits : Stefan Wermuth - Reuters

“117, c’est, en millions d’euros, lit-on dans L’Express de cette semaine, la somme déboursée par la maison de disques Sony pour s’attacher les services d’Adele, dont le contrat avec le label indépendant britannique XL Recordings était arrivé à expiration. Soit le plus gros chèque jamais signé pour un artiste. En 2002, Robbie Williams et EMI s’étaient mis d’accord pour 104 millions d’euros. La chanteuse de 28 ans a vendu près de 60 millions d’exemplaires de ses trois premiers albums (19, 21 et 25). La mégastar de l’industrie de la musique, c’est elle.”

Décryptage d’un retour triomphal

Plus modestement, Renaud n’a vendu « que » 500 000 exemplaires de Toujours debout. Plus exactement, en six semaines, ce nouvel album, son “16e enregistrement a été écoulé à 505 747 exemplaires. Un score historique, salue Emmanuel Marolle dans Le Parisien, qui lui assure déjà, sauf surprise, d’être la plus grosse vente de 2016. Décryptage d’un retour triomphal. En juin 2015, Renaud annonçait son retour dans [les] colonnes [du Parisien]. Il avait les chansons, allait les enregistrer dans le courant de l’été pour une sortie en septembre. « Dès cette première date annoncée, chaque semaine, des clients venaient nous demander quand sortait finalement son album », se souvient Jérôme Leclerc, vendeur au rayon disques du magasin Cultura de Saint-Maximin, dans l’Oise, enseigne culturelle du groupe Auchan. La sortie est annoncée pour début 2016. « En décembre, nous avions commencé à envisager une mise en place dans les magasins de 300 000 exemplaires, explique Thierry Chassagne, PDG du groupe Warner, le label de Renaud. Mais nos représentants commerciaux sentaient une telle attente des vendeurs qu'en février on a décidé d'aller jusqu'à 400 000. Et face à la demande, on a fini par en commercialiser dès le premier jour 470 000. » Un chiffre historique quand, en moyenne, une belle mise en place tourne autour de 100 000 exemplaires. L'album sort le 8 avril. Et les compteurs s'affolent : près de 200 000 exemplaires vendus durant les trois premiers jours, un peu plus de 287 000 au total en sept jours. Un record sur les treize dernières années. « En dix ans, je n'avais jamais vu ça, confirme Emmanuelle Le Dorlot, disquaire au rayon variétés de la Fnac Saint-Lazare. Même quand il était absent, les classiques de Renaud se vendaient toujours comme Mistral gagnant, Boucan d'enfer. Les gens ne l'ont pas oublié. »

"La scène, c'est la plus grande drogue pour un artiste et le plus grand médicament"

« Il y a beaucoup de fans qui le suivent depuis longtemps, qui nous ont même demandé de réserver la version collector ou l'album en vinyle, explique Jérôme Leclerc. Des plus jeunes ont également acheté le CD. La Bande à Renaud (l’album de reprises de ses chansons par Louane, Coeur de Pirate, Indochine, Raphaël sorti en 2014) a amené un nouveau public qui voulait cette fois entendre le vrai. » [Et puis] Renaud ne se contente pas de vendre des disques. Ses concerts sont déjà pleins. « J'avais prévu d'éventuelles dates supplémentaires dans chaque ville, raconte Rose Leandri, patronne de VMA qui produit ses concerts. Et là, je suis en train d'ajouter un 3e concert à Lyon, à Lille. On a déjà dix Zénith à Paris à l'automne et on va en programmer d'autres en mai 2017. Au total, nous avons déjà vendu plus de 400 000 billets sur 110 concerts alors que la tournée ne démarre qu'en octobre. » […] La voix tiendra-t-elle ?, s’inquiète Emmanuel Marolle. « La scène, c'est la plus grande drogue pour un artiste et le plus grand médicament, insiste Rose Leandri. Renaud a toujours été galvanisé par les concerts. »”

De l'influence de Pierre Boulez sur les tubes de la pop

Un peu comme AC/DC, quoi. On a parlé ici du remplacement, pour cause de surdité menaçante, de Brian Johnson par Axl Rose, des Guns’n’Roses. Mais Paris Match nous en apprend de belles sur les pistes envisagées par Angus Young pour remplacer le chanteur du groupe de heavy metal. “Parmi les plus saugrenues : trouver un artiste par ville pour les treize concerts prévus en Europe. Johnny Hallyday a donc été très sérieusement approché à plusieurs reprises pour la date de Marseille. Le rockeur national n’a pas donné suite…” Dommage ! Back in black par le chanteur de Noir c’est noir, ça eut donné ! Contrairement à Johnny, et il est le premier à le reconnaître, Paul Simon, dont vous allez disputer dans quelques minutes, n’est pas un performeur né, “mais je pense être un bon directeur d’orchestre, déclare-t-il à Olivier Nuc dans Le Figaro. Ce que je dis le plus souvent aux musiciens, c’est : « Jouez moins de notes. » Je les encourage à me prévenir s’ils s’ennuient. Je ne les paie pas pour cela ! Je ne les traumatise pas, je ne gueule pas quand ils se trompent, je suis ouvert et, surtout, j’ai un répertoire large. Je peux toujours ressortir un tube comme You Can Call Me Al qui mettra tout le monde d’accord. [Cette chanson] je l’ai trop jouée, mais je continue de la faire parce que les gens l’adorent. Vous voulez connaître son histoire ? [Oui, Paul, nous voulons connaître son histoire !] Au début des années 1970, je vivais avec ma première épouse, Peggy, dans une maison de l’East Side dans laquelle nous avions organisé une fête avec d’autres musiciens de rock. J’y avais convié mon ami compositeur Stanley Silverman, qui devait ce soir-là faire faire le tour de la ville à Pierre Boulez, fraîchement nommé chef d’orchestre du Philharmonique de New York. J’ai proposé à Stanley de venir avec lui, ce que Boulez a accepté. Je les ai accueillis, Stanley nous a présentés, Peggy et moi. Au bout de vingt minutes, Stanley m’a prévenu que Pierre était prêt à repartir. Je suis allé le raccompagner. Il m’a dit : « Je suis désolé de devoir partir, cher Al. Transmettez mes amitiés à votre épouse Betty. » Il avait mal compris nos prénoms. Pendant trois semaines, mon épouse et moi nous donnions du Al et du Betty à tout bout de champ. Et, de longues années après, j’en ai fait une chanson. Si Pierre Boulez avait su que ce tube lui devait tout !” Peut-être aurait-il tout simplement demandé des royalties…

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