LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Brutalité, rigueur et réalisme

5 min

« Il y a des gens particulièrement brutaux dans l’entourage de la ministre… » Ces mots, rapportés dans une brève de Libération , sont de “Daniel Benoin, évincé de la direction du Théâtre national de Nice où il briguait un cinquième mandat (avec Zabou Breitman) , taclant le ministère de la Culture à propos de la valse actuelle des directeurs, [mercredi dernier] à l’AFP.”

L’impitoyable feuilleton des nominations fait néanmoins des heureux. “Aurélie Filippetti, ministre de la culture et de la communication, a [ainsi] nommé, lundi 10 juin, Christophe Rauck à la direction du Théâtre du Nord, Centre dramatique national de Lille-Tourcoing et de l’Ecole professionnelle supérieure d’art dramatique (l’Epsad) , nous apprend Le Monde . Il succèdera, le 1er janvier 2014, à Stuart Seide. Comédien ayant notamment joué auprès de Silviu Purcarete et Ariane Mnouchkine, Christophe Rauck a créé en 1995 sa compagnie. Il a dirigé le Théâtre du peuple, à Bussang (Vosges), avant d’être nommé directeur, en 2008, du Théâtre Gérard-Philipe, Centre dramatique national de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Ses dernières créations alternent des textes classiques comme Les Serments indiscrets, de Marivaux, avec les textes plus contemporains de Rémi De Vos.”

A Paris, c’est un long feuilleton, souvent raconté ici, qui trouve son épilogue. « Enfin ! », lâche Bruno Julliard, adjoint au maire de Paris chargé de la culture. Le Théâtre Paris-Villette a désormais une nouvelle direction et devrait rouvrir ses portes en octobre, nous informe Sandrine Blanchard, à nouveau dans Le Monde . Les metteurs en scène Valérie Dassonville et Adrien de Van ont été nommés, mardi 11 juin, par Bertrand Delanoë, à la tête de cette scène contemporaine.

Après plusieurs mois de conflit avec l’ancien directeur, Patrick Gufflet – accusé par la municipalité parisienne d’avoir conduit ce théâtre dans une « impasse financière » –, un appel à projets qui a suscité quarante-quatre dossiers, une présélection et audition de sept candidatures, la Mairie de Paris a finalement retenu un duo qui entend « conserver l’identité créatrice du lieu » et avoir pour maître mot « la jeunesse ».

« Notre choix, explique Bruno Julliard , repose sur une volonté de renouvellement, car les établissements culturels parisiens ne peuvent pas être uniquement l’aboutissement de carrière de dirigeants de théâtre, sur un effort de féminisation des directions et sur un projet qui remplit le cahier des charges de la ville : un théâtre de création ouvert aux autres disciplines, un accueil de compagnies émergentes, une ouverture à tous les publics. »

Valérie Dassonville, 45 ans, fondatrice de la compagnie Théâtre du menteur, codirectrice du Théâtre de Bligny (Essonne), et Adrien de Van, 39 ans, comédien, fondateur de la compagnie Le Tamanoir, ancien directeur du Théâtre jeune public du Jardin d’acclimatation, se sont connus il y a une dizaine d’années à l’occasion de la programmation d’un spectacle de la première dans le théâtre du second.

Au Paris-Villette, le duo souhaite poursuivre le travail d’accueil en résidence de compagnies, mené de longue date par l’ancienne équipe de direction, et élargir le public « en se posant, à chaque création, la question de l’âge du plus jeune spectateur », souligne Valérie Dassonville. « Il ne s’agit pas de s’adresser à un public ciblé », précise Adrien de Van, mais de toucher enfants et adultes « dans un lieu, au cœur du parc de La Villette, qui s’y prête, ajoute-t-il. La jeunesse s’entend aussi vis-à-vis d’un public de tout âge peu habitué à aller au théâtre ».

Pour mener à bien ce projet, le duo disposera d’une subvention annuelle de la Ville de Paris de 650 000 euros (contre 865 000 euros accordés en 2012) sur un budget global de 1,1 millions d’euros. « Le message de la mairie était clair : il n’y aurait pas de hausse de la participation il a fallu être rigoureux et réaliste », reconnaît Valérie Dassonville. La nouvelle direction table sur une diffusion importante (250 représentations par an en après-midi et en soirée), 500 heures d’ateliers de pratiques artistiques en partenariat avec les écoles et les associations de quartier, et un taux de remplissage de 40%.

Depuis la fermeture du théâtre, en décembre 2012, les compagnies programmées « ont été accueillies dans d’autres lieux culturels – Maison de la poésie, Maison des métallos, etc. – sauf celle de Florent Trochel pour laquelle une solution est en passe d’être trouvée », affirme Bruno Julliard. Et les anciens salariés « auront une priorité de réembauche ». Quant à Patrick Gufflet, qui a dirigé le Paris-Villette pendant vingt-cinq ans, il devrait partir en Afrique en septembre.

Du combat mené pour dénoncer une mission théâtrale économiquement impossible, l’ancien directeur garde un souvenir amer , constate Sandrine Blanchard dans son article du Monde : « Je reste stupéfait qu’une municipalité socialiste ait pu interrompre l’activité d’un lieu en pleine saison. Notre bataille aura servi à ce que Paris-Villette reste un théâtre. »

Bruno Julliard a une tout autre vision : « A Paris, la programmation théâtrale très dense et concurrentielle nécessite une perpétuelle remise en question des directions, sinon le risque est de s’enfermer dans un entre-soi trop sélectif qui s’éloigne de la recherche d’un public. Economiquement, un théâtre subventionné doit être viable et ne pas se reposer sur des aides publiques supplémentaires. » Le nouveau duo est prévenu.”

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......