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Ça valse à l’opéra

5 min

“L’opéra de Dresde a annoncé la nomination du Belge Serge Dorny, actuel directeur de l’opéra de Lyon, au poste d’intendant à partir du 1er septembre 2014 et pour une durée de cinq ans , nous apprenez-vous en primeur, Marie-Aude Roux, dans Le Monde daté d’aujourd’hui. Un couronnement , estimez-vous, pour celui qui a débuté à Bruxelles comme dramaturge de Gérard Mortier au Théâtre royal de la Monnaie.” Et puisqu’on parle de ce dernier, “coup de théâtre à l’Opéra de Madrid , s’exclame la correspondante du quotidien vespéral en Espagne, Sandrine Morel. Mercredi 11 septembre, Gérard Mortier a été destitué de ses fonctions de directeur artistique du Teatro Real et remplacé par Joan Matabosch, directeur artistique du Liceu, l’Opéra de Barcelone. Cette décision, approuvée en réunion par le comité exécutif du colisée madrilène, met un terme à des semaines de polémiques autour de la succession du célèbre directeur artistique belge, dont le mandat allait jusqu’en 2016. C’est une interview de Mortier, hospitalisé pour un cancer en Allemagne, parue dans le journal El Pais le 3 septembre, qui a précipité sa relève , explique Le Monde . L’ex-directeur de l’Opéra de Paris, du Festival de Salzbourg ou encore du Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, y révélait qu’il avait soumis à la fondation mixte (publique et privée) chargée de la gestion du Teatro Real une liste de possibles successeurs, mais que le ministère de la culture lui avait stipulé son intention de choisir un remplaçant espagnol. Mortier menaçait, dans le même entretien, de partir avant la fin de son mandat si on imposait son successeur. Ses paroles ont été prises à la lettre. « M. Mortier n’est pas licencié. Nous respectons sa volonté de partir », a expliqué en conférence de presse le président de la fondation du Teatro Real, Gregorio Marañon. Durant ses quatre années à la tête de l’Opéra de Madrid , rappelle Le Monde , Gérard Mortier a modernisé une institution archaïque, multiplié les créations originales, développé les coproductions avec de grands opéras étrangers, récolté, à parts égales, éloges et critiques. Cet autodidacte, fils de boulanger, qui n’a pas sa langue dans sa poche, s’est fait aussi des ennemis au sein du gouvernement. Ses piques contre le ministère de la culture et de l’éducation, dont il a déploré la politique d’austérité et les intrusions dans sa programmation, ses remarques sur le faible niveau intellectuel et culturel des dirigeants espagnols ont fini par lui coûter cher. Mais Mortier n’entend pas se laisser faire. Dans une nouvelle interview (à El Pais le 12 septembre), il prévient que sa programmation ne résistera pas à son départ. « J’ai parlé avec des artistes et beaucoup annuleront leur venue : Hengelbrock, Currentzis, Cambreling, Bychkov, Sellars, Muti, Hanchen, Wilson… », dit-il.”

C’est ainsi, nous apprend une brève de Libération , que “la transposition opératique très attendue du film Brokeback Mountain, le fameux mélodrame d’amour cowboy, livret de l’écrivain Prix Pulitzer Annie Proulx, musique de Charles Wuorinen, dont la première mondiale en grande pompe était programmée pour le 28 janvier au Teatro Real de Madrid, pourrait voir son calendrier promotionnel remis en cause par la démission forcée de Gérard Mortier.”

Autre départ anticipé, celui de “Nicolas Joel, l’actuel directeur [de l’Opéra de Paris, dont plusieurs journaux, reprenant une brève de l’AFP, annoncent qu’il] quittera ses fonctions le 1er août 2014, un an avant la date annoncée. Stéphane Lissner, qui le remplace, sera libéré plus tôt que prévu de ses obligations à la Scala de Milan (la nomination en juin de son successeur, l’Autrichien Alexander Pereira, a permis d’accélérer le calendrier). Nicolas Joel, qui a parfois été critiqué pour des choix de mises en scène jugés trop classiques, voire timorées, peut pourtant se targuer d’une fréquentation record (96% de remplissage en 2012) , note La Croix . La rentrée 2014 de l’Opéra sera marquée par le renouvellement, puisque c’est aussi à cette période que Benjamin Millepied, le prochain directeur de la danse, succèdera à Brigitte Lefèvre.” “Les deux hommes défendront en 2014-2015 une saison établie par leurs prédécesseurs, et qui s’annonce de transition, c’est-à-dire plus terne et plus marquée par les réductions budgétaires que celle-ci , prévient Ariane Bavelier dans Le Figaro . Les saisons d’opéra et de ballet se composent longtemps à l’avance. C’est dans celle de 2013-2014 que Brigitte Lefèvre a mis le brillant de ses adieux, et Nicolas Joel, le feu d’artifice destiné à convaincre la ministre de le reconduire, lorsqu’il était candidat à sa propre succession. Le virage voulu par Lissner et Millepied, désireux d’inventer « une maison d’opéra du XXIe siècle », se lira vraiment la saison suivante en 2015-2016. Qu’est-ce qui se cache derrière ce jeu de chaises musicales ? , s’interroge Le Figaro. Certainement, la fatigue de Nicolas Joel, qui a pris ses fonctions le 1er août 2009 un an après avoir été victime d’un AVC, mais pas seulement. Ont sans doute compté dans ce départ anticipé ses relations difficiles avec le ministère de la Culture, qui ne l’a jamais soutenu et lui a même fait subir de sévères restrictions budgétaires. Il n’y a guère que dans le communiqué annonçant son départ qu’Aurélie Filippetti se décide enfin à « saluer le travail mené par Nicolas Joel au cours de son mandat de directeur et la qualité de la transition qu’il a engagée avec son successeur ». A quoi bon ferrailler lorsqu’on peut se retirer sur un bilan honorable ? , salue Ariane Bavelier. Les grands projets que Joel a initiés pour l’Opéra, comme celui d’une Académie de jeunes musiciens, ont besoin de plus de fluidité pour s’épanouir. Stéphane Lissner, avec qui il se sent en confiance, saura les mener à bien. De son côté, Nicolas Joel entend poursuivre sa carrière de metteur en scène.”

A Dresde ou à Madrid, peut-être ?

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