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Des fous, du sexe et des grandes oreilles

5 min

Comment figurer la folie au cinéma ? Comment tourner une scène de sexe ? Comment donner une suite au succès de Cinquante nuances de Grey ? Le Festival de Cannes est-il homophobe ? Et Dumbo doit-il avoir un happy end ? Et puis quoi encore...
“Dans le film De l'autre côté de la porte, de Laurence Thrush (sorti en France mercredi dernier), le jeune Hiroshi s'enferme deux ans dans sa chambre. C'est un hikikomori, nous précise le Monde un angoissé chronique. Ce trouble mental répandu au Japon n'est pas le seul, tant s'en faut, à nourrir un scénario de cinéma. En 2014, deux psychologues américains, Ryan M. Niemiec et Danny Wedding, ont publié un essai, Movies and Mental Illness : Using Films to Understand Psychopathology. Ils y dressent la liste des désordres mentaux abordés dans les films : la phobie dans Creepshow ou Arachnophobie, le trouble obsessionnel compulsif (TOC) dans Aviator, l'anxiété paranoïde dans Toto le héros… Sans toujours que les symptômes des malades soient bien décrits. Interviewé par le magazine Vice le 25 octobre 2014, le docteur Wedding avance que Shining ou Vendredi 13 montrent seulement le schizophrène comme un tueur maniaque, alors que la schizophrénie est rarement agressive. D'autres réalisateurs font des efforts. Ron Howard, dans Un homme d'exception, présente un schizophrène émouvant : le mathématicien John Forbes Nash Jr. Et Scorsese, dans Taxi Driver, « décrit exactement ce à quoi les troubles mentaux ressemblent ».” Bon point donc pour Scorsese.

Tout le monde trouve du plaisir, ou presque... On l’aura compris, figurer la folie n’est pas simple. Filmer le sexe non plus. “Pour la plupart des acteurs, les scènes de sexe n’ont rien d’excitant à tourner , rappelle ainsi le New York Times , dans un article repris par Le Film Français. Certes, elles s’accompagnent toujours de grosses caméras et de toute l’équipe technique. Mais ce n’est qu’une performance entre des gens étrangers les uns aux autres, sous le regard d’un réalisateur qui analyses caresses et soupirs. L’antithèse d’une scène bouillante, pour les comédiens. Les cinéastes, eux, ont une autre vision. « Je suis très excitée quand nous tournons des scènes de sexe, admet Sarah Treem, l’une des créatrices de la série The Affair. Elles peuvent être transgressives et très réelles. Quand elles fonctionnent, tout le monde trouve du plaisir. » Le public partage cet avis, si l’on en juge par le succès de Cinquante nuances de Grey (dont certaines scènes de fouet ont été recréées par le numérique).” “530 M$ , précise Le Parisien , pour un budget de 40 M$ seulement. Du coup, les agents des acteurs Dakota Johnson et Jamie Dornan, les deux interprètes du film, qui n’ont touché que 250 000 $ chacun, négocient une très forte augmentation de leurs salaires pour la suite. On parle de cachets entre 3 et 5 M$.” Enfin, si suite il y a… “Selon Variety, cité par Libération , la romancière E.L. James, auteure du best-seller Cinquante nuances de Grey, devrait écrire elle-même le scénario du prochain film adapté de ses propres romans. E.L. James, mécontente du travail de Sam Taylor-Johnson et de Kelly Marcel, les réalisatrice et scénariste du film, voudraient être davantage impliquée dans les futures aventures cinématographiques de Christian Grey.” “Une situation qui provoque la panique chez les responsables d’Universal , croit savoir Alain Grasset dans Le Parisien. En effet, E.L. James, dont on sait qu’elle est sujette à des accès de colère pas toujours justifiés, n’a jamais écrit l’ombre d’une ligne de scénario. Du coup, si elle continue à vouloir imposer ses demandes, cela retardera forcément le tournage, et donc la sortie du film, prévue pour 2016. Autre gros problème à résoudre pour le studio hollywoodien : garder ou pas Sam Taylor-Johnson, [qui] aurait déjà annoncé son intention de se retirer. Quant au couple d’acteurs Dakota Johnson-Jamie Dornan, il est loin d’avoir convaincu les fans du roman. Malgré qu’ils aient signé un contrat pour des suites, il n’est pas exclu qu’ils ne soient plus de l’aventure Cinquante nuances plus sombres.” Pas trop le moment de réclamer une augmentation, donc…

Des garçons et de filles qui se roulent des pelles (voire beaucoup plus) Puisqu’on parle de réclamer de l’argent, et alors que les rumeurs autour du prochain Festival de Cannes commencent à se multiplier (“un des blockbusters les plus attendus de l’année, Mad Max : Fury Road, du réalisateur australien George Miller, pourrait bien être projeté en ouverture de la manifestation” , suppute Le Parisien , toujours lui), “les sites internet de The Guardian et The Daily Telegraph rapportaient [le 2 mars] une anecdote étonnante : un réalisateur français, du nom de Paul Verhoeven (rien à voir avec Robocop) attaque en justice le festival de Cannes pour avoir refusé de sélectionner son film, Teenagers en 2009. Verhoeven, 73 ans, estime que ce rejet serait dû à « l’homophobie » des sélectionneurs, Teenagers décrivant l’amour entre de jeunes garçons. Notons , relève Libération, que la présence de garçons et de filles qui se roulent des pelles (voire beaucoup plus) à l’écran n’a pas empêché les sélections cannoises récentes de films de Weerasethakul, Soderbergh, Guiraudie, Kechiche ou Bonello.” C’est encore dans Libération , enfin, qu’on apprend une autre nouvelle étonnante. “L’association américaine de protection des animaux, Peta, demande instamment au cinéaste Tim Burton de changer la fin de Dumbo, dont il devrait tourner prochainement une nouvelle version (en images réelles) pour Disney. Au lieu de finir sa vie dans un cirque, le pachyderme devrait plutôt terminer ses jours dans un sanctuaire pour animaux, préconise l’association, qui milite pour « un vrai happy ending ».” Et faire voler un éléphant, ce n’est pas de la maltraitance, peut-être ?

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