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En musique comme au football

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On l’a appris hier par une brève du Figaro , et je sais que cela va vous réjouir, Arnaud, et nombre de nos auditeurs avec vous : Einstein on the Beach sera, la saison prochaine, à l’affiche du Châtelet. Il y a deux ans, le théâtre parisien, qui est à l’initiative de la recréation de cet opéra mythique de Philip Glass et Bob Wilson, avait jeté l’éponge devant le coût de l’opération. L’amitié de trente-cinq ans entre Bob Wilson et Jean-Luc Choplin, directeur du Châtelet, a permis de revoir le coût à la baisse. Einstein sera donné quatre fois en janvier, avec l’aide de Pierre Bergé et du Théâtre de la Ville.”

Côté bonnes nouvelles, “le chef d’orchestre finlandais Mikko Franck, 34 ans, succèdera en septembre 2015 au Coréen Myung-Whun Chung à la tête de l’Orchestre Philharmonique de Radio France , a-t-on appris lundi par une brève du site Internet de Télérama. Mikko Franck, violoniste de formation, est un invité régulier de l’Orchestre Philharmonique de Radio France. La signature de son contrat [est] effective [depuis] lundi 22 avril. Le jeune chef d’orchestre avait obtenu son premier poste de directeur musical avec l’Orchestre national de Belgique en 2002, il était alors âgé de 23 ans.” “Ce n’est pas seulement une nouvelle enthousiasmante, salue Christian Merlin dans Le Figaro , c’est une des meilleures choses qui pouvaient arriver à la vie musicale parisienne.”

Ainsi se poursuit le grand mercato des chefs d’orchestres, qui n’a rien à envier à celui des directeurs de CDN et autres scènes nationales, ni même à celui des stars du football. “La comparaison peut choquer. Pourtant, un directeur musical, pour un orchestre, c’est comme un entraîneur pour une équipe de football , assurait le critique du Figaro une semaine auparavant. Et sans le bon coach, les meilleurs joueurs se mettent à perdre. A l’heure où les orchestres sont en train d’annoncer leur programmation pour la saison 2013-2014, deux de nos phalanges symphoniques régionales ont su choisir le bon coach , estime le critique musical : Leonard Slatkin à l’Orchestre national de Lyon, et Marko Letonja au Philharmonique de Strasbourg. Deux profils très différents, deux nominations fructueuses.”

Après avoir dressé le portrait de l’Américain et du Slovène, Christian Merlin se réjouit, tout en finissant par un cas plus préoccupant : “Voir ces deux orchestres se donner les moyens d’avancer est pour le moins réconfortant , écrit-il, au moment où le Philharmonique de Monte-Carlo fait le choix inverse : en nommant le médiocre Gianluigi Gelmetti à la tête de la formation monégasque, on raye d’un trait de plume les années d’effort de Marek Janowski, puis du regretté Yakov Kreizberg, pour transformer une honnête phalange de province en orchestre international. C’est le choix du retour en deuxième division, quand le club de football monégasque cherche à remonter en ligue 1. Que ce soit par sabotage ou incompétence, le résultat est navrant , déplore le journaliste du Figaro, et les musiciens en sont les premières victimes.”

Des exemples de recrutement de prestige à la tête d’orchestres dans le monde entier, on en trouve à foison dans la rubrique « Crescendo » du magazine Diapason. On y a ainsi appris que “l’Etat du Qatar fait un nouveau pari pour accroître son rayonnement international, cette fois sur le terrain musical. L’émirat moyen-oriental a en effet recruté la prodige du violoncelle et jeune chef Han-Na Chang pour prendre la direction de son Orchestre philharmonique. La musicienne coréenne de trente ans, qui prendra ses fonctions en septembre, devrait conforter les ambitions et la renommée naissante de la formation symphonique qatarie – fondée il y a seulement quatre ans –, notamment en Asie.”

Diapason s’est aussi réjoui de voir “un chef français nommé à la tête d’un orchestre français : mine de rien, c’est un événement ! , pour le magazine musical. Pascal Rophé prendra la direction musicale de l’Orchestre national des Pays de la Loire à partir de 2014. Ce féru de musique contemporaine ne se cantonnera certes pas à ce domaine musical à Nantes et Angers, où son projet artistique sera « centré sur les fondamentaux du grand répertoire symphonique ». Il succède à l’Américain John Axelrod, qui quittera l’Orchestre national des Pays de la Loire cet été après un petit mandat tumultueux de trois ans.”

Mais qui dit recrutements dit aussi, nécessairement, évictions ou départs plus ou moins tonitruants, qui fournissent une autre rubrique de Diapason , appelée en toute logique « Decrescendo » . On y apprend ainsi que, “selon le blog du critique Norman Lebrecht, Karel Mark Chichon a claqué la porte de l’Orchestre symphonique national de Lettonie – le pays de son épouse, la mezzo Elina Garanca –, dont il était chef permanent et directeur artistique depuis 2009. Ce Britannique originaire de Gibraltar entendait officiellement protester contre l’attitude du ministère letton de la Culture, qui a selon lui renié sa promesse d’augmenter les salaires des musiciens de l’orchestre, jugés très bas.”

La même rubrique a fait état d’un “drame salzbourgeois : Franz Welser-Möst, Generalmusikdirektor du Staatsoper de Vienne, dont les musiciens sont comme chez eux chaque année au pied du Mönchberg, a claqué la porte du célèbre festival d’été, où il devait diriger une trilogie Mozart-Da Ponte de 2013 à 2015. Il dénonce un calendrier de représentations trop serré, à des intervalles « irréalistes ». L’intendant Alexander Pereira, jadis complice de Franz Welser-Möst à Zurich, juge la réaction de ce dernier « hors de proportion » et suppose que « la véritable raison de cette annulation tient en ce que deux personnes liées aussi intensément pendant de nombreuses années par le travail peuvent soudainement adopter des opinions contraires ». Seul bénéficiaire de cette amitié brisée : Christoph Eschenbach, appelé à prendre la relève pour ce cycle mozartien.”

Faut-il y voir une vengeance du divin Mozart délaissé ? Toujours est-il qu’une brève de Libération nous apprenait, au début du mois, qu’un “mouvement malheureux avec sa baguette, suivi d’une crampe et d’un malaise, a envoyé dimanche [31 mars au] soir à l’hôpital le chef d’orchestre autrichien Franz Welser-Möst, [foudroyé] au finale de l’acte I de Parsifal, de Wagner à l’Opéra de Vienne.”

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