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En tant qu’artiste je fais ce que je veux !

6 min

George Clooney est Charlie. Tout Hollywood était Charlie, dimanche, pour la cérémonie des Golden Globes. Tout au long de la soirée, rapporte le site des Echos avec l’AFP, de vibrants hommages ont été rendus aux 17 victimes des attentats de Charlie Hebdo, Montrouge et Hyper Cacher. […] En début de soirée, Theo Kingma, président de l’HFPA (l’association de la presse étrangère hollywoodienne), qui remet les Golden Globes, avait affirmé que « nous devons être unis face à quiconque voudrait réprimer la liberté d’expression, partout, de la Corée du Nord à Paris », suscitant une ovation debout.” Car oui bien sûr, au-delà de la solidarité avec les victimes françaises, on a beaucoup parlé ce soir-là de “l’attaque informatique subie par Sony Pictures pour faire annuler la sortie du film parodique L’interview qui tue !, attribuée par les Etats-Unis à Pyongyang. […] Les comédiennes Tina Fey et Amy Poehler, maîtresses de cérémonie pour la troisième et dernière fois, n’ont cessé lors de la soirée de faire allusion à l’attaque informatique de Sony Pictures. « Aujourd’hui, nous célébrons tous les films de cinéma et télévision qui ont été approuvés par la Corée du Nord », ont-elles lancé, tandis qu’une pseudo-militaire nord-coréenne s’est levée pour faire un « selfie » avec Meryl Streep avant de monter sur scène faire un prétendu discours.” L’Interview qui tue ! va d’ailleurs finalement sortir en France dans 120 salles le 28 janvier, nous apprend Le Parisien. Et “la fresque biblique de Ridley Scott Exodus : Gods and Kings, qui avait été interdite au Maroc fin décembre pour avoir « représenté Dieu », a finalement été autorisée après suppression des deux passages sonores polémiques de sept secondes” , nous informe Le Figaro , qui rappelle toutefois que “le film reste interdit en Égypte et aux Emirats arabes unis.” Pour revenir aux Golden Globes, du côté des récompenses proprement dites, précisent Caroline Besse et Aurélien Ferenczi sur telerama. fr, le palmarès rebat un peu les cartes avant les Oscars – même si le vote pour les nominations, dont la liste sera connue jeudi 15 janvier, était clos avant la soirée des Golden Globes. Le grand vainqueur est Boyhood , le film-fleuve de Richard Linklater, récit d'apprentissage tourné sur douze ans, notamment pour permettre aux jeunes héros de passer en « live » de l'enfance à l'adolescence : il obtient les deux Golden Globes majeurs, meilleur film dramatique et meilleur réalisateur, plus une récompense pour Patricia Arquette. Mais, dans la catégorie « comédie », The Grand Budapest Hotel , de Wes Anderson, est également distingué, après avoir été déjà mentionné dans pas mal de palmarès critiques. Sortis aux Etats-Unis en milieu d'année (mars et juillet respectivement), ces deux titres seront désormais plus que des outsiders inattendus dans la course aux Oscars.” “Dans une saison des prix où pour une fois rien ne semble joué, ce palmarès très varié confirme que 2015 sera l'année des indépendants , analyse Constance Jamet dans Le Figaro. Même s'ils sont souvent considérés comme une antichambre des oscars, les Golden Globes n'ont pas autant d'influence que cela sur les Academy Awards qui annonceront leurs nominations jeudi. Le corps électoral des deux organisations n'a en commun qu'un seul votant ! Mais une victoire ce dimanche à Los Angeles assure aux lauréats une publicité de poids dans la campagne. Boyhood a marqué de nombreux points face à son rival direct Birdman.” Répétons que les Golden Globes sont décernés par des journalistes, certes étrangers. En venant recevoir sur scène son prix Cecil B. DeMille, honorant sa carrière et son engagement humanitaire, George Clooney s’est peut-être ainsi consolé des blessures d’amour-propre qu’avaient provoquées les critiques de son dernier film, Monument Men. Charlotte Garson l’a évoqué ici, Libération l’avait rapporté en décembre : “dans la masse de données de la compagnie Sony piratées et rendues publiques, figure un échange de mails entre George Clooney et Amy Pascal, coprésidente du studio, après l’accueil mitigé de la presse pour le film Monuments Men. « Protégez-moi de ces critiques, j’ai passé trente heures sans dormir », implore l’acteur-réalisateur. Qui reconnaît quand même une part de responsabilité : « Je crains de vous avoir tous déçus. Ce n’était pas mon intention. Désolé. » Réponse de la patronne : « Nous allons te protéger en gagnant beaucoup d’argent. C’est la meilleure revanche. » George Clooney n’est pas le seul à s’étendre sur la critique. « Certains critiques ont fait leurs preuves et bossé dur pour démontrer leurs compétences sur des sites fiables, parfois en lien avec un journal, et puis il y a tous ceux qui se prétendent critiques mais dont les écrits démontrent à quel point ils sont idiots et ignares. » C’est David Cronenberg qui le dit, déplorant dans The Canadian Press (et dans une brève de Libération ) que, via Internet, tout le monde s’estime désormais fondé à avoir un avis sur tout. « Accordez-vous de l’importance aux critiques ? » , demande Karelle Fitoussi à Larry Clark dans Paris Match . « The Smell of Us va diviser , parie sans risque le cinéaste. Plein de gens pensent que c’est un chef-d’œuvre et d’autres sont outrés par son propos… Jusque-là, rien de nouveau pour moi, je suis habitué ! Ce serait louche d’être aimé par tout le monde. J’ai arrêté de lire les critiques parce que certaines sont parfois insensées. Elles m’attaquent en disant : « Comment osez-vous faire un tel film ? », mais ne parlent même pas dudit film ! Où va-t-on ? En tant qu’artiste je fais ce que je veux ! » Larry Clark profite par ailleurs de cette interview pour annoncer que son film Marfa Girl , initialement seulement visible en VOD sur son site Internet, « sortira aussi de façon traditionnelle, en salle, au printemps. » On s’en réjouit…

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