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Flop historique, guerre festivalière et grosse bévue

5 min

Au menu ce soir, un flop historique, une guerre festivalière et une grosse bévue.

On commence par le plus grand fiasco de l’histoire de Hollywood, dû à la maison Disney, à qui “décidément, la planète Mars ne réussit pas , écrit le correspondant à Washington du Figaro , Pierre-Yves Dugua, dans les pages saumon du quotidien. Le géant américain de la communication vient d’avouer que l’échec commercial de son film John Carter va le contraindre à reconnaître une perte comptable massive de quelque 200 millions de dollars. Le long métrage, qui raconte l’histoire d’un soldat de la guerre de Sécession transplanté sur Mars, a coûté 250 millions pour son tournage. Disney a, en outre, dépensé pas loin de 100 millions pour faire la promotion du film inspiré de l’œuvre d’Edgar Rice Burroughs, créateur le siècle dernier de Tarzan. En dépit de ces investissements astronomiques, les recettes de John Carter au box-office dans le monde entier depuis sa sortie le 9 mars n’ont été à ce jour que de 184 millions de dollars. Comme Disney doit les partager avec les chaînes de cinéma, il est clair que l’œuvre réalisée par Andrew Stanton est en passe de devenir le pire gouffre de l’histoire de Hollywood. L’année dernière, déjà, un autre film de Disney d’inspiration martienne, Mars Needs Moms, n’avait généré que 40 millions de dollars de vente de billets. La production de cette œuvre d’animation avait coûté quatre fois plus. Le record de pertes engendrées par un film mal accueilli par les critiques et le public revenait à ce jour à Cutthroat Island, sorti et vite oublié en 1995, avec Geena Davis comme tête d’affiche. Carolco Pictures, qui l’avait produit, ne s’est jamais remis des 147 millions de dollars de pertes subies à cette occasion. La déroute de John Carter effacera les bénéfices dégagés, par ailleurs, des autres productions Disney du moment. Le studio devrait donc rendre compte de pertes estimées entre 80 et 120 millions de dollars au cours du trimestre qui s’achève fin mars. C’est une humiliation pour Andrew Stanton, auteur des films d’animation Finding Nemo, couronné par un premier oscar en 2004, puis à nouveau en 2008 pour Wall-E. Pour Taylor Kitsch, qui incarne le héros naufragé sur Mars, la sanction est encore plus lourde. Il se rattrapera peut-être en mai, avec la sortie de son autre film de science-fiction à gros budget, Battleship, produit par Universal Studios.“

On quitte Hollywood pour l’Italie, en provenance de laquelle “deux communiqués se sont croisés dans la journée du vendredi 16 mars , raconte Jacques Mandelbaum dans Le Monde . Le premier, en provenance de Rome, annonce la nomination de Marco Müller, ex-directeur de la Mostra de Venise, à la tête du Festival du film de Rome. Le second, en provenance de Venise, annonce la mise en place d’un véritable marché du film dans le cadre de la Mostra. La simultanéité des deux annonces, dont il est peu probable qu’elle soit hasardeuse, rallume le spectre de la guerre intestine que se livrent depuis 2006 Rome et Venise. Jusqu’à aujourd’hui, la situation était pourtant claire. A votre droite, Venise, le plus ancien festival de cinéma du monde, et l’un des plus prestigieux en termes d’accomplissement artistique et de séduction touristique. Points faibles : la cherté de ses infrastructures, la vétusté de sa logistique, l’absence d’un marché du film digne de ce nom. Une plaie qui condamne depuis de longues années Venise à subir la préséance du Festival de Cannes. A votre gauche, Rome, qui rêve depuis longtemps d’une manifestation cinématographique digne de sa grandeur. C’est chose faite en 2006, sous le mandat du maire Walter Veltroni, avec un festival qui entreprend de tailler des croupières à Venise. Puisant dans un budget qui dépasse celui de son auguste concurrent (10 millions d’euros contre 8 pour Venise), Rome joue l’exubérance et le glamour, invite des stars américaines, héberge royalement les professionnels dans ses palaces. Le résultat est mitigé : en dépit de sa popularité, sa programmation ne parvient pas à soutenir le niveau de celle de Venise. L’ironie du jour est que Marco Müller, excellent directeur artistique de la Mostra depuis 2004, vient de quitter sa fonction faute d’avoir obtenu des assurances sur la modernisation de la manifestation. Le conseil d’administration lui a choisi comme successeur Alberto Barbera, un professionnel estimé qui a déjà occupé ce poste de 1999 à 2001, tout en confiant au Français Pascal Diot la tâche de mettre sur pied un véritable marché du film. Quant à Müller, il succède à Piera Detassis à Rome, où sa nomination fait d’ores et déjà office de plus-value artistique. Cette hypothèse d’un Rome plus « artistique » et d’un Venise plus « professionnel », si elle se confirmait, aurait toute chance de faire parler la poudre“ , estime le critique cinéma du Monde .

Enfin, la grosse bévue que je vous annonçais en préambule : elle a eu lieu au Koweït, comme le raconte Stéphane Kovacs dans Le Figaro . “La main sur le cœur, Maria Dmitrienko, médaille d’or des dixièmes championnats arabes de tir, s’apprêtait à entendre l’hymne de son pays, Mon Kazakhstan. Mais pendant plusieurs minutes, elle a dû se mordre les lèvres pour ne pas exploser de rire : les organisateurs de ce tournoi, au Koweït, donc, se sont trompés et ont diffusé… la version parodique créée par Sacha Baron Cohen pour le film Borat. Présentant le Kazakhstan comme un pays d’arriérés aux coutumes barbares, le film Borat – Leçons culturelles sur l’Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan, de et avec le comédien britannique Sacha Baron Cohen, avait déjà créé, à sa sortie en 2006, une minicrise diplomatique. Le faux hymne national s’ouvre sur l’affirmation que « tous les autres pays sont gouvernés par des fillettes ». Les paroles vantent, entre autres, les exportations de potassium, « les prostituées les plus saines de la région, à l’exception bien sûr du Turkménistan », le système de filtration des piscines locales « qui fait disparaître 80% des matières fécales »… Devant la colère de l’équipe kazakhe, les organisateurs se sont excusés et ont mis en place une nouvelle cérémonie de remise de médailles avec le véritable hymne. Le Koweït n’est pas le premier pays à faire ce genre de gaffe. Il y a environ un mois, le même scénario s’était produit lors d’une compétition de ski dans le nord du Kazakhstan.“

C’était notre rubrique Méfiez-vous du cinéma : il peut faire perdre des millions, provoquer des guerres civiles et nuire gravement à l’identité nationale…

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