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Il faut toujours faire ce qu'on ne devrait pas faire

6 min

L’événement pop rock du moment, c’est la reformation des Beatles ! Ou plutôt, la création des Beatles Juniors. “Personne ne s’y attendait , raconte Pierre de Boishue dans Le Figaro . En confiant [le 3 avril] à la BBC qu’il envisageait de former un groupe avec trois autres enfants de Beatles, James McCartney a annoncé une retentissante nouvelle. Au possible casting : James McCartney, 34 ans, Sean Lennon, 36 ans, Dhani Harrison, 33 ans, et Zak Starkey, 46 ans. Une déclaration choc qui intervient dans un contexte particulier, puisqu’on fête en 2012 les cinquante ans de la sortie de Love me Do

Les quatre « fils de » affichent clairement leurs ambitions. Ils entendraient incarner la relève. Pour preuve, ils choisiraient de se nommer The Beatles-The Next Generation (Les Beatles, la génération suivante). Ironie du sort : cette démarche est appuyée en priorité par le fils de Paul McCartney… Or, l’auteur de Yesterday a longtemps été considéré (à tort , pour le journaliste du Figaro) comme le responsable de la séparation de la formation de Liverpool. Le bassiste n’aura eu de cesse ensuite, durant les années 1970, de tendre la main à Lennon. Son fils a-t-il songé à ces événements anciens en sollicitant le successeur de Lennon ?

Seule certitude, les quatre enfants seraient plus ou moins sur la même longueur d’ondes. « Je serais pour, s’est réjoui le jeune McCartney lors d’une interview. Sean a eu l’air intéressé, Dhani aussi ». Starkey a paru moins enthousiaste. Et d’ajouter qu’ « avec un peu de chance » le groupe pourrait voir le jour. Pas sûr que tous les fans des Beatles approuvent cette initiative… Durant leurs carrières en solo, James, Sean, Dhani et Zak présentent la particularité d’être restés fidèles au style musical de leurs prestigieux aînés. Au risque, parfois, de tomber dans un mimétisme troublant. L’exemple de Sean Lennon, chanteur-compositeur installé à New York, est criant sur ce sujet. Depuis des années, le jeune artiste semble vouloir remonter le temps et faire complètement corps avec la musique de John Lennon. Voilà deux ans, il était notamment monté sur scène pour interpréter les titres du Plastic Ono Band au côté de sa mère Yoko Ono. Son demi-frère Julian, qui a tant souffert de vivre dans l’ombre du souvenir de son père, ne fait pas partie du projet.

Guitariste efficace, Dhani Harrison avait été repéré par le grand public à l’occasion du concert organisé en la mémoire de son père. Un homme dont il était proche. « Il sait des choses sur George que je ne connais pas : son père voulait lui transmettre beaucoup, pas seulement la musique », confiait récemment sa mère au Figaro. Il n’a pas à rougir de son début de carrière à la tête de son groupe, thenewno2. Zak Starkey n’est pas non plus un inconnu pour les connaisseurs. Comme son père, il a fait le choix de la batterie. Avec les Who et Oasis, il a démontré qu’il était à l’aise dans le maniement de son instrument. Le plus méconnu de tous demeure James McCartney. A l’image de Sean Lennon, il semble attentif aux symboles. N’a-t-il pas participé, hier, à un concert au Cavern Club de Liverpool où les Beatles avaient réalisé leurs débuts ? Il a livré jusqu’à présent deux albums. [Le 3 avril], ses propos l’ont propulsé en pleine lumière. « J’aimerais bien être leur égal, mais même ça, ce sera dur », a confié James McCartney. Oui, ce sera dur…“

Blague à part, le vrai événement pop rock du moment, c’est la parution le 23 avril de Blunderbuss , le premier album en solo de Jack White, le fondateur des défunts White Stripes. Jack White fait la couverture d’un autre événement, le premier numéro de la version française du mensuel Mojo , prestigieux magazine rock édité depuis près de 20 ans en Angleterre. Le rockeur y fait l’objet d’une longue interview, et propose en bonus un CD reprenant dix titres tirés du catalogue de Third Man Records, le label que le natif de Detroit a fondé à Nashville en pleine crise du disque. “Third Man Records , explique Mojo , c’est un seul et même bâtiment, qui contient un studio d’enregistrement, un studio photo, des bureaux et un magasin de disques. Ou comment centraliser l’intégralité des activités d’un label. Les disques sont pressés à Nashville, à deux pas des locaux de la boîte. Comme le petit artisan menuisier qui travaille le bois dans son atelier et sort des inventions venues de nulle part, Jack White et son crew (oui, on est dans la presse rock) ont bien décidé de repenser l’industrie musicale. Ce qui vient en premier à l’esprit, c’est « The Vault ». Personne n’avait osé y penser, Third Man l’a fait. Comme l’on s’abonne à un magazine, à un bouquet satellite, on peut désormais s’abonner à un label de musique. L’heureux fan reçoit, tous les trois mois, un paquet de nouveautés du catalogue Third Man et quelques trucs rares ou réédités, le tout pour 20 dollars par mois. Les moins fortunés peuvent s’inscrire pour 7 dollars pour recevoir des morceaux en streaming, des concerts, des articles et photos, l’accès à des salons de chat et des places de concert, le tout en exclusivité. Ou comment capitaliser à la fois sur des fans hardcore et sur ceux qui veulent juste se sentir appartenir à un club. […] Jack White et Third Man Records démontrent que l’on peut s’autosuffire, être créatif et conscient des attentes de son public dans une période et une industrie où tout change très vite. Où la frilosité se généralise. Peut-être n’inventent-ils pas le futur du monde de la musique, mais ils lui donnent une sacrée bonne gueule.“

Jack White est également l’invité de la semaine de Télérama . C’est notre confrère en Dispute Hugo Cassavetti qui l’a interviewé. A propos de Third Man Records, il s’enthousiasme : “C’est un peu comme si vous réinventiez l’industrie du rock…“ Réponse du jeune rocker : “Le plus formidable fut de constater que ce qui était censé être mort ne l’était pas du tout. Il suffisait d’un peu de passion pour le ranimer. Aujourd’hui, on peut acheter des disques en vinyle neufs et, du coup, on trouve à nouveau des platines dans le commerce. Même dans les grandes chaînes de magasin. En 2012 ! C’est incroyable, non ? Qui aurait prévu ça ? Le vinyle a survécu, on n’a pas réussi à le tuer. Avoir participé à ce combat, vous ne pouvez pas imaginer le bonheur que ça procure. Chaque fois que je vois un gamin sortir du magasin avec un vinyle sous le bras, mon cœur se met à battre plus fort. La musique ne devrait être que ça. Une émotion intense. La morale de l’histoire ? Ma devise : « Il faut toujours faire ce que l’on ne devrait pas faire. »“ Si c’est pas rock, ça…

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