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Le diable qui murmure à l'oreille des sales gosses (par Flore Avet)

5 min

Et si Iggy pop, après toutes ces années d’excès en tout genre devait sa survie à sa maman ? En effet, l’homme assagi, que l’on découvre maintenant crooner, expert en jardinage et Tai Chi chuan est bien différent du rockeur désinvolte et torse nu que les médias et ses fans aimaient tant.

La question m’est venue en observant Odd Future, un collectif de rappeurs de Los Angeles qui rassemble une bande de sales gosses goguenards et bien nés et néanmoins talentueux. En effet, malgré ce que pensent leurs fans, leur carrière, ils la doivent à la mère de l’un d’eux.

Odd Future donc, ce collectif de gentils insolents repose sur deux identités fortes, d’une part Tyler The Creator, et surtout, Earl Sweathsirt. Et bien cet Earl Sweatshirt, a tout juste 18 ans a retrouvé la lumière, et ceci grâce à sa maman. C’est dans l’édition française du NY Times que l’on trouve de façon hebdomadaire avec le figaro que l’on trouve ce récit aussi lunaire qu’inattendu : Le groupe a contribué à bouleverser le modèle commercial du hip-hop et redéfini la signification de rap underground, grâce à son message perturbateur, excentrique, voir choquant. (…) jeune provocateur, il – Earl Sweatshirt- était également un rappeur averti : grossier, envoutant, électrisant. Toutefois, lorsqu’ Odd future a commencé à se produire, Earl Sweatshirt avait disparu, envoyé par sa mère aux iles Samoa, dans un centre combinant thérapie et scolarité. Durant son séjour à la coral reef academy, Earl s’est entretenu avec des psychothérapeutes, a nagé avec les baleines, obtenu un diplôme de plongée et étudié le piano, Il a lu une biographie de Malcolm X et composé des vers. Un programme que ne renierait pas le nouvel Iggy pop, on va y revenir… Aussi, à son retour en février à Los Angeles, Il –toujours Earl Sweatshirt- était devenu plus célèbre que jamais, tandis qu’Odd future était devenu en son absence un groupe faisant salle comble. (…) Il était arrive à l’Academy plein de ressentiment. Puis on l’a fait travailler dans un centre de victimes d’abus sexuels, « ça a été un moment clé » déclare-t-il « finalement, j’ai commencé à prendre mes responsabilités ».

Une véritable réussite que ce retour de l’enfant prodigue à Los angeles, même si sa mère, Cheryl Harris, prof de droit à l’université d’UCLA est dans le même élan devenu la bête noire des fans du groupe. Earl Sweatshirt explique, « Comme je suis tout pour ma mère, il n’y avait rien pour la distraire de mes problèmes ».aujourd’hui, il poursuit sa thérapie, conjointement avec sa mère, même si, reconnait-il « je ne suis pas aussi attentionné envers elle que je le devrais.

Alors, les efforts de maman Sweatshirt sauveront ils son enfant des enfers ? qu’en pense la mère d’Iggy ? Aujourd’hui, c’est avec stupeur que l’on découvre un Iggy pop au torse toujours aussi noueux, mais plus bronzé et méché que jamais

Jardinant ses petits légumes dans son jardin de Miami, dont il dit avoir eu l’idée grâce à Michelle Obama et son potager de la maison blanche, offrant des postures de Tai Chi tout les matins dans sa pelouse, taillant ses rosiers…. Bref, le parrain du punk n’est plus ce qu’il était, le voilà qu’il sort un recueil de reprises, dont certains standards du répertoire français non pas sur son label, non, sur le site Ventes-privées.com, allez y faire un tour, la vidéo d’Iggy pop chantant Joe Dassin à ses carottes vaut le détour… Dans Paris Match de cette semaine, Iggy pop répond à cette interrogation, Iggy pop, en manque de reconnaissance ? Iggy pop, vendu ? On retrouve bien là notre iguane quand il dit : Aux Etats-Unis ils vont peut être me traiter de con, mais je m’en fous, je ne fais pas cette musique pour toucher un public mais des individus. (…) Je fais toujours peur pour ce que je représente, mais c’est mon fond de commerce !

Il y a quelques mois, Hugo Cassavetti, notre compagnon de dispute écrivait dans télérama que Longtemps, Iggy pop ne valait pas un kopek. Rockeur extrême et exemplaire avec ses Stooges ou en solitaire, il ne faisait le bonheur que d’une poignée d’amateurs, en vivant, défoncé, dans la misère. Mais il écrivait un chapitre essentiel de l’histoire du rock, enregistrait des disques appelés à devenir des modèles, des classiques sans lui, pas de Ramones ni de sex pistols. (…) Iggy pop était né pour perdre et payer de sa personne, surtout pas pour rebondir et s’enrichir. Et pourtant le voilà en vieil homme indigne, le plus tonique des morts vivants, se vendant désormais au plus offrant. Il s’affiche dans des pubs pour des croisières en Floride ou des assurances-vie outre-Manche , joue au père Noël pour un illustre grand magasin parisien… Ceux qui l’ont ignoré ou méprisé se tournent désormais vers lui pour le couvrir d’or –et en ramasser au passage. Une revanche pour Pop, qui heurte portant ses fans les plus endurcis. A se demander pourquoi : avoir osé être soi, avoir suivi sa voie serait donc loué et récompensé à l’arrivée. Et il faudrait déplorer cette victoire ?

Dans l’interview filmée qu’Iggy pop a accordé au site Ventes-privées.com, il conclut : Je vis une vie très paisible et conservatrice… toutefois, le diable s’adresse toujours à moi

Tiens tiens ! Voilà qui rappelle les premières paroles du tube d’Odd future, tout simplement appelé Bastard : This is what the devil plays before he goes to sleep

Soit, « voilà ce que le diable joue avant de se coucher… »

Si le diable murmure à l’oreille d’Earl Sweatshirt de la même façon qu’il l’a fait pour Iggy pop, tout devrait bien se passer pour eux à la fin, sa maman peut dormir tranquille….

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