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L'Elysée garde la main sur le Louvre (par Christophe Payet)

4 min

Et le vainqueur est donc Jean-Luc Martinez ! Le directeur du département des antiquités grecques, étrusques et romaines au Louvre a été nommé président-directeur général de ce musée.

La nouvelle a été annoncée en conseil des ministres mercredi dernier. Il succédera à Henri Loyrette le 15 avril, c'est à dire lundi prochain. Henri Loyrette est lui nommé au Conseil d'Etat après 12 ans de bons et loyaux services. « Douze ans de règne », écrit Le Monde : « public en forte hausse, ouverture d'une antenne à Lens et des salles d'art de l'Islam, vente de la marque à Abou Dhabi... » Henri Loyrette aura fait un passage remarqué.

Mais pour le Journal des Arts, le véritable vainqueur dans cette nomination, c'est l'Elysée. C'est en effet François Hollande qui a tranché alors que « celui-ci et le ministère de la Culture s'opposent quant à l'orientation que devrait prendre le Louvre et les qualités requises pour le diriger », note le journal.

La reprise en main du Louvre par l'Elysée commence dès le début du processus de nomination. « Avec la volonté affichée de rompre avec les usages », écrit Nathalie Herzberg dans Le Monde.

« Là où les deux précédents directeurs de l'établissement public du Grand Louvre, Pierre Rosenberg et Henri Loyrette, avaient été plus ou moins cooptés par leur prédécesseur, une procédure ouverte était cette fois mise en place, avec dépôt de candidature, remise de projet, short list et enfin décision du président de la République sur proposition de la ministre de la Culture. »

Dès le départ, la règle du jeu est donc fixée : c'est François Hollande qui décidera.

Aurélie Filippetti n'en a pas moins fait savoir sa préférence. L'un de ses combats est de lancer une dynamique favorisant la nomination de femmes. La ministre de la Culture l'a d'ailleurs répété dans une interview au Figaro : « La présence des femmes à la tête des institutions culturelles est ridiculement faible, ce qui ne repose sur aucune justification ».

Aurélie Filippetti a donc dès le départ appuyé la candidature de Sylvie Ramond, directrice du musée des beaux-arts de Lyon, « que soutenait également Henri Loyrette », précise le journal La Croix.

La ministre a ensuite proposé un ticket final au Président de la République : Jean-Luc Martinez, candidat interne homme, et Sylvie Ramond, candidate externe femme. Pour Nathalie Herzberg du Monde, c'est une « Finale de rêve diraient les sportifs ».

Dans cette finale, Aurélie Filippetti a soutenu sans relâche son poulain. Mais « si Matignon semblait prêt à suivre ce raisonnement, l'Elysée éprouvait plus de doutes », écrit la journaliste Le Monde.

La présidence a donc commencé par demander à la ministre de la Culture d'ajouter un nom à sa short-list. Celui d'un homme : Laurent Le Bon, patron du Centre Pompidou-Metz.

Dans cette dernière ligne droite à trois, Aurélie Filippetti a réaffirmé son choix. Celui de Sylvie Ramond. Toujours. Mais le seul juge, François Hollande, en a décidé autrement. C'est entouré de « trois arbitres », que François Hollande a pris sa décision explique Nathalie Herzberg : son conseiller culture David Kessler, la directrice de cabinet Sylvie Hubac et le directeur adjoint Nicolas Revel. Deux d'entre eux « penchaient pour Jean-Luc Martinez », peut-on lire dans Le Monde, « le troisième en faveur de Laurent Le Bon ».

Exit donc Aurélie Filippetti et sa candidate.

Le ministère de la Culture se rassure : Jean-Luc Martinez comme Sylvie Ramond « partagent l'analyse que la période d'expansion est terminée, par nécessité financière mais aussi parce que l'existant doit être consolidé », peut-on lire dans Le Monde.

Mais pour Christine Coste dans Le Journal des Arts, la « confusion sur la procédure de nomination du futur » président du Louvre illustre une orientation différente pour le musée.

« La journée du vendredi 22 mars a été révélatrice à elle seule de l'autorité de l'Elysée sur le dossier, mais aussi de sa vision sur les actions menées jusqu'à présent et de celles à venir par le prochain dirigeant du Louvre », écrit Christine Coste. Un point de vue qui « adhère entièrement à la politique de celui qui l'a dirigé pendant douze ans contrairement au ministère de la Culture, son ministère de tutelle », poursuit-elle dans le colonnes du bimensuel.

Alors qu'Aurélie Filippetti mettait en avant la nécessité de changer la logique d'expansion du Louvre pour la réorienter vers la démocratisation de l'accès aux oeuvres, l'Elysée la recadrait dès le lendemain en précisant que « la logique d'expansion n'a jamais été antinomique avec la politique de démocratisation ni le niveau de satisfaction des visiteurs ».

Mais dès la nomination de Jean-Luc Martinez, la ministre n'a pas manqué de souligné la compatibilité de son projet avec le nouveau directeur : « je crois que ce souci de la démocratisation des collections du Louvre, c'est ce qui le caractérise et c'est évidemment le mandat qui lui est confié aujourd'hui. »

En tous cas, l'Elysée « entend bien continuer à être l'interlocuteur privilégié et direct de celui qui oeuvrera dans quelques jours au présent et au futur de l'hyper Louvre », conclut Christine Coste dans le Journal des Arts.

Pour Libération, « Jean-Luc Martinez aura à réparer la relation avec la ministre de la Culture, dont il n'était pas le favori ».

Aurélie Filippetti s'est d'ailleurs félicitée publiquement de cette nomination, en soulignant notamment son parcours méritocratique. Elle ne pouvait pas vraiment faire autrement. On dit le président du Louvre plus puissant qu'un ministre.

> Retrouvez l'artcile consacré à la nomination de Jean-Luc Martinez comme PDG du Louvre

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