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Les collections sont plus belles au soleil

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“Bien qu’ayant été révoquée du musée Picasso en mai par l’ex-ministre de la Culture Aurélie Filippetti (ça avait été un des feuilletons de cette revue de presse la saison passée), Anne Baldassari va bien assurer l’exposition qui doit marquer la réouverture des lieux, prévue le 25 octobre , a-t-on pu lire dans Libération. Un accord a été signé [le 1er septembre] avec le ministère de la Culture sur ce compromis souhaité par Claude Picasso, le fils de l’artiste. Les deux parties ont signé une clause de confidentialité, ce qui n’a pas empêché des fuites dans la presse assurant qu’Anne Baldassari se verrait aussi confier la rédaction du catalogue des collections du musée, qui compte 5 000 œuvres. En revanche, rien n’a été dit des prétentions financières en jeu. L’exposition d’ouverture devrait présenter 500 tableaux accrochés dans l’hôtel Salé, fermé depuis 2009. Elle devrait durer quelques mois, avant que le nouveau directeur, Laurent Le Bon, ne puisse engager sa propre programmation.” Picasso toujours, puisque c’est dans sa ville natale, la très touristique Málaga, que le Centre Pompidou s’installera au printemps 2015 et pour cinq ans. “Cette fois, précise Martine Robert dans Les Echos , pas de chapiteau spécifique pour le Musée national d’art moderne, à l’instar du Pompidou mobile, ni de bâtiment nouveau réalisé par un architecte star, comme à Metz. Il va investir un édifice existant, El Cubo, mais aménagé spécialement pour lui sur le port de plaisance de la sixième ville d’Espagne. Objectif de son président, Alain Seban : « Expérimenter de nouvelles modalités de diffusion et de valorisation des collections. »” “De fait , écrit Claire Bommelaer dans Le Figaro , puisant dans ses innombrables réserves, l’établissement parisien a choisi d’envoyer en Andalousie des œuvres du XXe et XXIe siècle – dont des autoportraits de Francis Bacon ou de Frida Kahlo, un Masque de Calder, mais aussi Les Demoiselles d’Olmo de Baselitz ou une installation intrigante de Kader Attia. « A l’étranger, les centres Pompidou provisoires permettront d’établir de nouvelles connexions avec les scènes émergentes de l’art contemporain et de mieux faire rayonner la collection », calcule-t-il. Dans la foulée, Alain Seban admet que ces « prêts » de très longue durée représenteront, bon an, mal an, entre 1 et 1,5 millions d’euros de recettes pour l’établissement français. Le Centre poursuit donc un double but : mieux faire circuler ses collections et améliorer son ordinaire, forcément moins brillant qu’aux temps de l’argent facile.” “A terme , rapportent Harry Bellet et Florence Evin dans Le Monde , il s’agit d’ouvrir « au moins » trois centres Pompidou provisoires à l’étranger et en France, afin d’engranger 3 millions d’euros par an de redevances, autant que pour la dizaine d’expositions temporaires organisées chaque année, et qui mobilisent – lourdement – les équipes parisiennes. Pour l’heure, l’objectif est de réussir le premier, Málaga, la vitrine.” Pour Vincent Noce, dans Libération , “l’ouverture [de cette] antenne du centre Pompidou à Málaga relance le débat sur les initiatives prises dans le plus grand désordre par les musées français depuis une dizaine d’années pour exporter leurs trésors. […] Jusqu’alors, les prêts tenaient d’un consensus entre érudits, désireux de faire progresser la connaissance de l’art, chacun pouvant faire appel à la collection de l’autre. Aujourd’hui, nombre de foyers d’exposition n’ont pas de collection. Par-dessus tout, la tentation financière prime. Au contraire des grands musées américains, restés exemplaires, les musées français se montrent les plus effrénés. Le contrat de 1 milliard d’euros pour le Louvre Abou Dhabi a ouvert les vannes. Le musée Picasso a financé sa rénovation en louant ses chefs-d’œuvre. Orsay propose les siens pour 1 million d’euros. En quatorze ans, certains Manet, même fragiles, auront ainsi voyagé 14 ou 15 fois. La visée commerciale paraît claire quand il facture une expo à Venise 250 000 euros de plus s’il ajoute l’Olympia. Ces chiffres ont été révélés par le magazine en ligne La Tribune de l’art. Car la règle en France est de cacher ce seing qu’on ne saurait voir. Le centre Pompidou aussi , poursuit Vincent Noce dans Libération, a cédé aux expositions de ses œuvres à travers le monde, avec contrepartie financière. Mais il se montre conscient de la complexité du système et de ses limites. « Nous cherchons toujours à donner du sens à nos propres expositions hors les murs. Ce n’est pas le cas de tous les emprunteurs, regrette Alain Seban, qui sollicitent systématiquement les mêmes célébrités », Matisse, Picasso, Chagall et Miró. « Outre les risques courus par les œuvres, nombre de manifestations ont peu d’intérêt scientifique. C’est très frustrant. Pourquoi prêter des Matisse à des opérateurs qui n’ont pas de collection et vont eux-mêmes en tirer un bénéfice financier ? » Seban dit vouloir résister à « la location d’œuvres qui contrevient aux principes de déontologie fixés par l’Icom », le conseil international des musées. En même temps, 10 millions d’euros de subventions lui ont été retirés en cinq ans.” Ce qui rend la « résistance » difficile et la déontologie fluctuante, évidemment…

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