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Les enfants non, les Chinois oui !

5 min

La si disputée “réforme des rythmes scolaires, qui vise en particulier à libérer du temps pour développer l’éducation artistique et culturelle perturbe voire empêche la mise en œuvre d’« Ecole au cinéma », précieux outil d’éducation à l’image , nous informe Clarisse Fabre sur le site Internet du Monde . Le temps des ateliers de la réforme des rythmes scolaires ne dure généralement pas plus d’1h30, alors qu’une sortie au cinéma prend au moins deux heures. En théorie, les enseignants ne devraient pas emmener leurs élèves au cinéma en lieu et place d’une matinée de classe. C’est pourtant ce que font certains. Car ils n’ont guère d’autre choix, c’est ça ou rien : il est désormais difficile de trouver du temps disponible l’après-midi, du fait de la présence des nouveaux ateliers, deux fois par semaine. Les enseignants qui s’inscrivent dans le programme « Ecole au cinéma » s’engagent à se former un minimum. Généralement cette formation avait lieu le mercredi matin. Ce n’est plus possible aujourd’hui, puisqu’il y a classe désormais…”

Mais qu’importe, le marché d’avenir, pour le cinéma français, ce n’est pas le bambin, c’est le Chinois ! “Au printemps dernier, une délégation d’Unifrance, l’organisme chargé de promouvoir le cinéma français à l’étranger, se rend à Pékin, avec son nouveau président, le cinéaste Jean-Paul Salomé , raconte ainsi Aurélien Ferenczi dans Télérama. Du classique : rencontres avec des représentants de la société d’Etat China Film, et visite d’un multiplexe, le Lumière Pavilions, dans un centre commercial haut de gamme. « Surprise, c’était comme un petit MK2 Bibliothèque, raconte Jean-Paul Salomé, avec librairie, boutique de DVD, blockbusters chinois ou américains à l’affiche, mais aussi films taïwanais, et annonce de la diffusion d’un opéra… La directrice nous dit qu’elle n’a pas accès aux films français, mais qu’elle pourrait pourtant sortir un titre comme Amour , de Haneke. Et même sur quatre-vingt ou cent copies, puisque son cinéma appartient à un réseau ! » La réflexion prend forme. Le marché chinois est en pleine contradiction : trois mille nouveaux écrans chaque année, mais une lourde politique de quotas (juste soixante-dix films étrangers, dont quarante-cinq américains). Comment y placer des films français ? En leur proposant les bienfaits de notre « système » : « Ils commençaient à prendre des notes quand je leur ai dit que nous absorbions deux cents films américains par an tout en gardant une part de marché nationale importante », poursuit Salomé. En décembre, Alain Sussfeld, l’un des patrons d’UGC, accompagnera la délégation pour expliquer cette spécificité française – le multiplexe « de luxe », centre-ville et en VO. Le jour où tomberont les quotas, un public cinéphile, urbain, cultivé, formé via le piratage, sera là , parie Télérama. En Chine, on trouve les films de Benoît Jacquot ou d’Eric Rohmer en DVD illégaux…” Mais le plus simple, pour s’implanter en Asie, reste encore d’y tourner, à ses risques et périls. Didier Péron a ainsi observé dans Libération que “de nombreux cinéastes occidentaux se tournent vers l’Asie pour réaliser leur nouveau film. C’est notamment le cas de Luc Besson qui s’est rendu dans la capitale taïwanaise, Taipei, pour filmer quelques séquences de son thriller Lucy, avec Scarlett Johansson. […] Le tournage a été perturbé par des meutes de paparazzi chauffés à blanc qui voulaient absolument prendre l’actrice en photo. Des gazettes ont même annoncé que, dégoûtés, Besson et son équipe avaient quitté l’île faute de pouvoir y travailler dans de bonnes conditions. Information démentie quelques jours plus tard. […] Le 17 octobre, The Hollywood Reporter rapportait qu’un type sous l’emprise de stupéfiants avait attaqué le réalisateur Michael Bay lors du premier jour de tournage à Hongkong de Transformers 4. Apparemment, estimant qu’il n’avait pas été assez dédommagé par la production du blockbuster, ce voisin du tournage s’est précipité sur Bay en essayant de le frapper « avec un climatiseur » (?!), dixit la victime sur son blog perso michael-bay.com. Il n’a pas été blessé, mais le fou furieux a dû être ceinturé par une quinzaine de policiers. Hormis ce petit incident comique, Bay est comme chez lui à Hongkong et ailleurs en Chine, Transformers 3 y ayant engrangé 165 millions de dollars. Bay a inclus dans son casting la pop-star Han Geng, un Justin Timberlake chinois qui vend des millions de disques après une première carrière retentissante au sein du groupe sud-coréen Super Junior. La Paramount s’est associée avec China Movie Channel, compagnie liée au gouvernement chinois. Les studios américains cherchent des moyens de contourner la règle des quotas. Les coproductions sont donc amenées à se développer, d’autant plus qu’elles sont rémunératrices, le studio récoltant dans ce cas 43% des profits engrangés contre seulement 25% lorsqu’il s’agit d’un simple deal de distribution. […] En mai, le site BuzzFeed titrait « Comment l’obsession chinoise d’Hollywood pourrait changer les films à tout jamais », rappelant que si ce marché est promis à devenir le premier au monde en termes de fréquentation et de revenus à l’horizon 2020, les coupes et modifications réclamées par la censure demeurent (comme Quentin Tarantino a pu en faire l’expérience avec certaines scènes de son Django Unchained).” C’est toujours mieux que le sort réservé aux cinéastes nationaux, comme Jia Zhangke, dont la sortie en Chine de son A Touch of Sin , primé à Cannes, a été repoussée, nous apprend le correspondant à Pékin de Libération , Philippe Grangereau, nous en reparlerons la semaine prochaine…

On ne doute pas que c’est pour protéger le jeune public, et lui permettre d’aller au cinéma… En dehors des heures de cours, bien entendu !

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