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Les mille facettes du Cirque (par Seham Boutata)

6 min

Ce soir je voudrais vous parler de Bozo le clown, des contorsionnistes chinoises, des jongleurs, des trapézistes et acrobates, et oui vous l’aurez compris, mon cher Antoine, je vais vous parler de cet art méprisé et mal connu : le cirque…

Vous vous rendez compte, qu’il faut attendre 1995 pour que le premier spectacle de cirque contemporain fasse son entrée au Festival d’Avignon (créé je vous le rappelle en 1947). C’était Le cri du caméléon mis en scène et chorégraphié par Josef Nadj… Le Centre National des Arts du Cirque (dit CNAC) fêtait alors son dixième anniversaire….

Pourtant -- cet art se cherche et se réinvente depuis que sa popularité décline dans les années 60 : on distingue alors le cirque contemporain du cirque traditionnel…

Mais alors que dire du cirque contemporain ? Me direz-vous… eh bien figurez-vous que c’est un art un peu hybride, un mutant du spectacle vivant, qui n’a plus rien à voir avec son géniteur-- le cirque traditionnel…

Le cirque contemporain combine plusieurs genres artistiques : danse, théâtre, musique, marionnette ou encore vidéo…car le cirque contemporain vit -- dans son temps…

Si je vous dis James Thiérré ? Vous me répondez petit fils de Charlie Chaplin... Et si je vous dis le cirque invisible ou si je vous parle de ses cousines canadiennes : le cirque du soleil, le cirque Eloize et les 7 doigts de la main ?

Vous me dites bien sûr …. Les cirques d’aujourd’hui…

Plus qu’une série de numéros, ces cirques offrent de véritables spectacles mis en scène et chorégraphiés …. Et ils s’invitent un peu partout !

Depuis le festival de danse de Birmingham jusqu’à l’île Seguin à -- Boulogne-Billancourt près de Paris.

Cette année, par exemple, la troupe Circolombia était à l’honneur au festival de Birmingham comme s’en étonne d’ailleurs, le critique du Figaro, François Délétraz, avant de nous rassurer aussitôt en précisant que cette compagnie « marie avec maestria art chorégraphique et art de la piste dans une alliance parfaite d’équilibristes et de gestuelles harmonieuses ».

Leur spectacle, «Urban », travaille en effet « sur des rythmes puissants de rap ou de reggaeton souvent chantés en live. De (fausses) bagarres qui se terminent en exercice périlleux d’acrobatie, deux « poètes de la rue » les Casiera, sur une corde dynamique qui semble marcher dans les airs. Sans oublier le duo féminin, Angela et Julia, aussi à l’aise au trapèze qu’au lasso ! Tatouée ou à casquette, la distribution a des allures de gang échappé d’un West Side Story latino » nous raconte Philippe Noisette dans le dernier numéro de Paris-Match.

Marginal et mal considéré le cirque contemporain manque encore d’un événement bien à lui pour se faire connaître du grand public. C’est pourquoi il est bien souvent associé à une autre discipline, et le plus souvent, la danse l’autre parent pauvre du spectacle vivant. Comme c’était le cas à la Villette jusqu’à ce we avec le Festival Hautes Tensions, qui associait le cirque au hip hop

Associée à de la danse donc, et à de la danse urbaine qui plus est, parent super pauvre du spectacle vivant !

Autre caractéristique du cirque contemporain, il se joue de moins en moins sous chapiteaux, et quand ce n’est pas la Rolls Royce du cirque, dans des endroits atypiques tels que la grande Halle de la Villette ou l’île Seguin.

Anciennes friches industrielles, bastions de la culture populaire, ces lieux en voie de réhabilitation, sont donc parfaits pour accueillir les enfants des favellas de la troupe Circolombia.

Comme nous le rappelle Philippe Noisette « A l’origine de Circolombia, il y a en effet la fondation Circo Para Todos, projet d’enseignement pour les enfants défavorisés de Cali. Une école professionnelle qui sert de réservoir de talent pour les créations de Circolombia, tel ce Urban, qui a vu le jour à Londres avant d’entamer une tournée internationale . »

Et son confrère François Délétraz du Figaro d’ajouter : « Circo Para Todos est une école de spectacle, pour tenter de sauver les enfants des misères et des dangers de la rue. Depuis sa création en 1995, Circo Para Todos a permis à la plupart des 200 élèves qui en sont sortis au terme de quatre ans d’étude de poursuivre des parcours professionnels éloquents »

Hip hop, rap, reggaeton, battles : tout pour attirer un public plus large et en particulier les djeuns, qui rechignent habituellement à aller au cirque… C’est Yves Jaeglé qui nous le confirme dans le Parisien daté du 20 avril « les ados découvriront un cirque lointain qui ne sent pas la sciure mais la sueur, porté par la révolte adolescente »

Si voir du cirque n’emporte pas encore les foules, sa pratique attire de plus en plus de jeunes au point que cette discipline s’inscrit maintenant au Bac, au même titre que danse, musique ou arts plastiques… Est-ce un pas de plus vers la reconnaissance de cet art ?

« Il y a un très fort engouement pour le cirque », nous explique le lycée Robert-Doisneau de Vaulx en Vlin dans 20 minutes « car il permet de révéler les compétences de certains élèves, qu’on ne verrait pas devant un tableau ou dans un cours traditionnel. Ils peuvent ainsi s’exprimer et être reconnu différemment »

Attention cependant, à ces propos ambivalents, qui hésitent entre donner au cirque ses lettres de noblesse ou en faire une voie de garage pour élèves en difficulté…

En tout cas, force est de constater, au lendemain des résultats présidentiels du premier tour, que le cirque d’hiver a reçu lui… un candidat arrivé en tête !

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