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Nouvelles du front

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Quelques nouvelles du front. Du front social, pour commencer. “Avant d’avoir leur convention collective, les techniciens du cinéma vont devoir attendre encore quelques mois , nous informe Clarisse Fabre dans Le Monde : signée en janvier 2012 par diverses organisations syndicales (SNTPCT, Spiac-CGT…) et par un syndicat de producteurs réunis dans l’API (Pathé, Gaumont) (je vous en parlais il y a deux semaines), la convention collective de la production cinématographique n’a pas été « étendue » par le ministère du travail, lundi 28 janvier, et a été renvoyée à une commission ultérieure. Le texte a en effet suscité l’opposition de diverses confédérations (CFDT, Medef…) Il est aussi critiqué par les producteurs indépendants (SPI, APC…), qui dénoncent des minima sociaux trop élevés, susceptibles de porter atteinte aux films fragiles. Les signataires du texte répliquent que la convention prévoit justement une clause dérogatoire, pour les films de moins de 2,5 millions d’euros. La balle est dans leur camp : ils sont chargés de remettre une étude d’impact au ministère du travail, le 15 avril, laquelle devra préciser les contours de cette dérogation.” A suivre, donc…

Sur le front américano-iranien, “pour contrer Argo, de Ben Affleck, l’Iran s’apprête à financer un long-métrage intitulé Setad moshtarak, qui donnera sa version de la prise d’otages des diplomates américains à Téhéran en 1979 , nous apprend une brève de TéléObs. Argo est interdit dans ce pays, où des copies pirates circulent pourtant.

Sur le front stellaire, c’est finalement à J.J. Abrams, le réalisateur de Star Trek et créateur de Lost , que Disney a décidé de confier le septième épisode de la saga Star Wars , lit-on dans Libération , qui cite George Lucas : « C’est vraiment le choix idéal pour réaliser le nouveau Star Wars, notre héritage ne pourrait être en de meilleures mains. »

“Le pilote de l’ Enterprise à la barre de Star Wars ? , s’interroge pourtant Marius Chapuis, toujours dans Libération. La proposition, sur le papier, a quelque chose d’aussi hérétique que de voir Paul McCartney rejoindre les Rolling Stones. Pourtant Disney, nouveau propriétaire des franchises Lucasfilms, n’a pas hésité à défier les lois de la pop culture en confiant les rênes du futur Episode VII à J.J. Abrams, réalisateur en charge du renouveau de Star Trek depuis 2008. Pour Mickey, ce choix d’un petit pape geek assure un semblant de crédibilité auprès des fans de La Guerre des étoiles, qui craignaient le pire en voyant grossir la liste (plus ou moins fantasmée) des réalisateurs pressentis pour succéder à George Lucas : David Fincher, Brad Bird, J.J. Abrams (qui avait décliné avant de se raviser)…

C’est que l’homme a sérieusement dépoussiéré les séries télé avec Lost, explosant la narration traditionnelle à coup de flash-forward et de cliffhangers permanents. Abrams est parvenu à imposer une mythologie complexe dans ce qui ne semblait être qu’une série fantasmatique aux relents de Koh-Lanta. Tour de force réalisé sur un des grands networks américains, d’habitude bien plus timorés que les chaînes câblées façon HBO. Ce succès lui a assuré le double statut de référence geek et de mogul hollywoodien, le producteur Abrams fournissant quasiment une nouvelle série par rentrée automnale. Au risque de se caricaturer.

Dans Fringe, série fantastique qui vient de se conclure, Abrams a aussi montré son goût pour les univers foisonnants, jonglant entre Frankenstein, la théorie des cordes et le psychédélisme. De quoi rassurer avant de s’attaquer à l’univers ultra-dense de Star Wars. D’autant que l’homme bénéficie de l’appellation d’origine contrôlée « Steven Spielberg », qui a produit son second long métrage, le très eighties Super 8.

En confiant cette gigantesque machinerie à Abrams, Disney confirme la surenchère qui s’annonce pour 2015 : Mickey dispose d’une autre cartouche pour écraser l’été, Avengers 2, l’équipe de justiciers Marvel (autre récente acquisition de Disney) rempilant avec l’objectif de faire aussi bien que l’énorme carton du premier épisode.

Dans la crèmerie d’en face, c’est toute une équipe de super-héros que Warner Bros met sur pied : la mythique Justice League de DC Comics, composée de Batman, Superman, Wonder Woman, Green Lantern et autre Flash. Un apogée de la culture geek avant overdose ?” , s’interroge pour conclure le geekologue en chef de Libération .

On imagine que parmi les centaines de cinémas qui programmeront le nouveau Star Wars , il y aura le Pathé Wepler, à Paris. Sera-t-il dans la salle « Pathé » ? Dans cette salle, nous apprend Laurence Le Saux dans Télérama , “des hôtesses attendent les spectateurs. Pour proposer des esquimaux ? Non, elles ne s’intéressent qu’aux détenteurs de places « premium ». Pour deux euros de plus, ces derniers bénéficient de fauteuils numérotés, plus confortables. Les autres sont relégués sur les côtés et aux premiers rangs. Le circuit vante un équipement rare : un haut standard d’image numérique (4K et HFR) et un son Dolby Atmos. En attendant de pouvoir en profiter – seul The Hobbit a été tourné et mixé selon ces procédés –, le cinéphile se sent pris en otage. Le voilà forcé de payer plus ou bien d’arriver en avance pour être le moins mal loti des spectateurs de seconde zone.”

De quoi ouvrir un nouveau front, cette fois à l’intérieur même des salles : la guerre pour la meilleure place…

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