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Pendant le rapport, les affaires continuent

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“Quatre cinémas suédois, soutenus par l’Institut national de cinéma, on décidé d’appliquer le test de Bechdel aux films projetés et de les classifier, comme on le fait pour la violence et le sexe , nous apprend une brève de Libération . Inventé par la dessinatrice Alison Bechdel en 1985 dans sa BD Lesbiennes à suivre, ce test vérifie, entre autres, si le scénario met en scène deux personnages féminins de premier plan qui parlent ensemble d’autre chose que d’un homme. Inutile de préciser que la plupart des grands succès ( La Guerre des étoiles, The Social Network, Pulp Fiction et tous les Harry Potter sauf un) échouent. Même s’il ne dit rien de la qualité de la toile ou de sa gender­-compatibilité, le test a, selon Ellen Tejle, la gérante de Bio Rio, une salle d’art et d’essai de Stockholm, le mérite d’ouvrir les yeux du public, qui se rend compte que le sexisme au cinéma n’est que peu questionné, voire considéré comme normal.. La chaîne de télé câblée scandinave Viasat Film suivra cette initiative le 17 novembre en programmant une journée « classée A », avec uniquement des films ayant réussi le test.”

Il est à parier, indépendamment de ce qu’on pense du film, que la Vie d’Adèle passerait brillamment l’épreuve de ce test. Ce qui n’empêche pas Abdellatif Kechiche de continuer à faire parler de lui. “En Roumanie, où le film est actuellement présenté, le réalisateur franco-tunisien a fustigé le « paternalisme » du dispositif français, qui entrave la liberté de création et contraint le réalisateur « à accompagner son pauvre film, en essayant de sauver les meubles », lit-on dans une brève de La Croix . Invoquant le modèle américain, le cinéaste s’est posé « la question de l’implication de l’Etat dans le financement des films ». Cette nouvelle charge intervient , précise le quotidien, après celle de Vincent Maraval (de Wild Bunch, producteur de La Vie d’Adèle) à la fin de l’année dernière et celle du cinéaste François Dupeyron, le mois dernier.”

D’ailleurs, “rebondissant sur la polémique lancée par le producteur Vincent Maraval sur le coût – trop élevé – du cinéma français, les Rencontres cinématographiques de Dijon ont enfoncé le clou avec une table ronde intitulée : « A-t-on le droit de parler de transparence et de rentabilité dans le cinéma ? », rapporte Le Nouvel Observateur. La question est complexe car comment évalue-t-on, par exemple, la rentabilité d’un film pour Canal ? En outre, les données sur les ventes à l’export sont très lacunaires. Un rapport devait être rendu avant l’été mais, réalisé par le cabinet de conseil Greenwich Consulting, il n’a pas été jugé pertinent et le CNC – à la fois juge et partie – a pris le dossier en main. En tout cas, estime René Bonnell, qui fera prochainement des propositions à la demande de la ministre de la culture : « Cela ne s’est pas calmé du côté des cachets des comédiens, pendant le rapport, les affaires continuent… »

Et prospèrent, pour certains lobbies du cinéma. Comment les salles de cinéma ont-elles réussi à échapper à la hausse prévue de TVA au 1er janvier ? “Au lieu de 10%, celle-ci redescendra à 5,5% (contre 7% actuellement).” Le Point révèle que “les grands circuits (UGC, Pathé-Gaumont, MK2…) ont fait reculer le gouvernement en menaçant de diffuser dans les salles obscures un film de propagande expliquant que la hausse des tickets de cinéma était le fait des « méchants gouvernants ». Une technique déjà éprouvée dans les années 80.”

D’autres sont moins directs, mais tout aussi malins, pour défendre leur crèmerie. “Qu’est-ce qui a poussé Luc Besson à réaliser lui-même Malavita, petite comédie policière plus proche du niveau de Taxi et Wasabi que du Cinquième Elément et d’ Adèle Blanc-Sec ? , s’interroge ainsi Guillaume Loison dans CinéTéléObs. Le fondateur d’EuropaCorp assure que Robert de Niro l’aurait incité à prendre les commandes du film, lui-même ne souhaitant à l’origine n’en être que le producteur. On lance une autre hypothèse , se hasarde le journaliste : et si l’attelage prestigieux Besson-De Niro n’était qu’une formidable réclame destinée à vanter les mérites de la Cité du Cinéma du French nabab, gigantesque pôle dédié au septième art situé à Saint-Denis, inauguré en septembre 2012 ? Dans le dossier de presse de Malavita, Luc Besson ne manque pas de glisser un petit couplet émerveillant à l’adresse de sa nouvelle structure : « C’est extrêmement pratique et cela ressemble à un studio américain […], c’est très fonctionnel car tout est réuni au même endroit – les bureaux, les décors, les salles de montage, les labos, etc. Du coup, on ne perd pas de temps. C’est un rêve, pour un cinéaste, de travailler dans de telles conditions et les plateaux sont flambant neufs. C’est vraiment fantastique. » Quoi de mieux alors pour faire découvrir les potentialités d’un tel paradis qu’un film réalisé par le propriétaire des lieux, avec suffisamment d’action, d’effets spéciaux, de scènes d’intérieurs et de stars internationales, pour séduire vedettes, décideurs et grand public des deux côtés de l’Atlantique ? Vu sous cet angle, Malavita est sans doute le film le plus ambitieux de Luc Besson.”

Voilà qui pourra sans doute intéresser John McTiernan. Sandra Benedetti nous apprend en effet dans L’Express que “le réalisateur, qui purge une peine d’un an de prison depuis le 3 avril 2013, à Yankton (Dakota), pour parjure à la cour et mensonges au FBI, termine l’écriture d’un film d’aventures, qui devrait se dérouler, en partie, en France, et d’un livre conçu comme un journal intime, qui décrit l’engrenage judiciaire dans lequel l’auteur de Piège de cristal est tombé depuis sept ans, l’impact sur sa carrière, son quotidien de détenu, l’industrialisation des établissements pénitentiaires aux Etats-Unis et les failles de la justice américaine. Un brûlot qu’il compte intituler L’Archipel Nixon et qu’il souhaite d’abord publier en France. La cour d’appel doit revoir l’affaire McTiernan en janvier 2014.” On lui souhaite le meilleur…

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