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Questions sur la succession d'Henri Loyrette au Louvre

7 min

“Quelles seront les prochaines fonctions d’Henri Loyrette et quel sera le nom du prochain président-directeur général du Louvre ?” Ce sont les deux questions que se pose Christine Coste dans Le Journal des Arts , et que tout le monde s’est “immédiatement posées après l’annonce surprise par communiqué du musée, du 17 décembre dernier, qu’Henri Loyrette n’était pas candidat à sa propre succession. Il est fort probable qu’il faudra attendre la conférence de presse, prévue début mars, et au cours de laquelle il « présentera un bilan détaillé de ses douze années passées à la tête du musée » pour en savoir davantage sur le devenir de la carrière du patron du plus grand musée du monde qui, par « choix personnel », et non par demande du gouvernement, « souhaite se consacrer à de nouvelles activités et laisser le Louvre ouvrir une nouvelle page de son histoire ». A moins qu’il ne préfère attendre que le ministère de la Culture et de la Communication annonce le nom de son successeur pour dévoiler à son tour ses nouvelles fonctions, auxquelles la présidence de la République a réfléchi dès qu’elle fut informée par Henri Loyrette – elle le fut avant Aurélie Filippetti – de sa décision de ne pas être candidat à un cinquième mandat. D’autant que le président-directeur du Louvre n’a pas caché, lors de son entretien à l’Elysée, que des offres à l’étranger lui ont été proposées. A l’Elysée comme à Matignon, on confie qu’ « eu égard à son rang, un poste d’ambassadeur ou dans un grand corps de l’Etat lui sera proposé ». Et chacun d’affirmer que « l’Etat ne doit en aucun cas le laisser partir », tandis qu’Aurélie Filippetti dans un communiqué diffusé le mercredi 9 décembre en fin de journée – et relativement tardif, note avec un rien de perfidie la journaliste du Journal des Arts , le ministère se montrant bien plus prompt lors du passage à trépas d’une personnalité du monde culturel – saluait « l’action remarquable d’Henri Loyrette à la tête du Musée du Louvre ».

Au-delà du panache et du coup d’éclat de sa décision, Henri Loyrette se retirera en effet à 60 ans après une année 2012 particulièrement fastueuse (inauguration des nouveaux espaces des arts de l’Islam et du Louvre-Lens, signature d’un nouveau partenariat de cinq ans avec les musées des beaux-arts de San Francisco) et un nouveau record historique de fréquentation du Louvre avec près de 10 millions de visiteurs contre 8,8 millions en 2011. Son mandat se clôturera fin avril avec l’ouverture le 28 mars prochain au Louvre de l’exposition De l’Allemagne, 1800-1939, dont il assure le commissariat général avec Andreas Beyer, directeur du Centre allemand d’histoire de l’art de Paris. Il reste qu’en quittant l’institution qu’il a engagée dans un déploiement sans précédent et ramenée à son universalité fondatrice, Henri Loyrette laisse effectivement « le Louvre écrire une nouvelle page de son histoire » et à son prochain président-directeur général – obligatoirement un conservateur, comme le stipulent les textes de l’établissement public – la délicate mission de poursuivre ses ambitions, notamment en ce qui concerne le Louvre Abou Dhabi, dont l’ouverture est prévue en 2015.

On peut deviner que l’homme ou la femme qui succèdera à Henri Loyrette, devenu en douze ans une des personnalités les plus influentes et les plus redoutées de l’art, aura été adoubé, voire suggéré par ses soins. Tout comme lui-même, ancien directeur du Musée d’Orsay de 1994 à 2001, le fut par Pierre Rosenberg, son prédécesseur au Louvre, et Pierre Rosenberg par Michel Laclotte, premier directeur du Louvre. Il ou elle devra faire face à un budget en baisse de l’ordre de 2,5% avec un prélèvement envisagé sur son fonds de roulement de 36 millions sur trois ans, conduisant à une programmation à la voilure diminuée et à un rééchelonnement du calendrier prévu pour le réaménagement du hall d’accueil sous la Pyramide qui devrait répondre à la hausse de fréquentation du musée (j’en avais parlé ici il y a un mois). La question de l’extension du Louvre dans l’hôtel de la Marine reste, quant à elle, conditionnée par un départ de la Marine à Balard, de même que la création de réserves à Cergy-Pontoise pour délocaliser celles du musée en partie en zone inondable demeure en suspens depuis l’abandon partiel par le ministère de la Culture de ce projet. Ministère qui aimerait bien reprendre la main sur une institution qui lui a échappé tout en sachant le rôle de l’Elysée sur cette question” , croit savoir pour conclure Christine Coste dans Le Journal des Arts .

Qui, donc, pour prendre la succession d’Henri Loyrette en avril à la tête du Louvre ? “Selon les statuts du musée, il ne doit pas obligatoirement être de nationalité française, ce qui ouvre un peu le jeu , précise Claire Bommelaer dans Le Figaro . Outre ses compétences scientifiques, il devra aussi savoir être gestionnaire, et se prévaloir d’un réseau international. Car diriger un musée comme le Louvre aujourd’hui réclame des qualités de manager et un profil reconnu dans le monde entier : Henri Loyrette passait une bonne partie de son temps à l’étranger, à la recherche de mécènes et pour négocier des prêts d’œuvres. A tel point qu’il venait de recevoir le grand prix du rayonnement français au Quai d’Orsay.”

A défaut de certitudes, une brève de L’Express fait un état des lieux des rumeurs. “Aux prétendants internes (Vincent Pomarède, du département des Peintures, et Jean-Luc Martinez, des Antiquités grecques, étrusques et romaines) s’ajoutent les noms de Laurent Le Bon (Centre Pompidou-Metz), Michel Hilaire (musée Fabre de Montellier) ou Sylvie Ramond (musée des Beaux-Arts de Lyon). Circule aussi celui de Guy Cogeval, président du musée d’Orsay, dont les fonctions prendront fin simultanément, mais qui, lui, souhaiterait être reconduit à son poste.”

Les paris sont ouverts…

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