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Retraites

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“Révélée grâce à Marguerite Duras et son Hiroshima mon amour en 1959, Emmanuelle Riva retrouvera un texte de l’écrivain, en février au Théâtre de l’Atelier , nous apprend Le Parisien . L’actrice de 86 ans, qui n’avait pas fait de scène depuis douze ans, reprendra avec Anne Consigny Savannah Bay, une pièce créée par Duras en 1983, remontée par Didier Bezace dans le cadre d’un cycle consacré à l’auteur. Emmanuelle Riva confirme son retour après le triomphe d’ Amour, qui lui a valu un César et une nomination aux Oscars.” Son partenaire dans la Palme d’or 2012 tire en revanche sa révérence. Lundi dernier, Jean-Louis Trintignant a en effet annoncé au quotidien Nice Matin qu’il mettra fin à sa carrière théâtrale avec les représentations, début octobre, au nouveau théâtre Anthéa d’Antibes et au Théâtre de Vannes, de son spectacle Trois poètes libertaires du XXe siècle , dans lequel il interprète des poèmes de Boris Vian, Robert Desnos et Jacques Prévert. “L’acteur, qui aura 83 ans le 11 décembre, précise Fabienne Darge dans Le Monde , a annoncé qu’il s’arrêterait là, aussi bien pour le théâtre que pour le cinéma, et qu’il n’avait accepté de sortir de sa retraite cinématographique qu’à titre tout à fait exceptionnel pour tourner chez Michael Haneke.”

Et c’est une histoire, non d’Amour , mais bien de retraite, qui secoue depuis quelques jours le petit milieu du théâtre public parisien. Mardi dernier, Armelle Héliot et Etienne Sorin rappellent dans un article du Figaro titré « Dérapages incontrôlés au Théâtre de la Ville » que lorsqu’a été remercié “Patrick Gufflet, à la tête du Théâtre Paris-Villette depuis plus de vingt-cinq ans et déclaré mauvais gestionnaire en 2012 par Bruno Julliard, adjoint à la culture, [ce dernier] justifiait ainsi sa décision : « Nous sommes redevables envers les Parisiens des deniers publics dépensés. » Une éthique partagée par la chambre régionale des comptes d’Ile-de-France, si l’on en croit un rapport d’étape concernant une autre salle municipale, et non des moindres. « La gouvernance du Théâtre de la Ville n’est pas celle d’une grande institution culturelle », indique-t-il clairement. Le constat est accablant, pour Le Figaro . Ce rapport d’étape porte sur les exercices de 2006 et suivants, ceux de Gérard Violette, directeur de 1985 à 2008, et de son successeur, Emmanuel Demarcy-Mota. Et l’étude soulève, en effet, de nombreuses irrégularités.”

Parmi celles-ci, “lors de son départ à la retraite, en plus des indemnités prévues par la convention collective, Violette aurait touché une gratification d’un montant de 98 056 euros. La chambre s’interroge aussi sur une autre prime exceptionnelle « décidée dans des conditions peu transparentes et calculée sur des bases parfaitement indéterminées de 75 000 euros bruts, versée sur 2007 et 2008 » et dont il fut bénéficiaire. Un cadeau du maire de Paris ?” , insinuent les journalistes, qui pointent encore un dépassement de la prime d’ancienneté accordé « à certains collaborateurs » la toute-puissance de son directeur au détriment du conseil d’administration de l’association (alors que ce théâtre est dépendant à 80% des subventions de la Ville, à hauteur de 10,5 millions d’euros) la nomination, sans consultation, d’Emmanuel Demarcy-Mota la stipulation dans son contrat que celui-ci ne peut diriger d’autres institutions culturelles, alors qu’il est notamment depuis 2012 à la tête du Festival d’automne...

Contrefeu dès le lendemain dans Le Monde , sous la plume de Laurent Carpentier, pour qui “la campagne électorale pour les municipales à Paris est ouverte. […] Les attaqués , relaie-t-il, se défendent, aujourd’hui, point par point en dénonçant une lecture à charge pleine de « contrevérités » : l’actuel directeur a bien été choisi parmi trois candidats la subvention de la Ville ne correspond pas aux 80% indiqués mais à 64% aujourd’hui quant à la prime octroyée à Gérard Violette, Bertrand Delanoë indique dans un droit de réponse qu’il a adressé au directeur du Figaro que « le terme illégal n’est pas employé par la chambre régionale des comptes », et en explique le calcul. Mais le fait est que le coup est parti. Et derrière le théâtre, estime Le Monde , c’est bien l’Hôtel de Ville qui est visé. « Une instrumentalisation grotesque », s’agace Bruno Julliard. « Moi je ne fais que découvrir l’article du Figaro et je m’interroge […] », rétorque benoîtement Jean-François Legaret, maire UMP du 1er arrondissement, qui a lancé la charge à peine l’article publié.

En attendant, ce sont les salariés du Théâtre de la Ville qui paient le prix de la polémique. Du standard à la technique, les 115 salariés racontent leur émoi. « On a eu l’impression d’être jetés en pâture », dit l’une. « C’est traumatisant. Pas un mot pour dire du bien de notre travail », s’insurge un autre. « L’article est très pervers, remarque avec émotion Anne-Marie Bigorne, la secrétaire générale, 35 ans de maison, trois directions. En écrivant que seulement “certains” ont bénéficié des primes d’ancienneté alors que la mesure s’est appliquée à tout le monde, il jette le discrédit sur nous. » Emmanuel Demarcy-Mota a pris le premier avion pour revenir de Lisbonne et réuni immédiatement le personnel : « C’est une maison fragile qui n’avait pas besoin de ça. » Pour lui, « l’affaire ne fait que commencer ». Il affirme qu’il se battra pied à pied si on persiste à vouloir attaquer sa maison : « Je suis un enfant de la “révolution des œillets” : faut pas me la faire ! ». Anne Hidalgo et Nathalie Kosciusko-Morizet , précise Le Monde , restent pour l’instant prudemment en retrait.”

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