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Sauvetage d'institutions, dégradation d'épaves

5 min

On commence par un codicille à la revue de presse de mercredi dernier, qui narrait la mauvaise passe budgétaire traversée par le Pompidou messin, et les inquiétudes quant à son avenir. Eh bien, nous apprend Le Monde , “l es collectivités contribuant au financement du Centre Pompidou-Metz sont [finalement] parvenues à s'entendre pour boucler le budget 2015 de cette vitrine de l'art contemporain en Lorraine, aux difficultés financières chroniques, selon un communiqué publié le 15 janvier. Le conseil d'administration du Centre a adopté « à l'unanimité » son budget 2015, ce qui permettra de déployer « une programmation ambitieuse et attractive », a annoncé le Centre Pompidou de Paris. En décembre 2014, je l’avais raconté la semaine dernière, un premier vote du budget avait été reporté, le Beaubourg lorrain s'étant retrouvé avec un trou d'un million d'euros après la décision du conseil régional de Lorraine de baisser dès 2014 sa contribution annuelle de 4 millions à 3 millions d'euros, et les réticences des autres collectivités à s'engager davantage.” Autre bonne nouvelle, rapportée fin décembre par Vincent Noce dans Libération , “le musée de Detroit est sauvé. Le 10 décembre, la ville est sortie du redressement judiciaire qui lui a été imposé il y a un an et demi pour défaut de paiement d’une dette de 14 milliards d’euros. « Le même jour, à 14h15, nous avons ouvert notre propre procédure pour modifier le statut du musée afin de le protéger définitivement », indique [à Libération] son directeur, Graham Beal. De passage en France, pour une réunion de l’association franco-américaine des musées Frame, il confie [à Vincent Noce] « son soulagement de clore la pire période de sa vie : après quatre-vingt-quinze ans passés comme musée municipal, le Detroit Institute of Art va devenir fondation, si bien qu’il ne pourra plus être affecté par les ennuis de la municipalité ». Depuis deux ans, les Américains se sont mobilisés pour éviter le sacrifice d’une collection publique. « Des sondages, souligne Graham Beal, ont montré que, pour une majorité d’habitants, le musée avait plus d’importance que les pensions de retraite », dont la ville ne pouvait plus assurer le versement. La fréquentation est montée à un record de 785 000 visiteurs. Son budget de fonctionnement est désormais assuré par trois comtés voisins (Oakland, Macomb, Wayne), qui ont décidé par référendum en 2012 d’augmenter leurs taxes en conséquence. Dans le même temps, le musée s’est engagé à assurer son propre financement. En tout, d’ici 2022, il lui faudra trouver près de 300 millions d’euros. Un sérieux pari, alors qu’il a déjà levé 110 millions pour sa rénovation récemment. Mais Graham Beal reste optimiste : « Nous avons déjà couvert 90% d’une première tranche » de 80 millions, destinée à renflouer les caisses de retraite, grâce à des aides allant de la Fondation Ford de New York à la Knight Foundation de Miami. Le Michigan a proposé de contribuer. « Ces derniers mois ont été un cauchemar. La ville n’avait qu’une seule richesse : notre collection d’art. D’où l’idée que, en la dispersant, on aurait pu la sauver de la faillite », se désole Graham Beal. Formé à partir d’un petit cercle de donateurs, cet ensemble de quelque 60 000 pièces est devenu la plus belle collection municipale aux Etats-Unis, plaçant son musée parmi la demi-douzaine des plus importants aux côtés de ceux de New York, Philadelphie ou Boston. L’administrateur judiciaire l’a évaluée autour de 3,8 milliards d’euros, avant de reconnaître qu’il était impossible de vendre les œuvres provenant de dons et legs. Restait la fraction acquise grâce aux subventions municipales. Ces 2 773 tableaux et sculptures, estimés par Christie’s à un demi-milliard d’euros, comptent des icônes comme un autoportrait de Van Gogh, le premier tableau de l’artiste acquis par un musée américain, la Visitation de Rembrandt, une Fenêtre de 1916 de Matisse ou une grande Fête de mariage de Pieter Bruegel l’Ancien. Une vente aurait de facto entraîné la fermeture du musée, qui aurait perdu la confiance des donateurs, des trois comtés et des musées américains, qui refusent toute collaboration à des institutions vendant des œuvres pour combler un trou. Désormais, Graham Beal porte toute son attention à son exposition prévue en mars sur Diego Rivera et sa compagne Frida Kahlo. Tout un symbole , estime Libération : le muraliste a été invité en 1932 à décorer un hall du musée par la famille propriétaire des usines Ford. Cette ode au travail d’un artiste communiste venu du Mexique, avec ses nudités à la poitrine plantureuse, fit alors scandale.” Comme fait scandale, à plus petite échelle, une plainte de la marine nationale contre un artiste de rue. “Les peintures du plasticien Paul Bloas sont-elles des œuvres d'art ou des actes de vandalisme ? , s’interroge Le Monde. Durant l'été 2014, ce Breton de 53 ans a collé une vingtaine de ses créations sur les flancs de six anciens navires de guerre amarrés dans le cimetière marin de Landévennec, en rade de Brest. Ces collages représentant des personnages de grande taille réalisés à partir de papier journal n'ont pas été du goût de la marine nationale, qui a porté plainte contre leur auteur pour « dégradation d'épaves ». Lundi 5 janvier, Paul Boas s'est vu signifier un rappel à la loi par le tribunal d'instance de Brest. S'il poursuit son travail sans accord avec la marine, il risque la correctionnelle. La sanction a suscité l'indignation de l'association de protection de l'environnement marin Mor Glaz, qui s'interroge sur le fondement de la plainte alors que les épaves de Landévennec, affirment ses responsables, « polluent depuis des décennies » la zone en question. De son côté, la préfecture maritime de l'Atlantique a indiqué à l'AFP que le travail de l'artiste sur les épaves posait des problèmes de sécurité.” Encore un artiste irresponsable…

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