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Sexe à l'index et sac sur la tête

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« Tant que je dirigerai le Centre national du cinéma, il n’y aura pas de censure sur les films diffusés en salles. » Cette déclaration vertueuse, rapportée par Marianne , n’est pas de Frédérique Bredin, la présidente de notre CNC, mais de son homologue roumain, Mihai Kogalniceanu, à la suite de l’interdiction de Nymphomaniac 2 dans son pays, qu’il a fait annuler. Et en France ? “Le deuxième volume de Nymph()maniac est désormais interdit aux mineurs , nous apprend Isabelle Régnier sur lemonde.fr. Il rejoint ainsi le club très fermé des films interdits aux moins de 18 ans mais autorisés à être diffusés dans les salles de cinéma traditionnelles (non classées X autrement dit). Alors que la commission d’attribution des films avait accordé à Nymph()maniac, volume 2 un visa d’exploitation assorti d’une interdiction aux moins de 16 ans, l’association Promouvoir, qui avait déjà obtenu la modification de la classification du Volume 1 (de moins de 12 ans à moins de 16 ans), a déposé auprès du tribunal administratif de Paris une plainte en référé pour durcir le visa de censure du Volume 2, et a obtenu gain de cause. Cette association qui se pose en défenseur des « valeurs judéo-chrétiennes », livre une véritable croisade contre la pornographie, sur fond d’homophobie , précise la journaliste. Sur son site, elle consacre des pages entières à ce « fléau », comme elle le désigne. […] En matière de censure, elle n’en est pas à son coup d’essai. C’est elle en effet qui, en 2000, après avoir tenté de faire classer X le film Baise-moi, avait obtenu qu’il soit interdit aux moins de 18 ans, créant ainsi une jurisprudence pour les films non pornographiques au contenu sexuel explicite. C’est elle encore qui avait fait interdire Ken Park de Larry Clark aux moins de 18 ans. Mais elle avait échoué sur Le Pornographe de Bertrand Bonello. De même, Promouvoir avait échoué à faire passer de moins de 16 à moins de 18 ans l’interdiction associée au visa d’exploitation d’ Antichrist de Lars von Trier. La semaine dernière en revanche, la requête en référé qu’elle avait déposée pour suspendre le visa d’exploitation de Nymph()maniac, volume 1 a abouti à modifier la classification du film et à l’interdire aux moins de 16 ans (au lieu du « moins de 12 ans » proposé par la commission et validé par la ministre). Arguant du fait que le volume 2 était « plus cru », qu’il recourait en outre au sadomasochisme, et que de manière générale, le film revendiquait de montrer des scènes de sexe non simulées, l’association a considéré que l’interdiction aux moins de 16 ans n’était pas assez restrictive et requis qu’elle soit modifiée en conséquence. Bien que le film n’en soit qu’à sa deuxième semaine d’exploitation (pour le premier volume, la décision était intervenue en cinquième semaine), Régine Vial, la distributrice, ne s’inquiète pas outre mesure de son impact. « Nous n’avons pas eu de menaces de déprogrammation. Les exploitants qui programment le film sont des gens qui aiment le cinéma, et puis au fond, ce n’est pas vraiment un film pour les ados. Les 70 copies sur lesquelles il circule sont toutes en V.O.… Le public qui vient le voir est plutôt un public adulte, qui s’intéresse au travail de Lars von Trier.

Le cinéaste danois qui “est un joyeux drille , assure Didier Péron dans Libération. Von Trier présentait ce week-end au Festival de Berlin une version longue de son « Nymphomaniac (trente minutes de plus que la version exploitée en salles). Il a préféré ne pas venir à la conférence de presse, arborant à la séance de photo call un tee-shirt avec le logo de Cannes et le slogan « Persona non grata », en rappel de son expulsion de la Croisette en mai 2011 après des propos un peu exagérément favorables à Albert Speer et Adolf Hitler. Finalement, c’est Shia LaBeouf, très à cran depuis quelques mois, après une accusation de plagiat concernant son court métrage, qui a fait son intéressant en quittant la salle de conférence de presse où étaient rassemblées les journalistes, citant (interrogé par un journaliste quant à savoir si les acteurs étaient inquiets à propos des scènes de sexe dans le film) du Eric Cantona cuvée 1995 : « Quand les mouettes suivent un chalutier, c’est qu’elles pensent qu’on va leur jeter des sardines. » Mais ce n’était pas fini, comme l’a rapporté le site première.fr : “L’acteur de 27 ans a à nouveau craqué le soir venu. S’il avait fait l’effort d’enfiler des vêtements propres et élégants pour assister à la première de Nymphomaniac (à la conférence de presse, l’acteur s’était présenté “vêtu de frusques répugnantes” ), le héros de Transformers s’est surtout fait remarquer pour le sac en papier kraft qu’il portait sur la tête. Posant sur le tapis rouge berlinois le visage masqué par son sac griffonné de la mention « I am not famous anymore » (« Je ne suis plus célèbre désormais »), l’acteur au prénom improbable se sentait certainement spirituel et décadent. Au vu de ses frasques récentes, il semblait surtout quémander désespérément de l’attention. Alors que Shia LaBeouf avait annoncé son intention de se « retirer totalement de la sphère publique » suite à son plagiat, on ne peut , conclut le site, que l’enjoindre à s’en tenir strictement à cette sage résolution.”

Que ne suit-il l’exemple de Kristin Scott Thomas ? “La comédienne britannique, découverte par le grand public dans Quatre Mariages et un enterrement en 1994 et qui a, depuis, connu une belle carrière, notamment en France, met un terme à sa carrière au cinéma , nous apprend Le Parisien . Elle a confié au quotidien anglais The Guardian qu’elle en avait assez d’être la caution de certains films fragiles avec des petits rôles. « Alors j’arrête », assure-t-elle. On devrait tout de même la retrouver à l’affiche de trois films au cours de l’année, tournés avant cette décision qui semble irrévocable.” Et c’est ainsi qu’on assiste impuissant à la mort d’un sous-genre cinématographique, le « Kristin Scott Thomas Movie »

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