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Un avenir dans les étoiles et le lycra

6 min

En cette fin d‘année propice aux retours en arrières et autres bilans rétrospectifs, interrogeons-nous plutôt sur ce que nous réserve l’avenir. Qu’y aura-t-il en 2015 ? Peut-être pas de film signé Lars Von Trier. “Après trois mois d’abstinence d’alcool, le réalisateur craint de ne plus pouvoir créer , a-t-on lu début décembre dans le Parisien. C’est ce qu’il a confié à un magazine danois, dans lequel le metteur en scène de Dogville ou Nymphomaniac, en cours de désintoxication, avoue qu’il était accro à l’alcool et aux médicaments. Et que c’est dans un état d’ivresse intense issu d’un mélange de vodka et de stupéfiants qu’il avait toujours écrit ses scénarios. « Je ne sais pas si je peux faire encore des films, a déclaré Lars Von Trier. Aucune expression créatrice de valeur artistique n’a jamais été réalisée par d’anciens alcooliques ou d’anciens toxicomanes. » Ce qui est certain, en tout cas, pour 2015, c’est que la Force va se réveiller, et ils sont nombreux à l’attendre. “Avec près de 100 millions de vues en une quinzaine de jours, la bande-annonce du prochain Star Wars, Le Réveil de la Force, est devenue la plus vue de l’histoire , nous a appris Le Figaro. Lucasfilm a annoncé que ces premières images avaient affolé les compteurs des différents supports virtuels (Facebook, Twitter…). Malgré la déception de certains quant à la quantité réduite d’informations révélées par ce premier trailer, il semble tout de même avoir fait mouche.” Même si, a noté Libération , “le nouveau sabre laser montré dans le trailer de Star Wars VII sème la désolation chez ses fans. Il a changé de gueule, muni d’une double garde laser qui s’ouvre en deux temps. « Le côté obscur est chrétien », a tweeté un désespéré.” Et ce désespéré, ce n’est pas George Lucas. Selon Le Figaro , en effet, le créateur de l’univers Star Wars n’aurait toujours pas vu la bande-annonce. Il ne garde pour autant pas sa langue dans la poche. “George Lucas , rapporte Studio Ciné Live, s’en est pris aux studios lors d’une interview avec le journaliste Charlie Rose. Selon lui, ils ont toujours été un problème, mais au moins, auparavant, ils étaient dirigés par des gens créatifs. « Les studios changent tout, tout le temps. Et malheureusement, ils n’ont aucune imagination et aucun talent », a-t-il remarqué. Il dit aussi qu’aucun studio actuel n’oserait créer un univers de science-fiction inédit comme celui de Star Wars.” Ce que corrobore cet article de Didier Péron paru fin octobre dans Libération , où il raconte combien “le modèle économique de la franchise inspirée par l’univers des comics tourne plus que jamais à plein régime, mené à un train d’enfer par la locomotive Marvel (rachetée par Disney en 2009). Une quarantaine de projets en production sont ainsi déjà inscrits dans une sorte de plan quinquennal qui ressemble, toute parano mis à part, à une offensive convergente des studios concurrents pour créer une pandémie planétaire sans précédent de créatures à cape, moule-boules latex, marteau et muscles verts. Les franchises déjà en cours vont se poursuivre et d’autres vont être lancées à un rythme soutenu. Le 15 octobre, le patron de la Warner, Kevin Tsujihara, a annoncé pas moins de dix projets inspirés des publications de DC Entertainment (en plus de trois films Lego et de trois spin-off de Harry Potter) : Batman vs Superman, Wonder Woman, The Flash, Suicide Squad, Justice League, Aquaman. Dans le même temps, Marvel mettait en ligne une première bande-annonce de son Avengers, Age of Ultron qui doit sortir fin avril. Leader du secteur, Marvel balancera aussi l’an prochain Ant-Man. Pendant ce temps, la Fox va continuer à exploiter les filons X-Men et Fantastic Four, et Sony à rebooter Spider-Man (mais en virant peut-être l’acteur principal Andrew Garfield), tout en négociant avec Marvel pour que l’homme araignée fasse des apparitions ponctuelles dans les prochains épisodes d’ Avengers. Un Lego Batman est attendu en 2017. […] Philippe Guedj, grand lecteur de comics devant l’éternel et coréalisateur avec Philippe Roure du docu Marvel Renaissance, explique : « Les grands studios ne font plus confiance qu’à des univers préexistants, ils vont piocher dans les catalogues des comics et refusent désormais de créer de nouveaux mythes comme à l’époque où surgissaient Rocky , Mad Max , Star Wars … On est dans une gigantesque matrice à consolider de la marque, de la licence afin d’inonder le marché de lucratifs produits dérivés (figurines, jouets, jeux vidéo…) Il faut bien comprendre que la raison d’être des films est avant tout d’entretenir le capital de notoriété des héros qui sont pensés comme des marques infiniment déclinables. On est parti de la bande dessinée, phénomène contre-culturel dans les années 60, pour aboutir aujourd’hui à une exploitation froide, tayloriste, industrialisée qui, même pour un fan comme moi, devient franchement effrayante. » […] Cette frénésie a de quoi laisser perplexe avec, à terme, une saturation du marché. Stéphanie Merry, sur son blog du Washington Post, prédit d’ailleurs un éclatement de la bulle des super-héros, comme il y a eu par le passé un effondrement de l’intérêt pour le western ou les films d’espionnage. […] La question cardinale, est-ce que Marvel a tué le cinéma américain ?, se pose donc plus que jamais , estime Didier Péron, si l’on veut bien considérer que la part de créativité est entièrement réorganisée vers la fabrication de franchises alternatives à tous crins, suites, préquels, reboots en folie, de Hunger Games à Transformers, en passant par Fast and Furious ou la Planète des singes. […] [Bref], si vous n’aimez pas les super-héros, nous vous conseillons de changer de planète.” Ou alors d’attendre 2016 : au début de cette année-là, Bruno Dumont remettra le couvert en tournant la suite de son chef-d’œuvre de 2014. Et qu’en dit son producteur, Jean Bréhat, dans L’Express ? Que “la seconde saison de P’tit Quinquin sera encore plus étonnante, il y aura de la science-fiction et des zombies. Entre autres. » Vivement 2016 !

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