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Un été au cinéma

5 min

« On ne peut pas prendre au sérieux un mec qui porte ses sous-vêtements par-dessus ses pantalons. » C’est, cité par Libération , Pierce Brosnan, qui expliquait ainsi au site Reddit.com pourquoi, approché par Tim Burton pour le rôle-titre du Batman de 1989, il avait lâché l’affaire. Il faut croire que le public américain a fini par se ranger à l’appréciation de l’ex-James Bond, car comme le rapporte Alain Grasset dans Le Parisien, “les recettes du box-office américain ont plongé cet été au plus bas depuis dix-sept ans. Comme si les spectateurs frôlaient l’indigestion des suites, des gros bras et superhéros que les studios d’Hollywood fabriquent à la chaîne. Selon le journal Variety, entre le premier week-end de mai et le dernier d’août, les salles ont engrangé 4,05 milliards de dollars (tout de même !), en baisse de 15% sur un an. Les films de superhéros et d’action ont été de nouveau déclinés à toutes les sauces cet été. Si Maléfique, Les Gardiens de la Galaxie et Transformers : l’Âge de l’extinction ont bien marché, d’autres blockbusters sont loin du compte. Hercule, Edge of Tomorrow, avec Tom Cruise et surtout Expendables 3 sont des flops. Ce dernier épisode des Expendables amassant à peine 34 millions de dollars outre-Atlantique malgré une brochette de stars, Arnold Schwarzenegger, Sylvester Stallone, Mel Gibson et Harrison Ford. Cet été confirme aussi la quasi-disparition en salles des comédies dramatiques, qui sortent de plus en plus directement en vidéo à la demande, à l’exception de quelques films comme Boyhood ou Nos étoiles contraires. Malgré tout , constate Le Parisien, la cuvée 2015 ne devrait pas changer beaucoup la donne avec The Avengers : Age of Ultron, un remake de Mad Max, Jurassic World, le nouveau héros Marvel Ant-Man et le nouveau dessin animé des studios Pixar, Inside Out.” Et pendant ce temps, en France, tout va bien. Et “tout fout le camp , constatait mercredi dernier Etienne Sorin dans Le Figaro. Cela fait trois mercredis d’affilée que Le Figaro dit du bien d’un film français (cette semaine-là, il s’agissait d’Hippocrate ). Ses journalistes doivent couver une maladie grave. Ou bien, autre hypothèse, Hippocrate est un nouveau symptôme. Celui d’un jeune cinéma français en bonne santé. Après Les Combattants de Thomas Cailley et Party Girl du trio Marie Amachoukeli, Claire Burger et Samuel Theis, déjà en salle, le film de Thomas Lilti arrive propulsé par une critique dithyrambique depuis le Festival de Cannes. Hippocrate, Valois d’or au récent Festival d’Angoulême (après Les Garçons et Guillaume, à table ! en 2013), est reparti de la Croisette en mai dernier, où il était dévoilé en clôture de la Semaine de la Critique, avec une solide réputation. Tout comme Les Combattants, qui a raflé toutes les récompenses à la Quinzaine des Réalisateurs, et Party Girl, présenté en sélection officielle à Un Certain Regard et récompensé de la Caméra d’or. L’enthousiasme des festivaliers a contaminé le public. Pour ceux qui aiment les chiffres, le box-office est éloquent. Les Combattants cumulait (mercredi dernier) 207 351 entrées depuis le 20 août et continue de gagner des écrans – il [grimpait] de 214 à 226 [mercredi dernier]. Party Girl, sorti une semaine après, n’a pas à rougir avec ses 64 000 spectateurs sur 150 copies. Pas mal pour deux premiers films sans têtes d’affiche qui confirment au passage le talent d’une nouvelle génération d’acteurs. [Quant à Hippocrate ], son distributeur, Le Pacte, veut et peut lui aussi y croire en sortant le film sur 228 copies [et, de fait, le film de Thomas Lilti a attiré 185 000 spectateurs pour ses cinq premiers jours d’exploitation, signale Le Parisien , le plaçant en tête du box-office de la semaine]. Evitons le ridicule de parler de « nouvelle vague » , ne s’emballe pas Etienne Sorin. Ou même d’évoquer un nouveau souffle. On risquerait d’être déçus assez vite. Constatons simplement que, dans cette industrie du prototype qu’est le cinéma, certains préfèrent le risque plutôt que la facilité du produit. […] Au passage, la Fémis récolte une brassée de lauriers. La prestigieuse école de cinéma, après des années d’auteurisme nombriliste et abscons, estime Le Figaro (on ne se refait pas), est à nouveau un vivier de talent. Après Rebecca Zlotowski ( Belle Epine, Grand Central) ou Céline Sciamma ( Naissance des pieuvres, Tomboy et Bande de filles, l’autre sensation de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, en salle le 22 octobre), Thomas Cailley est un nouvel exemple d’étudiant issu du département scénario passé avec brio derrière la caméra. Tout comme Marie Amachoukeli, coréalisatrice de Party Girl avec Claire Burger qui y a appris le montage. Il semblerait , persifle pour finir Le Figaro (non vraiment, on ne se refait pas), que le département réalisation de la Fémis soit la voie idéale pour ne pas réaliser de film à la sortie de l’école.”

Ceci dit, on ne leur souhaite surtout pas trop de succès, à ces jeunes réalisateurs, tant celui-ci attire toujours la convoitise. On a ainsi appris dans Libération que “Michel Hazanavicius, le réalisateur de l’oscarisé The Artist, est poursuivi pour plagiat par un scénariste. Interrogé par le site Hexagones, Hazanavicius dit avoir « la conscience claire comme de l’eau de roche ». « Le scénario [du plaignant] n’a absolument rien à voir avec mon film, ni avec le scénario, que j’ai écrit d’ailleurs », a assuré Michel Hazanavicius. Le plaignant, Christophe Valdenaire, affirme sur son site être l’auteur d’un scénario de long métrage intitulé Timidity, la symphonie du petit homme, muet et en noir et blanc, en hommage à la transition entre le muet et le parlant au cinéma, « dont la première version date de 1998 et pour lequel les recherches de financement remontent à treize ans ». Le scénariste raconte être entré en contact avec l’actrice Bérénice Béjo, compagne de Michel Hazanavicius, pour « lui faire passer des essais le moment venu ». Valdenaire estime que The Artist contient « de nombreuses ressemblances incontestables ». Une audience sur le fond devrait avoir lieu courant 2015.” On ne sait pas encore si les ayants droits de Chantons sous la pluie se sont également manifestés…

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