LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Un grand besoin d'être libre

5 min

From Black to blue
From Black to blue

Un point sur les nominations : qui est nommé, qui est reconduit, qui ne l'est pas, qui est pressenti. Et un départ, bien volontaire celui-ci : le grand chorégraphe suédois Mats Ek quitte la scène, et emmène ses ballets avec lui.
On commence cette revue de presse par un point sur les nominations. Seul candidat, le metteur en scène et comédien Raymond Yana, 61 ans, a été élu mercredi président d’Avignon Festival & Compagnies, l’association qui coordonne le Festival off , nous apprend une brève du Figaro. Il succède à Greg Germain qui en avait pris la tête en 2009. Ce dernier, directeur de théâtre et metteur en scène, avait annoncé en décembre sa démission. Créé en 1966, le Festival off fêtera, du 7 au 30 juillet, sa 50e édition et accueillera 1 300 spectacles. Quant à José-Manuel Gonçalvès, nous apprend la même brève, “à la tête du CentQuatre-Paris depuis 2010, [il] vient d’être reconduit dans ses fonctions. En 2015, près de 600 000 personnes ont fréquenté [cette fabrique artistique et culturelle dédiée à l’ensemble des arts, ouvert en 2008 et situé dans le XIXe arrondissement], assistant à un spectacle ou visitant une exposition d’art contemporain. ” “ Enfin, pour succéder au théâtre de la Colline à Stéphane ­Braunschweig, nommé à l’Odéon, la ministre [de la Culture] devrait transmettre cette semaine une présélection de trois candidats à l’Élysée (on parle , croit savoir Didier Méreuze dans La Croix, d’Arthur Nauzyciel ou de Pascal Rambert, directeurs [respectifs] des CDN d’Orléans et de Gennevilliers…).

Tanguer sur les eaux de l’incertitude Et pendant ce temps, « Ça tangue au Ballet du Rhin » , titre Le Figaro. Telles les eaux du fleuve, le Ballet de l’Opéra national du Rhin est cycliquement pris dans les tourmentes , constate Ariane Bavelier. Jean-Paul et Jacotte Gravier, puis Bertrand d’At, ses précédents directeurs artistiques, en ont essuyé quelques-unes. Aujourd’hui, c’est au tour d’Ivan Cavallari, son directeur nommé en 2013 : il s’est récemment vu signifier qu’il ne serait pas renouvelé à la fin de son contrat de cinq ans. Et la compagnie de tanguer sur les eaux de l’incertitude, de méchantes langues développant la rumeur de la venue d’un chorégraphe purement contemporain pour succéder à ce poste ordinairement dévolu à une personnalité de la danse capable de remonter le grand répertoire classique. La moindre des choses pour une compagnie de 32 danseurs rattachée à une maison d’opéra, qui plus est avec rang d’opéra national ! Ce genre de maisons possède certes des missions en faveur de la création mais se doit de pérenniser, fût-ce en le réécrivant, le grand répertoire. Hormis Bordeaux, Paris et Toulouse – qui, lui, est un opéra municipal mais où Kader Belarbi vient encore avec sa Giselle de prouver l’exemplarité de son travail –, aucun autre ballet en France n’est plus capable de le danser. Et les fausses compagnies russes, rassemblement provisoire de danseurs poussifs et de ballerines à la grâce de dondons, de se tailler la part du lion du marché de la danse, en présentant dans les Zéniths de France des spectacles qui assassinent le ballet classique, cette spécialité française qu’on devrait pourtant avoir à cœur de défendre , plaide la critique du Figaro. Or, le Ballet du Rhin tient son rang. Installé à Mulhouse, il donne ses spectacles également à Strasbourg et Colmar. Bertrand d’At, qui l’a dirigé de 1997 à 2012, avait eu l’excellente idée d’y convier Lucinda Childs pour quelques créations remarquables. On espère que le Festival d’automne, qui consacre sa prochaine édition à cette chorégraphe, aura l’idée de les amener à Paris.

Un peu comme si Tchaïkovski, en tirant sa révérence, avait décidé qu’on ne pourrait plus le jouer Danse toujours : certains ne se font pas prier pour, de leur propre gré, et bien volontiers, tirer leur révérence. Ainsi, Mats Ek, le plus grand chorégraphe suédois, quitte la scène après cinquante ans de création. C’est une perte pour tous , regrette Philippe Noisette dans Les Echos. Il se dit même que l’artiste entend retirer peu à peu ses ballets phares des répertoires européens [en ne renouvelant pas les contrats le liant à ces compagnies qui dansaient ses chorégraphies]. On se pince pour y croire. Plus de Giselle au bord de la folie ou de Lac des cygnes irrévérencieux ­ portant la griffe Ek ? ” “ « Je sais que certains chorégraphes font confiance à leurs assistants pour remonter des ballets. J’ai travaillé avec des proches collaborateurs. Mais je me rends compte, déclare-t-il à Philippe Noisette, cette fois dans Paris Match, que ce n’est pas le meilleur moyen de procéder pour moi. » Il affirme encore que ce qu’il a appris de la danse, c’est ce qu’il a vu – mais « pas sur Internet ». On lui fait remarquer que c’est une perte pour le milieu de la danse. Il acquiesce. Mais ne reviendra pas sur son idée. ” “ Il ne renouvellera [donc] pas l’autorisation d’interpréter ses œuvres, confiées jusqu’ici au Bolchoï de Moscou, aux Ballets de l’Opéra de Paris et de Lyon, au Ballet de Suède ou au Semperoper de Dresde. Un peu comme si Tchaïkovski, en tirant sa révérence, avait décidé qu’on ne pourrait plus le jouer. Un suicide pour l’auteur et une perte pour l’humanité , déplore Ariane Bavelier, décidément incontournable ce soir, toujours dans Le Figaro. « Mais je ne suis pas compositeur ! C’est la beauté de notre profession : chorégraphier, c’est comme écrire sur l’eau. Le texte disparaît mais il inspire ceux qui l’ont vu », philosophe Mats. […] Faut-il se résoudre à voir s’effacer cette grande et belle page ? Une bonne partie de ses archives, films, décors et costumes, laissées derrière lui au Ballet Cullberg, qu’il a dirigé de 1985 à 1993, ont brûlé. Des pièces comme Antigone dédiée aux mères de la place de Mai ont complètement disparu. Il a pris des dispositions testamentaires qu’il garde secrètes. « Il arrivera forcément que des assistants, d’anciens interprètes, des danseurs à l’aide de DVD essaient de remonter mes ballets », dit-il. En ajoutant qu’il ne le souhaite pas. ” “ Mats Ek a fait les comptes , constate Rosita Boisseau dans Le Monde. Soixante-dix ans en 2015, dont cinquante consacrés non-stop à la scène, cela suffit. Envie de faire place nette, de dégager l'horizon, le Suédois lâche l'affaire. Apparemment. « J'ai besoin d'être libre, d'avoir un agenda vide, de ne pas savoir ce qui va m'arriver demain, mais ça ne va pas m'empêcher de continuer à rêver. »Et de créer encore des spectacles ? « Je ne m'interdis pas de revenir », ajoute-t-il. N’insultons pas l’avenir…

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......