LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

25 ans après la chute de Ceaușescu, un nouveau président en Roumanie

5 min

.

Il y a 25 ans, jour pour jour hier, un rassemblement organisé par la Securitate au centre de Bucarest pour prouver la popularité de Nicolae Ceaușescu, tournait au désastre pour le régime et lançait la révolution roumaine de 1989. Ce n'est donc pas un hasard, si c'est hier, un quart de siècle exactement après ces événements, qu'a investit le nouveau président de la république de Roumanie. Klaus Iohannis, 55 ans, sixième président démocratiquement élu en Roumanie depuis la chute du communisme.Un discours d'investiture prononcé, ironie du destin dans le palais gigantesque et ubuesque qu'avait voulu Nicolae Ceaușescu. C'est d'ailleurs l'un des symboles qui a frappé la presse internationale avec l'investiture de ce président pas comme les autres.Le quotidien britannique de centre gauche, le Guardian, qualifie cette arrivée au pouvoir de Klaus Iohannis de triomphe de la démocratie, 25 ans après la chute de la dictature. Le Guardian y voit également un style nouveau avec Iohannis, après 10 ans, de présidence de Traian Basescu, surnommé Popeye, pas uniquement à cause de sa ressemblance physique avec le célèbre marin mangeur d'épinard, mais également parce que Basescu était un président combatif aimant la bagarre.Avec Klaus Iohannis, moins de spectaculaire et plus de sérieux.Et le Guardian de mettre en avant son discours très anti-corruption."Je ne veux pas que la corruption soit présente dans la vie quotidienne, les institutions doivent travailler pour les citoyens, et la classe politique doit comprendre une fois pour toute, qu'elle travaille pour les gens et non pour défendre des intérêts personnels ou ceux de groupes de pression".Le quotidien anglais de préciser que si le président de la République a un rôle essentiellement protocolaire, la constitution lui donne quand même le pouvoir de nommer le premier ministre, de mener la politique étrangère du pays et même d'avoir un droit de véto sur les lois.Autre journal britannique à scruter avec intérêts les débuts du président roumain, The Independant on Sunday. L'édition dominicale du quotidien The Independant a réalisée à Bucarest une interview de Klaus Iohanis. Un entretien dans son bureau, devant un sapin de Noël.Le chef de l'état y affirme qu'il a un plan radical pour son pays qui a besoin de beaucoup de changement. The Independant on Sunday note que le manque d'expérience politique de Klaus Iohannis, qui n'a jamais eu de mandat national, est en fait un atout pour l'électeur roumain, lassé des politiciens tape à l'œil.The Independant on Sunday rappelle que Klaus Iohannis est un ancien professeur de physique qui a transformé en quelques années, la ville dont il était maire, Sibiu, en Transylvanie, de lieu de désolation, en l'une des villes les plus touristiques de Roumanie, avec un chômage réduit presque à néant."Je ne suis pas un rebelle, précise Klaus Iohannis, mais je suis un politicien totalement différent".Un président également 2.0. Il rappelle avec fierté et étonnement qu'il possède 1,3 million d'amis sur Facebook, soit le record pour un homme politique en Europe. Et The Independant on Sunday de rappeler qu'Angela Merkel n'en compte qu'un million…Et Klaus Iohannis de conclure qu'à la fin de son mandat, il souhaite que la Roumanie soit un pays plus démocratique, avec un bon système d'éducation, des hôpitaux décents et une situation économique qui fasse revenir au pays, les nombreux Roumains partis en exil.Et si vous trouvez cela optimiste, The Independant on Sunday rappelle que Mister Iohannis a déjà prouvé qu'il était capable de contredire les prévisions pessimistes des experts à son sujet.La presse allemande s'intéresse également au cas Iohannis.Et pour une raison qui n'a pas du vous échapper. Klaus Iohannis, à un nom à consonance germanique.Il est en effet membre de la petite minorité allemande de Transylvanie. Ses ancêtres, s'y étant installés au Moyen-âge. Voilà donc un président luthérien, germanophone dans un pays orthodoxe.Mais comme le souligne le site internet de la radio allemande internationale Deutsche Welle, cette appartenance à une minorité est en fait un atout pour unifier les forces politiques roumaines, tellement divisée après une longue cohabitation orageuse entre un président de centre-droit et un premier ministre de centre-gauche. D'ailleurs, les journaux roumains mettent en avant cette volonté de trêve politique.Le quotidien Romania Libera affirme que le nouveau président a dors et déjà invité au palais présidentiel Cotroceni le premier ministre Victor Ponta et que ce dernier a accepté l'invitation.Or, le social-démocrate Victor Ponta est le candidat malheureux de le présidentielle battu au second tour alors qu'il était le favori des sondages. Pour que le pays aille de l'avant, le quotidien proche du nouveau président, Adevarul, donne une première idée de l'équipe qui pourrait entourer le nouveau président. On retrouve ainsi une jeune professeure de droit constitutionnel, un économiste issu de la minorité hongroise, un membre de la société civile ou encore un historien responsable d'un institut d'études sur les crimes du communisme en Roumanie.Des conseillers, souvent jeunes, diplômés, et pro-européens.Car comme le précise le quotidien américain, le Daily Herald de Chicago, Klaus Iohannis ne va pas changer la politique étrangère roumaine : Bucarest restera pro-européen et Atlantiste.Les Etats-Unis devant ouvrir une base de défense de missiles dans le sud de la Roumanie.Même s'il faudra que Klaus Iohannis gère le dossier de la prison secrète que la CIA aurait installé en Roumanie à l'époque de la lutte contre Al-Qaeda. Et là aussi, la promesse de transparence prônée par Klaus Iohannis devra se transformer en réalité

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......