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Affaire DSK : comme une traînée de poudre

5 min

Un article du New York Times et pfuiiiiiiiiiiit... c'est le bruit que fait le net ce matin.

Avec ces mêmes expressions qui reviennent partout. C'est un incroyable retournement, des révélations sans précédents... Une bombe...Toute la presse américaine s'en empare ce matin.C'est que dans toute cette affaire le spectacle est de très bonne qualité commente Vanity Fair, qui comme tous les médias fait le résumé des épisodes précédents. L'Amérique, fière de l'arrestation d'un puissant qui ne passe pas au dessus de la loi. Les Français complètement sonnés... et l'affaire qui s'emballe passant d'une affaire de viol à une polémique politique. Une polémique de classe. Une polémique sur le système de haute finance, et bien sûr de vraies questions sur la justice et nos systèmes judiciaires.Dominique Strauss Kahn pourrait être blanchi. La presse du monde entier n'hésite pas ce matin à l'instar de la Nacion en Argentine.Oui, enfin, des doutes sérieux pèsent maintenant sur l'accusation rectifie la Vanguardia en Espagne.L'affaire est sur le point de perdre toute substance préfère le Guardian britannique.Alors, il faut bien sûr commencer par lire les révélations de l'article du New York Times, d'après deux sources proches de l'enquête commence le quotidien américain. Le parquet ne serait plus si certain de la crédibilité de la femme de 32 ans d'origine guinéenne qui accuse Dominique Strauss-Kahn de viol.C'est une véritable pagaille cette affaire. Et des deux côtés a confié l'une des sources au New York Times.En cause, les allégations de la plaignante qui aurait nous dit on menti à répétition depuis le 14 mai dernier.D'abord, en ce qui concerne sa candidature au droit d'asile. Elle aurait raconté y avoir inscrit avoir été victime de viol et de mutilation génitale. Or, cela n'apparaît pas dans le document officiel.Ensuite, le parquet aurait en sa possession un enregistrement d'une conversation téléphonique qu'elle aurait eu avec son fiancé incarcéré pour traffic de canabis. Conversation dans laquelle il serait question de ce que pourrait lui rapporter l'affaire Strauss-Kahn.Enfin..... le parquet de New York aurait découvert que cette femme de ménage possède un compte avec 100.000 dollars, qui dit elle aurait été rempli par son fiancé et les amis de son fiancé.Autant de révélations écrit le New York Times qui pourrait alléger les conditions de détention de Dominique Strauss-Kahn.Et d'expliquer surtout l'audience extraordinaire qui doit avoir lieu aujourd'hui.Quel choc... Les avocats de Dominique Strauss-Kahn avaient donc raison ? interroge toute la presse étrangère. Cette femme n'était pas crédible.Alors, il faut voir comment le ton a soudainement changé dans la presse dès ce matin. Rien que sur les photos utilisées pour illustrer les articles. Celle d'El Mundo par exemple, en Espagne, nous montre l'ancien directeur du FMI avec un sourire narquois et des yeux malicieux. Et toujours dans El Mundo mais aussi dans les pages de Comercio au Pérou, la femme de Dominique Strauss-Kahn apparaît presque victorieuse. Pour la première fois (juste avant l'article du New York Times), elle s'est donc exprimée devant la presse hier, insistant sur l'honnêteté de son mari.Dans le même temps, El Pais, en Espagne, choisit de republier l'article à charge de Bernard-Henri Lévy qui pour défendre son ami rappelle combien tant de principes, dont la présomption d'innocence, ont été bafoués dans cette affaire.Alors, c'est étrange parce que dans le même temps de nombreux papiers n'y croient pas à ce rebondissement, à ce retournement. Tout cela est cousu de fil blanc... On dirait un scénario préparé à l'avance. Et le site de Hot air aux Etats-Unis par exemple se plait à questionner les différents épisodes.Le Wall Street Journal qui lance sur sa Une dès hier soir : les avocats de Strauss-Kahn vont créer la surprise demain.Surprise créée un peu plus tard par le New York Times cette nuit.Le New York Times qui, nous dit Hot air, insiste tout de même lourdement dans son article sur les questions financières. Combien coûtent les conditions de détention de l'accusé par exemple, des sommes astronomiques, qui en plus de sa libération sous caution ont été versées par sa femme. Et le NYT semble aussi suggérer dans son article que la victime elle chercherait à faire chanter l'ancien chef du FMI pour des raisons financières, écrit encore Hot air.Mais enfin, "réfléchissez" dit le site. Pourquoi la victime viendrait-elle porter plainte pour viol si elle est mouillée, et qu'elle le sait très bien, dans un réseau de blanchiement d'argent de la drogue ? Cela attirerait tout simplement l'attention de la police sur ses affaires. Et que dire des révélations des autres femmes qui accusent Strauss-Kahn, au pire de viol, au mieux de relations sexuelles non désirées. Pensez-vous vraiment en plus qu'une femme de ménage garderait ce job là avec 100.000 dollars sur son compte en banque ? Enfin rajoute le Guardian, en Grande-Bretagne, tout cela n'est finalement qu'une affaire vulgaire de gros sous : ce qu'elle cherche à obtenir c'est sans doute le meilleur accord financier. Car s'il y a procès, elle risque d'obtenir moins que s'il y a un accord préalable. De quoi effectivement poser de graves questions, non seulement sur les affaires de viol, mais surtout sur notre système judiciaire fait de gros sous.

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