LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Afghanistan : que faire ?

5 min

Initialement ... le plan se présentait plutôt bien ... En concédant l'organisation d'un second tour de vote ... Hamid Karzaï ... mais aussi Barak Obama ... ainsi que chacun des soldats de la coalition présent en Afghanistan étaient censé recouvrer ce supplément de légitimité ... indispensable pour tenter de sortir ... définitivement cette fois-ci ... de la guerre contre les talibans ... Seulement voilà ... écrit EL PAIS en Espagne ce matin ... hier le rival du président sortant a jeté l'éponge ... Autrement-dit ... la stratégie d'organiser un second tour destiné à redonner un semblant de crédibilité à un processus électoral meurtri a échoué ... laissant ainsi le dit processus à la dérive ... précise de son côté la BBC ... Abdullah Abdullah ... le candidat de l'opposition a notamment expliqué à ses partisans qu'il avait fait des propositions pour garantir un vote libre et équitable ... Il avait en particulier lancé un ultimatum à son rival Hamid Karzaï ... explique le site britannique ... lui demandant de limoger le chef de la Commission électorale ... et ce afin de prévenir la répétition de fraudes massives ... fraudes qui avaient entaché le premier tour ... Sauf que le président en exercice a refusé d'accéder à cette requête ... Et c'est la raison pour laquelle ... sans surprise ... l'ex chef de la diplomatie afghane a annoncé hier qu'il ne se présenterait pas au second tour de l'élection prévu samedi prochain ... A présent ... Hamid Karzaï ... soupçonné de clientélisme ... se retrouve donc seul en lice pour le scrutin écrit LE TEMPS en Suisse ... Alors bien entendu ... l'annonce de ce désistement a aussitôt déclenché un débat sur l'opportunité de la tenue d'un second tour ... Le retrait d'Abdullah Abdullah va forcément entacher la légitimité de l'élection du président et renforcer qui plus est l'insurrection des talibans déjà en plein essor ... Le problème ... c'est que la Constitution afghane ne précise pas la marche à suivre lors d'un tel scénario ... Alors a priori ... tout porte à croire néanmoins que le scrutin aura bel et bien lieu samedi prochain ... d'autant qu'en annonçant son retrait le candidat de l'opposition a tenu à préciser qu'il n'appellerait pas au boycott du scrutin ... qu'il laissait de fait ses partisans libres de voter ou non ... et par ailleurs qu'ils ne souhaitaient pas de manifestations de protestations. Alors pourquoi tant de modération ? ... Et bien sans doute parce que le désormais ex candidat à la présidentielle s'est probablement déjà entendu avec le gouvernement sortant pour une future répartition des postes à pourvoir ... qu'il s'agisse des ministères ou des gouverneurs de province ... écrit THE TIMES ce matin ... Le quotidien britannique qui précise ... selon plusieurs responsables occidentaux ... un accord était même sur le point d'être passé hier matin ... autrement-dit ... avant qu'il n'annonce officiellement son retrait de la course à la présidentielle. D'où l'importance de cette distinction fondamentale entre son retrait d'un côté ... et de l'autre ... son appel non seulement à ne pas boycotter le scrutin ... mais encore à ne pas provoquer de troubles publics ... écrit l'éditorialiste du TIMES ... Ainsi ... et même si pour les bailleurs de fonds étrangers ces élections ne constituent rien d'autres à présent qu'un processus visant à limiter les dégâts plutôt qu'à installer une véritable démocratie ... les gouvernements occidentaux sont aujourd'hui reconnaissants à Abdullah Abdullah d'avoir opter pour une stratégie du compromis laissant la porte ouverte à un possible partage du pouvoir ... en clair le seul moyen désormais de parvenir à un résultat un tant soit peu crédible ... Un boycott total aurait en effet saper la légitimité de l'ensemble du processus ... En se retirant avec élégance écrit THE TIMES il évite de faire courir au pays un scénario catastrophe ... Gordon Brown ... le premier ministre britannique a d'ailleurs jugé cette attitude digne d'un chef d'Etat ... De son côté le conseiller principal du président Obama a déclaré que le retrait d'Abdullah Abdullah était davantage motivé par le sens commun que par le désespoir ... Quant à Hillary Clinton ... la secrétaire d'Etat américaine ... elle a officiellement rendu hommage à une campagne je cite ... digne et constructive. Il faut dire que ce nouvel épisode place aujourd'hui l'administration Obama dans une situation pour le moins délicate explique pour sa part THE NEW YORK TIMES ... Comment en effet justifier d'envoyer des dizaines de milliers de soldats supplémentaires en Afghanistan pour soutenir un gouvernement considéré comme illégitime par bon nombre de ses propres citoyens ? ... interroge l'éditorialiste américain ... La décision en mars dernier d'Obama d'envoyer 21 000 GI's avait été en partie justifié par la nécessité d'assurer une paix relative ... mais aussi une élection équitable ... L'idée était de renforcer la légitimité de Hamid Karzaï de sorte que son autorité soit reconnue au-delà des limites de la simple capitale Kaboul ... Désormais ... renchérit son confrère de THE INDEPENDENT ... Washington est devenu otage de ses propres engagements. Alors que faut-il faire à présent ... interroge un responsable des Nations Unies dans les colonnes du TIMES ... Et bien il ne nous reste plus qu'à forcer les autorités afghanes à changer de politique ... L'une des grandes erreurs de la communauté internationale ... dit-il ... a été de fermer les yeux sur la corruption ... le copinage ... et la vénalité du gouvernement afghan ... Or ... si l'insurrection gagne du terrain aujourd'hui ce n'est pas tant du fait de l'idéologie prônée par les talibans que parce que les autorités sont perçues comme corrompus et inefficaces ... L'Occident n'a donc plus d'autre choix que d'utiliser ses fonds d'aide comme moyen de pression ... Et le journal pour conclure de citer le célèbre officier et théoricien militaire prussien Carl Von Clausewitz ... lequel déclarait : ... la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens ... Le problème ... c'est qu'ici nous avons la guerre mais pas la politique ... Et une stratégie politique ne peut pas venir de l'armée ... Nos soldats prennent chaque jour de grands risques physiques ... Il est grand tant que nos dirigeants prennent ... à leur tour ... des risques ... politiques.

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......