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Ame de dissuasion massive

5 min

"Ame de dissuasion massive", le titre dans les pages du Temps est joli. Le portrait auquel il est accolé ne le trahit en rien. Le quotidien suisse ces temps-ci consacre de longs éclairages à des personnalités rares. Roni Hammerman a 58 ans, elle milite en Israël au sein de l'ONG Machsom Watch. Une organisation qui fait la vigie sur les cheks points entre Israël et les territoires palestiniens et qui par conséquent dénonce au quotidien les humiliations et les mauvais traitements infligés par les soldats de son pays. Roni est née en 1940 à Tel Aviv d'un père autrichien et d'une mère hongroise rapporte la journaliste qui l'a rencontrée. Elle est retournée en Europe juste après la fin de la guerre, son père communiste croyait alors en l'avènement d'une vraie nouvelle société sur le Vieux Continent. Les espoirs paternels ont échoué, Roni, elle s'est choisi une autre cause : rendre son pays d'origine meilleur. Chaque jour, comme plusieurs centaines d'autres militantes de Machsom Watch, elle va s'installer, un carnet à la main aux chek points et elle observe, et elle note. Une palestinienne que l'on entrave alors qu'elle est au bord de l'accouchement et qui donne naissance à son enfant dans la poussière, à la frontière, sous les yeux soldats inflexibles. Un père auquel l'on arrache ses bagages, sur lequel on pointe une arme devant sa femme et ses enfants. Un homme malade que l'on retient au contrôle, qui proteste et que l'on jette en prison. Il finira par s'écrouler dans sa cellule. Roni Hammerman note. De ses notes, elle fait des rapports qu'elle envoie à la Knesset. Un travail de fourmi, trop peu relayé. On est toujours ici dans la logique de la punition collective. Tout cela fabrique une rage contre Israël, un formidable terreau pour la radicalisation, prèche manifestement dans le désert Roni Hammerman. Il est encore question de désert, ou plus exactement de désertion ce matin dans les pages Herald Tribune. Où est passé la gauche d'Obama? Objectivement un peu sacrifiée sur l'autel du pragmatisme. C'est en tout cas l'analyse de Pete Baker. Les choix de Barak Obama dans la construction de son équipe sont plutôt très frustrants pour son aile progressiste. L'option de conserver le secrétaire d'Etat à la Défense de Bush, de s'a'autoriser les service d'un général à la retraite proche de Mac Cain de recruter des économistes plutôt très libéraux au sens européen du terme. Tout cela pourrait suggérer une approche du changement assez timorée voire des renoncements eu égards aux promesses de la campagne. Pour autant, les langues se délient assez peu, constate le journaliste. On est encore dans l'union sacrée de la victoire et bien peu soulignent qu'effectivement Barack Obama a pu être aussi assez ambivalent par le passé. Il propose de restaurer un vrai service de santé public tout en refusant que d'impliquer des financements gouvernementaux, il a vivement critiqué la politique anti-terroriste de l'administration Bush tout en votant pour les lois qui ont restreint les libertés après le 11 septembre. Mais qu'importe pour l'heure...assurent ses soutiens de gauche. Laissons le préparer tranquillement son investiture. Là le Herald donne quelques informations, on hésite encore pour animer le gala entre Elvis Costello et Kanye West...ce sera une indication. Il s'est acheté un nouveau costume, c'est le 1er depuis 15 ans paraît-il et il vient d'une entreprise où le syndicalisme est respecté... Hart Schnaffer Marx...Si l'on veut en faire un signe : le nom est en soi un gage de pureté programmatique. Promesses tronquées...et danger pour la démocratie...Là c'est Der Spiegel qui agite son épouvantail préféré : Nicolas Sarkozy. A croire, si l'on en juge par les kilomètres de lignes de fiel déversées depuis quelques mois dans les pages du journal allemand...à croire que l'anti sarkozisme fait vendre outre-Rhin. Sarkozy avait promis d'être le président de tous les Français rappelle la journaliste Ulrich Fichtner et en réalité il est en train de diviser durablement le pays selon une ligne de fracture très simpliste. Ceux qui l'aiment, ceux qui le détestent. Une sorte de "diviser pour mieux régner" qui pourrait à terme durablement fracturer la société française. Intoxiqué par le pouvoir, le président français selon der Spiegel, se pose en spécialiste de tout. De la maladie d'Alzheimer à la psychiatrie, de l'industrie automobile à la politique du logement, du Tibet à la modernité africaine, jusqu'à vouloir faire entrer la gastronomie française au patrimoine de l'UNESCO. L'omni-télé-hyper président comme le qualifie le journal allemand imposant au nom de sa nation, une marque qui n'est au final que la sienne. Et ce, dans un contexte, où la nation en question se porte mal. L'économie est en berne et ça ne date pas de la récente crise mondiale, les indicateurs sociaux sont au rouge. Et la journaliste de rappeler que les braises de la révolte des quartiers populaires sont encore chaudes, tout comme celles de la bataille contre le CPE... Et qu'en ayant choisi avec la rupture de faire sortir le génie de la bouteille, Sarkozy court le risque de ne plus pouvoir l'y faire rentrer à nouveau. A coups de scalpels dans la démocratie française, et der Spiegel rappelle la réforme constitutionnelle, le traitement des immigrés et le projet de loi sur l'audiovisuel, à ce type de chirurgie dangereuse, on va finir par attaquer les organes vitaux de la démocratie française. Et de convoquer Montesquieu qui il y a près de 250 ans écrivait que sans vertu, l'Etat que n'est que despotisme. Bonne journée.

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