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Atrocités en Birmanie: cette fois le monde doit savoir!

5 min

Bonjour ali bonjour à tous, Avant c'était plus facile... vous n'aviez qu'à fermer les frontières... faire des barrages routiers ...stopper les trains....couper les lignes téléphoniques... pour vous en prendre impunément à votre peuple... Mais aujourd'hui ... tout a changé écrit l'International Herald Tribune ....les généraux de la junte militaire birmane en font la douloureuse expérience... on est plus en 1988... la révolution technologique est aussi passée par la Birmanie... et grâce au développement de l'internet ou des téléphones portables... le monde entier peut maintenant regarder ce qui s'y passe ... avec ce matin il faut le dire un immense dégoût... 9 heures et quart ce soir à Rangoun... raconte un reporter du Spiegel qui pour des raisons de sécurité ne signe pas son article... c'est l'heure où la frayeur s'empare de toute le ville... les premiers soldats lourdement armés prennent leurs positions autour des quelques rares restaurants qui servent encore les occidentaux... le couvre feu est fixé à 10 heures... et pour rester en vie il faut vite rentrer chez soi ... nous tentons vainement de trouver un taxi lorsqu'un jeune homme sort de l'obscurité... il attendait depuis longtemps de pouvoir parler à des étrangers... "s'il vous plait ...dit il dans un anglais correct... surtout ne croyez pas ce que la junte vous dit.... et il murmure... la répression a lieu toutes les nuits, quand il n'y a plus de témoins... il rentrent dans les maisons et ils tuent les gens chez eux... par centaines!... ça se passe surtout à Oka lapa ...dans la banlieue est de la ville, la plus défavorisée... là d'où sont parties les protestations... ce sont les soldats du Lom Ten d'anciens repris de justice, qui font le sale boulot de la junte... dit il encore d'une voix étranglée... ils sont aussi allés au monastère de Weiza Yandar... ils ont fait sortir 200 jeunes moines... après avoir frappé leur tête dans un mur de pierre et alors qu'ils étaient tout couvert de sang ils les ont emmenés... Nous pleurons nos moines... lance t il encore avant de disparaitre comme il était apparu et le Spiegel poursuit... 5 jours ont passé maintenant depuis les derniers coups de feu à Rangoun.... et dans une normalité d'apparence... dans un silence presque mortuaire.... des rumeurs horrifiantes se multiplient alors que les journalistes sous visas touristiques sont suivis à la trace par les soldats... Impossible donc de mener correctement un quelconque reportage!... on ne peut se fier qu'à ce genre de témoignages secrets et aux dires des diplomates qui ne parlent que sous le sceau de l'anonymat... Et ce qu'ils suggèrent fait froid dans le dos continue le Spiegel... en quelques jours la junte a construit au moins 3 centres de rétentions pour les opposants au régime rien qu'à Rangoun... 300 prisons ont été érigées d'urgence...; et les conditions de détention quand il y a détention... sont abominables Alors tout le monde tente de s'enfuir de Rangoun ... titre en choeur toute la presse britannique... un tas de moines s'agglutinait hier à la gare... raconte le Guardian.... pour tenter d'échapper à la répression qui s'abat sur tous les défenseurs de la démocratie.... les conducteurs de car refusent de prendre les fuyards... de peur des représailles.... car en quelques heures après le départ de l'émissaire des Nations Unies... des dizaines de camions ont raflé des centaines de personnes.... une chargée d'affaire américaine raconte qu'elle a visité plus de 15 monastères à Rangoun... ils sont tous vides... ça ne peut pas être uniquement parce que les moines ont fui ! Où sont les moines, les démocrates, les journalistes disparus depuis la semaine dernières ?... et bien croit savoir le Times... ils seraient d'après des diplomates occidentaux dans l'ancien institut technique de Rangoun qui est devenu un immense camp de concentration... ça c'est s'ils n'ont pas déjà été assassinés Car il y a cette photo qui fait le tour de la presse et que vous trouverez en page 2 du Figaro... un bonze dont le crâne rasé est couvert de sang et qui flotte dans une marre sale à Rangoun... la photo aurait été prise dimanche dernier Bienvenu au musée des horeurs... titre alors el Pais qui comme de nombreux journaux européens a recueilli de l'autre côté de la frontière les témoignages des réfugiés birmans....ils dénoncent des cas d'abus et de tortures dans les centres de rétention de la junte... et répètent sans cesse... cette fois il faut que le monde sache! il faut que le monde sache... que les soldats birmans ont l'ordre de tuer les moines... témoigne cette fois notamment dans les colonnes du Daily Telegraph un officier birman qui a fui lui aussi parce qu'il ne voulait pas exécuter cet ordre... tous les soldats ne sont pas des tueurs dit il... je suis bouddhiste je ne peut pas tirer sur des bonzes et beaucoup de mes camarades sont comme moi... mince lueur d'espoir au milieu de l'horreur... commentent le Times et le Financial Times... des rumeurs de désaccord percent au sein de l'armée et surtout même si la junte tente de le camoufler ... les moines sont courageusement défendus par les civils qui viennent en masse dans les pagodes par milliers parfois... pour s'interposer devant les fusils En attendant l'horreur de la répression se dessine peu à peu écrit le Figaro... des dizaines d'enfants et leur parents abattus dans la coure de leur lycée... des activistes brûlés vifs dans une crématorium.... et les séides de la juntes qui continuent de propager la terreur " nous avons des photographies des manifestants... hurlent les haut parleurs ...nous allons effectuer des arrestations Alors qui va gagner et que peut faire le monde ? titre le Times qui pose la question que tout le monde se pose particulièrement en Belgique... Que peut faire celui ou celle qui peste de rester impuissant devant son téléviseur ou son journal? écrit le Soir... pour certain le boycott fait parti de la réponse... mais d'autres sont plus circonspects... Mais nos choix de consommation ont une influence... disent les premiers... trois secteurs sont les principaux pourvoyeurs de fonds de la junte... le teck les pierres précieuses et surtout les hydrocarbures... De là toute la polémique qui anime les belges depuis deux jours... Total en Birmanie impunément titre l'édito de la Libre Belgique Actif en Birmanie depuis 1992, le groupe français Total est au coeur d'une polémique que la répression brutale du régime de Rangoon a soudain ravivée. Ces dernières années, Total s'est vu reprocher plus d'une fois cette activité lucrative qui tranche avec son souci affiché de l'éthique et de la "responsabilité sociétale". Des travailleurs birmans ont porté plainte en Belgique et en France. Le groupe a été taxé de recourir au travail forcé pour protéger ses installations et a été blanchi par la justice française... en raison de vices de procédure. Il s'est toujours montré inflexible, affirmant qu'un retrait forcé n'aurait pour effet que "son remplacement par d'autres opérateurs moins respectueux de l'éthique" et ajoutant qu'il menait un programme socio-économique en faveur des populations concernées. "L'époque n'est plus au boycott ou à l'embargo à l'efficacité limitée dont ne souffrent que les plus pauvres", écrivait, en 2003, Bernard Kouchner, actuel ministre des Affaires étrangères et consultant privé (membre de l'opposition) à l'époque, dans un rapport controversé. La secrétaire d'Etat aux Droits de l'homme Rama Yade s'est alignée sur cette position cette semaine, estimant qu'un départ de Total ne changerait pas la donne. Un conseiller du Président a été plus loin, affirmant que la population birmane serait la première à souffrir de cette "décision extrême"... Le terrain étant ainsi bien préparé, le président Nicolas Sarkozy y est allé de sa petite sortie. "La France appelle l'ensemble de ses sociétés privées, Total par exemple, à faire preuve de la plus grande retenue, en demandant qu'il n'y ait pas de nouveaux investissements", a-t-il martelé. "Nous n'y investissons plus depuis dix ans et n'avons pas prévu d'autres projets", a rétorqué Total qui joue véritablement sur du velours. Ce numéro de duettiste, qualifié de "mascarade" par les organisations progressistes, est pénible. Total n'a aucun souci à se faire. Le cas birman prouve qu'une firme privée a le droit de faire ce qu'elle veut, comme elle veut, là où elle veut, avec l'aval des autorités européennes, promptes à réclamer par ailleurs des "sanctions exemplaires". Vu que l'argent n'a pas d'odeur (même de gaz...), il fructifie impunément dans les pays qui bafouent les droits de l'homme et la démocratie. il est vrai que le boycott économique n'est pas forcément la solution... conclut la Libre... d'abord parce qu'il est difficile à imposer et qu'on a vu combien il pouvait avoir l'effet inverse désiré comme en Irak... mais ce qui est sûr c'est qu'il faut que le monde sache non seulement ce que fait la junte en Birmanie mais aussi ce qu'y font nos entreprise... n'en déplaise à Total... nous devons condamner d'abord nos propres dérapages... c'est le moins que l'on puisse faire pour le peuple birman!

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