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Boko Haram attaque des mosquées

5 min

Par Marine de La Moissonnière Boko Haram, ce goupe islamiste qui sévit au Nigeria depuis 2009 et qui réclame la création d'un Etat islamique au nord du pays, refait parler de lui. Nouveau massacre ce week-end. 52 personnes assassinées, dont des femmes et des enfants ; une cinquantaine de maisons détruites. C'est le Daily Post du Nigeria qui dresse le bilan. Un "carnage " pour le site Afrika.com . Une attaque "atroce ", selon leTime , qui a eu lieu dimanche, dans une mosquée de Konduga, dans l'Etat du Borno. Konduga, "petite ville installée au bord d'une rivière au nord-est du Nigeria ", raconte le journal. Une communauté de fermiers jusqu'à présent habitués à une vie simple où chaque jour ressemble au précédent. Mais ça, c'était avant que Boko Haram ne sème la terreur dans toute cette région, écrit le Time . Et de poursuivre : "Depuis dimanche matin, les choses ont changé irrémédiablement. Le pire est arrivé. "Boko Haram - qui s'attaque d'habitude aux églises - s'en est pris cette fois-ci à une mosquée. Etrange pour un mouvement dont le nom signifie "Les valeurs occidentales sont sacrilèges ", rappelle le Christian Science Monitor . "Pourquoi un groupe qui veut imposer la charia fait feu sur des fidèles dans une mosquée ? ", s'interroge la BBC sur son site. La stratégie peut sembler "déconcertante ", reconnaît le correspondant de la radio à Lagos, qui précise que ce n'est pourtant pas la première fois. Explication selon lui : il y avait sans doute dans l'assemblée des membres des Civilian JTF, ces groupes d'auto-défense composés de jeunes volontaires qui depuis quelques temps, prennent part à la guerre contre Boko Haram. "Afin de rendre leurs villages plus sûrs, ils traquent et remettent aux militaires, les membres supposés de la secte ", raconte le Time . "Ils ont le feu vert du gouvernement nigérian et certains sont armés." Mais, avertit le journal, "cette campagne de guérilla a sans doute énervé Boko Haram. " Et de citer Virginia Comolli, chercheuse à l'Institut international d'études stratégiques de Londres. L'attaque de la mosquée, selon elle, c'est une "vengeance à l'encontre des combattants civils qui gagnent en importance et qui prennent confiance en eux. " C'est aussi "une manière de mettre en garde les musulmans ", ajoute-t-elle. "Les mettre en garde pour qu'ils ne coopèrent pas avec les forces de l'ordre, qu'elles soient gouvernementales ou civiles. "Autre hypothèse avancée par le Christian Science Monitor . Les imams de la mosquée attaquée dimanche étaient en réalité trop modérés au goût de Boko Haram. Une explication qu'évoque également le Time qui s'appuie sur des témoignages locaux. "Les insurgés pensent que s'ils tuent les imams, alors ils prendront la place des chefs religieux ", raconte ainsi un imam nigérian.Les autorités locales, elles, répliquent par la violence. Aujourd'hui, cela fait exactement trois mois que le gouvernement nigérian a déclaré l'état d'urgence dans le nord du pays. Si plusieurs responsables du groupe islamiste ont été arrêtés, manque toujours à l'appel, comme le fait remarquer le Time , leur leader, Abubakar Shekau. Même les 7 millions de dollars de récompense offerts par les Etats-Unis pour sa capture n'y font rien. Contrairement aux rumeurs qui ont pu circuler, le chef de Boko Haram est en vie. "Vous n'avez pas tué Shekau ", a-t-il ironisé dans une vidéo que l'AFP a obtenue avant-hier. Une vidéo dans laquelle il revendique les récentes attaques meurtrières. Assis sur un tabouret, une Kalachnikov appuyée sur l'épaule, il lance en hausa, dialecte du nord du Nigéria. : "Je défie Obama ". Menaces également à l'encontre de François Hollande et de Benyamin Netanyahu. "Ils ne sont pas à ma hauteur ", affirme-t-il. "La vision djihadiste du groupe est devenu plus internationale ", analyse le Time . Conséquence de ses liens avec des militants d'Al Quaïda au Sahel qui finance et entraîne les membres de Boko Haram, ajoute le journal. Et de préciser que certains d'entre eux pourraient même être en train de se regrouper au Niger, au Cameroun et au Tchad.

La vision djihadiste du groupe est devenu plus internationale

La stratégie du gouvernement ne semble donc pas fonctionner, malgré ses dénégations rapportés par la Tribune nigériane. Gouvernement qui assure que l'armée fait des progrès dans la guerre contre Boko Haram.Pourtant, fait remarquer la BBC , "au cours du mois qui vient de s'écouler, plus de 160 personnes sont mortes dans des attaques contre des écoles, des bases de l'armée et de la police ." Et encore, toutes les attaques n'ont pas été recensées, souligne la radio britannique. Cette dernière attaque contre une mosquée pose des questions quant à cette stratégie armée, surenchérit le Daily Times du Pakistan.La manière forte, ce n'est pas la seule choisie par les autorités. Elles tentent par ailleurs de faire avancer les choses en négociant. Un programme d'amnistie a été mis en place, explique le Time . Des femmes et des enfants - qui en échange d'un peu d'argent avaient mis le feu à des écoles - ont pu rentrer chez eux. Mais les efforts du président Goodluck Jonathan pour engager le dialogue avec Boko Haram et pour venir à bout des racines du mal - la pauvreté et le chômage notamment - ne sont pas "sincères ". C'est ce qu'estime Solomon Dalung, dans les colonnnes du Time . Ce membre du Forum des Anciens qui a conseillé le chef de l'Etat, est très pessimiste. "Nous sommes impuissants ", reconnaît-il.

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