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Catastrophe métro Valence

5 min

Le métro infernal. La plupart des journaux européens reviennent largement ce matin sur le déraillement meurtrier hier de la ligne 1 du métro de Valence. Déraillement qui a fait selon un dernier bilan 41 morts. Soit l'accident de métro le plus grave nous rappel la VANGUARDIA enregistré dans le pays depuis 75. L'une des pires tragédies de ce genre dans toute l'Union Européenne, l'une des plus meurtrières enregistrée ces 50 dernières années dans le monde. Alors pour évoquer cette catastrophe et bien nombre de quotidiens à l'instar d'El MUNDO ont choisi de donner la parole ce matin à ceux qui ont vécu de près l'accident. C'est le cas notamment de Cesar Nunez 21 ans, étudiant en informatique. A 13h00 il monte comme chaque jour de la semaine dans la ligne 1 du métro pour se rendre à son université, bien loin d'imaginer qu'il allait devenir ainsi et quelques minutes plus tard seulement l'un des survivants de cet accident. Ce jour là une seule préoccupation occupe son esprit réussir son examen de rattrapage. Et heureusement pour lui c'est la chance qui le rattrapera ce lundi lorsqu'il choisira bien malgré lui de monter dans le second wagon. Il y en avait quatre sur la rame. Le premier s'est renversé. Le sien a été épargné. Abri lui n'aura pas vécu d'aussi près l'accident. Il se trouvait à quelques stations de là lorsqu'il a appris agacé que la ligne était interrompue pour des raisons techniques mais que le prix de son ticket lui serait rembourser. Un ticket qui valait cher, très cher ce jour là. Le prix d'une vie. Quand sa mère l'appel sur son téléphone elle se dit inquiète par les ambulances et les policiers qui empruntent à toute vitesse l'artère principale de la ville. Une fois sorti du métro, Abri prendra un taxi pour rentrer chez lui avant d'apprendre la catastrophe. La chronique d'un décès annoncé. C'est ainsi qu'Asier toujours dans le journal El MUNDO interprète ce qui est arrivé. J'ai eu souvent l'occasion raconte-t-il de prendre cette ligne de métro, installé à proximité du conducteur. La vitesse dépassait généralement les 60 km/h. On entendait des bruits assourdissants, le grincement des roues sur les voix. Mais je ne m'inquiétais pas. C'était comme ça dit-il. Un comme ça devenu depuis hier un comment ça, comment a-t-on pu en arrivé là. Selon les premiers éléments de l'enquête l'hypothèse de l'attaque terroriste a d'ores et déjà été écartée. Comme nous le rappel l'éditorialiste britannique du journal TIMES l'Espagne a beau être toujours traumatisée par les attentats contre des trains madrilènes en 2004 qui avaient fait près de 200 morts, l'incident d'hier n'est probablement qu'un accident malheureux provoqué par la vitesse excessive de la rame et la rupture de l'une de ses roues. Un accident inopiné selon les propres termes des autorités. De quoi agacer profondément le journaliste espagnol d'El PAIS. Comment peut-on affirmer connaître les causes de cet accident alors même que les techniciens qui gèrent les installations de la voie Est n'ont pas tous été consultés. La boîte noire de la rame n'a pas encore été analysée. Il est donc beaucoup trop tôt écrit-il pour connaître les véritables raisons de cette tragédie. Mais une chose est sûre. Cette désormais tristement célèbre ligne 1 du métro de Valence était connue pour sa très grande détérioration. C'est le journaliste d'El MUNDO qui l'écrit ce matin et nous rappel qu'un confrère de LAS PROVINCIAS de Valence avait publié en mai dernier des informations selon lesquelles la totalité des 34 trains qui empruntent la voie devaient être changés pour un montant total de 300 millions d'euros. Seulement voilà comme toujours poursuit-il les aides arrivent trop tard. C'est une honte. De quoi je le cite prescrire aux autorités une cure de très grande humilité. J'espère conclut l'article que l'opposition n'utilisera pas ces décès comme de la chaire politique à des fins électoralistes. Et c'est vrai renchérit son confrère ibérique du journal El PAIS que cette tragédie aurait sans doute pu être évitée. Plusieurs signes auraient du alerté le gouvernement au premier rang desquels un accident survenu sur la même ligne de métro il y a quelques mois seulement. C'était le 9 septembre 2005. Accident qui avait fait 34 blessés dont plusieurs grièvement. Sauf que l'enquête poursuit le journaliste a été expédiée à l'époque par les autorités locales qui n'ont conclu qu'à un excès de confiance des machinistes et à la mise en place d'un signal défectueux. Alors il n'en fallait pas plus bien évidemment pour raviver la polémique sur les investissements régionaux écrit le journaliste du FIGARO. La Communauté de Valence est accusée dit-il de consacrer une grande partie de son budget à édifier des monuments imposants comme le centre des Arts ou à moderniser son port au détriment des infrastructures élémentaires. Voilà plusieurs mois déjà que les syndicats réclamaient la mise en place de mesures de sécurité sur la ligne 1 comme l'installation de passerelles d'évacuation. Au lieu de cela on a préféré affecter de l'argent à d'autres voies fréquentées par des voyageurs au pouvoir d'achat beaucoup plus élevé et délaisser ainsi une ligne pourtant fréquentée par 52 000 personnes par jour. La ligne 1 faisait partie des principaux axes de transport mis à la disposition des pèlerins à l'occasion de la visite du Pape samedi prochain. Le métro de Valence avait prévu de tripler sa capacité à cette occasion.

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