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Drill baby, drill !

5 min

Bonjour, 5000 gallons de pétrole se déversent chaque jour dans le Golfe du Mexique, depuis l'explosion de la plateforme pétrolière DeepWater Horizon la semaine dernière. Comme de nombreux titres de la presse internationale, j'ai décidé pour vous ce matin de prendre ma calculatrice. 5000 gallons, c'est l'équivalent de 800 000 litres. 800 000 litres de pétrole par jour, ça fait environ 33 300 litres par heure, soit 555 litres par minutes. Ce qui veut dire - si mes calculs sont justes - que d'ici la fin de cette revue de presse... 2800 litres de pétrole se seront déversés dans l'océan. Si on compte qu'un plein, c'est environ 40 litres d'essence. Voilà donc 70 pleins qui seront partis en 5 minutes. J'espère que vous avez à peu près suivi... Maintenant que vous avez une idée de ce que ça représente sur 5 minutes, imaginez, comme l'évoque le site de la BBC, que compte tenu des difficultés techniques pour boucher le trou, cette fuite à 1500 mètres de profondeur peut durer plus de 3 mois. Voilà pourquoi de nombreux quotidiens titrent ce matin sur la plus grosse catastrophe écologique qu'ait connu l'Amérique. Une catastrophe qui va vraisemblablement être pire que celle de l'EXXON VALDEZ, peut on lire dans THE INDEPENDENT. Le super pétrolier, qui avait déversé plus de 11 millions de gallons au large de l'Alaska, en 1989. L'Etat d'urgence a été décrété en Louisiane titre pour sa part EL PAIS. La marée noire doit arriver dans les toutes prochaines heures et, avec ces nouveaux chiffres en tête, vous ne serez pas surpris de lire que la nappe de pétrole fait l'équivalent de la surface de la Jamaïque... renseignements pris, cela représente plus de 11 000 km², soit, pour vous donner une référence plus proche, une fois et demi la taille de la Corse. EL PAIS qui continue de manier les chiffres, comme beaucoup d'autres titres. Le quotidien espagnol nous apprend par exemple que plus de 400 zespèces de faune et de flore sont menacées sur les côtes de Louisiane. Ce qui fait dire à un expert - pas même un écologiste, simplement le directeur d'une association locale - que cette catastophe arrive tout simplement au pire endroit, et au pire moment. Pour la faune sauvage, c'est la pleine période de reproduction, principalement des espèces les plus menacées. On apprend entre autres qu'une espèce rarissime de baleines risque de s'éteindre - ah, et également le Thunnus Thynnus, vous savez, ce thon rouge déja largement menacé par la surpêche. Manque de chance, il se reproduit dans ces eaux, pile en ce moment, affirme l'expert. Les prévisions sont sinistres, résume, assez lucide, l'éditorialiste du TEMPS. Et tout le monde se retourne maintenant vers le responsable tout désigné : BP, la compagnie anglo-saxonne British Petroleum, qui exploitait la plate-forme prétrolière. BP sommée de payer les dégâts titre LE SOIR. Le groupe britannique est poursuivi pour négligence et pollution, notamment par deux éleveurs de crevette de Louisiane, qui réclament 5 millions de dollars de dommages et intérêt. D'abord le nettoyage, ensuite le bourbier pour BP titre pour sa part le TIMES. BP en eaux troubles après l'immense marée noire titre encore la BBC. Le président américain l'a dit lui même : BP est le principal responsable, il devra donc payer l'addition pour le colmatage de la fuite et la dépollution. Et les coûts sont tout aussi exponentiels que les quantités de pétrole déversées dans l'océan. Cette catastrophe va coûter au moins un milliard de dollar à la compagnie, si ce n'est le double affirme un expert pétrolier. Mais elle risque surtout de faire des dégâts à long terme, pas tant auprès du public qui continuera à se rendre dans ses stations services, qu'auprès des dirigeants et des gouvernements. BP aura du mal à se départir de son image de "SERIAL POLLUEUR". Mais si tout le monde tombe à bras raccourcis sur BP ce matin, on peut lire, dans quelques très rares titres qu'une méthode de forage, le bétonnage à haute pression, pourrait être responsable de l'explosion... une méthode développée par une compagnie dont le nom dégage une certaine odeur de souffre, HALLIBURTON - c'est le WALL STREET JOURNAL qui l'affirme. Cette activite de bétonnage représente 11% des revenus de la société, soit plus d'un milliard et demi de dollars par an. Or cette méthode est responsable, selon le journal, de 18 des 39 accidents qui se sont produits dans des puits, ces 15 dernières années. L'action du groupe - qui se refuse à tout commentaire - a chuté de 5 points hier. Et on ne voit pour l'heure que le début des ramifications politiques que va avoir cette catastrophe, affirme le WALL STREET JOURNAL. Cette marée noire plante un pieu dans le coeur du forage à proximité des côtes, explique le sénateur démocrate de Floride Bill NELSON, qui va déposer dans les prochains jours un texte pour bloquer le récent plan gouvernemental de multiplication des forages offshore. Il réclame un arrêt immédiat des tests d'exploration de puits de pétrole dans les eaux côtières. Voilà qui va contraindre le président Obama à repenser son plan d'expansion des forages offshore de pétrole et de gaz, affirme le LOS ANGELES TIMES. La catastrophe environnementale horrifique et historique, qui se déroule devant nos yeux, va pousser tout le monde à regarder d'un nouvel oeil les conséquences de notre addiction au pétrole, affirme le blog indépendant THE HUFFINGTON POST. L'American Petroleum Institute avait dupé tout le monde en assurant que le forage offshore était absolument sans danger, et résoudrait tous nos problèmes de dépendance à l'or noir, écrit l'éditorialiste, c'était un mensonge de sang froid. Espérons que cette marée noire pousse le président Obama à en finir avec la politique du "Drill, baby, Drill", qu'on pourrait traduire par, "Vas-y, bébé fore encore plus"... Bonne Journée

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