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Duel Prodi berlusconi: un chef d'oeuvre de commedia dell arte!

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Bonjour, "Sacrés Italiens! Chez eux, même la politique tourne à la farce. Ce duel Berlusconi-Prodi, un chef d'oeuvre de "commedia dell'arte", nous aura beaucoup fait rire.... écrit ce matin le Progrès de Lyon qui rajoute ironique... Car ce n'est pas chez nous, pour sûr, qu'un candidat pourrait promettre de mirobolantes baisses d'impôts. Ou son adversaire ironiser sur l'âge et la fatigue du capitaine." et il n'y a pas qu'en France que le ton est ironique pour commenter ces élections italiennes... c'est le cas chez la plupart de nos confrères européens... qui s'en donnent à coeur joie ce matin notamment avec des dessins... Le Soir en Belgique reprend une photo de Silvio Berlusconi en Pinocchio avec ce titre: le prix des promesses ! La tribune de Genève montre un Silvio à la télévision qui déclare "je promets que si je suis réélu je ferais de nouvelles promesse" Plus féroce l'Independant publie ces deux dessins... sur le 1er: Berlusconi en costume à rayures chemise à rayures cravate à rayures... est en train de se peigner sous le titre" j'ai des cheveux aujourd'hui"... sur le 2ème dessin il porte la tunique rayée des prisonniers... et tente de se peigner ; mais il est chauve... et le dessin s'intitule... tomberont ils enfin demain? Et puis il y a les photos... reprises un peu partout... celle de l'actuel président du conseil allant voter avec sa mère Rosa... ou celle de son opposant Prodi avec sa petite nièce Chiara... celle d'un italien déguisé en romain qui lit son journal à la pause... ou encore cette statue néoclassique d'une femme abattue, la tête baissée dans la main avec ce commentaire: "tristesse et déception des réformateurs" Car "c'est avec soulagement que les italiens sont allés aux urnes" titre el Pais... "Le vote marque la fin d'une campagne âpre et pleine d'insultes... ça n'est pas une campagne dont nous pouvons nous enorgueillir ! lance un électeur romain au journaliste espagnol, comme pour contredire la dernière déclaration du candidat Prodi qui considère qu'en Italie les élections sont un moment merveilleux de la démocratie où le vote se fait en toute sérénité!" Faux répond également la Tribune de Genève "et ce n'est pas nouveau ! Les italiens ont l'habitude de dire qu'ils votent en se bouchant le nez! L'absence de fair play a caractérisé toute cette campagne électorale, qui de l'avis des observateurs fut la pire depuis la deuxième guerre mondiale. La pire, écrit le quotidien parce qu'aucune des deux coalitions n'a vraiment proposé un projet de société. La gauche qui est en désaccord sur tout, se contente d'entretenir le flou artistique... quant à la droite, après 5 ans de pouvoir, le bilan économique est catastrophique et ses promesse ne sont plus crédibles... et de conclure, en absence de débat de fond les insultes ont volé bas entre les deux camps" Et même le Corriere della Serra le reconnaît " à la fin de cette campagne, il faut le confesser, nos tentatives multiples et répétées pour faire parler les deux candidats de la manière dont ils comptent aborder les problèmes du pays... ont été un échec cuisant... il est vrai que Berlusconi a eu le mérite de changer la communication politique, afin qu'elle ne soit plus réservée qu'à des spécialistes de palais... mais cela a également abouti à une trop forte personnalisation... il a su parler aux italiens, poursuit le Corriere, mais dans le même temps, parce qu'il s'est attaché à protéger ses propres intérêts contre la justice, il leur a fait perdre toute confiance en la chose politique... d'où cette conclusion: Berlusconi a certes une fois été l'homme de la situation en Italie. Il est devenu le problème majeur du pays" Cet anti-berlusconisme se retrouve un peu partout chez les voisins européens, toute tendances confondues... très cynique le Times commente ces élections de loin comme s'il s'agissait d'un curieux spectacle avec les nombreux débordements du candidat Berlusconi qui aurait envoyé des milliers de SMS aux électeurs ce week-end... qui serait apparu à la télévision vendredi soir et aurait fait paraître une publicité détournée pour son parti dans la Gazetta dello Sport... et ce, dit le Times, en complète violation des lois électorales" Alors "Silvio Berlusconi est il une fatalité? " s'interroge pour sa part le Soir en Belgique ... le président sortant cherche un plébiscite, mais les italiens doivent en réalité choisir la société dans laquelle ils veulent vivre à l'avenir: la botte vernie des paillettes, de la démagogie et du rêve américain du Cavaliere ; ou la botte paysanne terre à terre, réaliste mais pas très enthousiasmante du Professore? Le choix est difficile!" Tellement difficile "qu'il pourrait se solder par de nouvelles élections" renchérit le Times... "Et cela à cause de la nouvelle loi électorale imposée par Sylvio Berlusconi en décembre dernier et qui ne pourra donner qu'une mince majorité parlementaire quelque soit le gagnant" Et ça ne changera pas grand chose au final suggère le Temps en suisse "parque l'Italie est dirigée par des vieillards... à force de lifting on oublierait presque que Berlusconi aura 74 ans à la fin de son mandat s'il est réélu... et Prodi 71... Quant au président il est âgé de 85 ans.... et seul 5% des parlementaires ont moins de 40 ans... alors comment une gérontocratie peut elle gérer les défis de la globalisation? Apporter des solutions créatives, une vision dynamique aux nouvelles générations? La réponse est simple: elle ne peut pas... et de conclure... l'Italie a une soeur jumelle dans ce domaine: la France... Jacques Chirac aura 74 ans en novembre... et l'on s'étonne qu'il paraisse dépassé... la France et l'Italie sont deux états où les mêmes acteurs jouent depuis trop longtemps leur pièce usée dans un décor d'opérette!" Et dans la même lignée, la Stampa explique " que toute l'Europe semble vivre dans une fièvre pré ou post électorale... on critique la campagne électorale italienne. Mais regardons la Hongrie, écrit notre confrère... le candidat sortant de la coalition centre gauche est l'homme le plus riche de ce pays de 8 millions d'électeurs, une espèce de Berlusconi danubien, progressiste qui se fait appelé le millionnaire rouge... son programme exubérant promet tout: les fonds de Bruxelles... les réductions d'impôts etc... Et pourtant son bilan est catastrophique, ... "Tout comme celui de la droite en Italie" lance el Pais " l'Italie à la dette publique la plus lourde de l'union... ses trains ses autoroutes sont des antiquités... son chef de gouvernement est devenu en 5 ans l'homme le plus riche du pays et ce via des affaire de corruptions évidentes! Quant à la mafia, en 5 ans elle a repris du poil de la bête et constitue la première entreprise nationale causant chaque année des centaines de morts... et pourtant rajoute le journal madrilène qui a mené un reportage dans tout le pays ce week-end... les italiens savent comme personne garder leur sens de l'humour, leur art de vivre... il se disent sceptiques oui ... découragés aussi... mais triste jamais de la vie!"

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