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Ebola : les Etats-Unis tentent de rassurer leur population

4 min

Par Marine de La Moissonnière

Le Pentagone est en train de mettre sur pied une force d’intervention rapide. 30 militaires - 5 médecins, 20 infirmières et 5 formateurs - seront prêts à se rendre n'importe où dans le pays, sous 3 jours si un nouveau cas venait à être diagnostiqué. Ils auront pour mission d’aider les médecins civils qui ne savent pas comment lutter contre ce virus mortel, explique le Washington Post.

Cet annonce que le secrétaire d'Etat à la Défense Chuck Hagel a faite hier, intervient alors que les autorités fédérales tentent de rassurer la population très inquiète depuis l'arrivée d'Ebola sur le sol américain, raconte le quotidien. Tous les jours, les journaux du pays se font l'écho de cas de peur irrationnelle, rapporte El País qui dresse un petit florilège. Une école du Maine a obligé un instituteur à passer trois semaines en quarantaine seulement parce qu'il s'était rendu à Dallas, là où les trois malades ont été contaminés aux Etats-Unis. Dans un autre établissement scolaire, cette fois dans le Mississipi, des parents refusent que leurs enfants aillent à l'école parce que le directeur s'est rendu en Zambie, soit à des milliers de kilomètres des zones touchées par l'épidémie.

Les Américains s'interrogent sur la capacité des autorités sanitaires de leur pays à répondre à cette crise. Les excuses présentées hier par l'hôpital de Dallas qui avait dans un premier temps renvoyé chez lui le malade atteint d'Ebola, mort depuis, ne vont pas contribuer à apaiser les choses. Dans le Dallas Morning News et le Forth Worth Star Telegram, le directeur a regretté de ne pas avoir su interpréter les symptômes du patient dès le début, ce qui semble prouver que les hôpitaux américains ne sont pas prêts.

L'Agence fédérale en charge des malades infectieuses, le CDC, avait toujours fait du bon boulot, écrit Joe Nacera du New York Times. Le Sras, la grippe aviaire... toutes ces épidémies ont été parfaitement gérées. Mais là les erreurs s'accumulent. Et le journaliste de les lister : l'Agence n'a pas envoyé d'expert à Dallas. Elle a ensuite autorisé l'une des infirmières qui avait soigné le malade à prendre l'avion alors qu'elle avait de la fièvre. Et plus généralement, les protocoles d'intervention sont trop laxistes.

Alors y a-t-il des circonstances atténuantes ? s'interroge le journaliste. Les spécialistes des maladies infectieuses répondent par l’affirmative.

Tout d'abord, comme tous les organismes fédéraux, cette Agence a vu son budget diminuer considérablement ces dernières années. Alors comme il était peu probable que le virus Ebola arrive aux Etats-Unis, il n'a pas été jugé utile de dépenser de l'argent public devenu rare pour se préparer, explique Marc Lipsitch de l'Ecole de santé publique d'Harvard.

Ensuite, comme bien d'autres agences fédérales, le CDC a vu sa mission redéfinie après les attentats du 11 septembre, réorientée vers le bioterrorisme notamment. La responsable de l'époque a embauché des spécialistes de l'efficacité, ce qui était une abomination pour les scientifiques en poste, raconte Laurie Garrett, auteur du livre "La peste à venir ". Conséquence, certains d'entre eux - parmi les meilleurs - sont partis.

Aujourd'hui, l'Agence fédérale a fait preuve d'incompétence, estime le New York Times . Les gens ont peur. Le personnel médical ne cache pas non plus ses craintes. Hier, c'est le directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses, Anthony Fauci, qui a fait le tour des télévisions, raconte le Washington Post . Il a pris la parole sur NBC pour dire que ce n'était pas normal que seuls quatre centres médicaux dans le pays soient équipés pour traiter des malades d'Ebola. Sur la chaîne ABC, il a également réclamé que de nouveaux protocoles plus stricts soient mis en place, notamment que les combinaisons de protection ne laissent à découvert aucune partie du corps aucun morceau de peau. Les procédures utilisées actuellement, a-t-il expliqué, ont été pensées par l'OMS pour les déserts ou les forêts africaines, pas pour des hôpitaux et des soins intensifs.

Autre facteur qui explique les inquiétudes des soignants, selon El País , l'arrivée de la grippe. Au début, les symptômes sont les mêmes, explique le journal espagnol. Les hôpitaux pourraient donc être débordés par l'arrivée de patients sans savoir s'il s'agit d'Ebola ou de la grippe.

La deuxième maladie est tout aussi grave que la première. Comme le fait remarquer le docteur Sampson Davis, dans une dépêche de l'agence Reuters, aux Etats-Unis, on a plus de chance de mourir car on ne s'est pas fait vacciner contre la grippe que du virus Ebola.

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