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Ecouter d'autres voix.

6 min

Par Cécile de Kervasdoué

Que faire à l'approche d'un feu de circulation éteint ? Le conducteur doit il passer, s'arrêter ou avancer en redoublant de prudence ?

C’est cela aujourd'hui conduire à Athènes ! Nous raconte le Soir en Belgique. Nombre de feu de circulation ne s'allument plus faute d'entretien. L'état n'a plus les moyens de payer l'électricité et la facture en souffrance est de 51 millions d'euros accumulés depuis 1998 malgré 32 procès remportés par l'opérateur d'électricité grec. La Grèce en est rendue là! Ça peut paraitre insignifiant mais c'est un détail de plus!

C'est vous dire combien la situation est grave ! ironise cet éditorialiste d'el Periodico cette fois en Espagne. La situation est grave ça on n'arrête pas de le répéter depuis le FMI de New York jusqu'à Bruxelles Berlin ou Londres et à travers toute l'Europe. La situation est d'autant plus grave rappelle el Periodico que les politiques qui y sont confrontés soufflent le chaud et le froid : il faut l'austérité la rigueur nous disait on il y a quelques mois, faire des sacrifices et voilà qu'on entend maintenant d'autres voix, une autre recette : la croissance.

C’est particulièrement vrai en Grande Bretagne, rappelle le Guardian ce matin. En 2010 tout le monde applaudissait les mesures d'économie draconiennes du gouvernement : l'économie britannique est sur le point d'être relevée disait alors le FMI. Hier seulement deux ans après, c’est le constat d'échec du même FMI : euh non en fait ça n'a pas marché et il nous faudrait très vite un plan B !

« le plan B voilà bien ce qui intéresse tous les gouvernements européens en ce jour de sommet européen » écrit Publico au Portugal. Un plan B, un vent nouveau que pourrait d’ailleurs souffler François Hollande : la fin de l'austérité, la fin des mesures qui étranglent les citoyens européens?

Mais faut il y croire ? interroge la BBC britannique. C'est bien joli de dire : il faut faire revenir la croissance et mettre fin à l'austérité mais comment revenir à la croissance ?

Certainement pas avec du keynésianisme pur répond le Financial Times ce matin, les pays de la zone euros sont bien trop endettés pour se lancer dans des grands travaux.

Alors il faut faire appel à l'étranger propose Gordon Brown dans une colonne de l'International Herald Tribune américain. On parle de solidarité intra européenne mais il faut surtout le soutien des autres continents, une solidarité mondialisée en sorte venue du FMI des Etats Unis et pourquoi pas de la Chine ?

Tiens la Chine ! Elle est d'ailleurs de plus en plus présente en Europe écrit Hurriyet ce matin en Turquie. L'Allemagne qui a besoin d'écluser sa production a lié progressivement des liens avec la Chine qui s'implante elle financièrement de plus en plus en Europe.

Alors attention prévient l'Independent, attention de ne pas crier victoire trop vite et de ne pas se réjouir de fausses promesses de croissance. Il s'agirait peut être pour nos politiques d'oser enfin dire la vérité devant cette situation sans précédent, même si elle est compliquée cette vérité !

Attention aux paroles paroles paroles ! Ironise pour sa part le journal de Budapest en Hongrie pour qui le sommet d'aujourd'hui ne pourra que prouver l'incurie des politiques européens.

Ou bien, il s'agirait sans doute de regarder un peu en dehors des voix que l’on entend tout le temps, en dehors des institutions, des politiques et des gouvernements ? Considère le site al jazzera.et de regarder les populations et de s’inspirer des citoyens !

Al jazzera pose cette question qui s'adresse directement aux médias : comment se fait il qu'en moins d'un an les media ne s'intéressent plus aux mouvements de population? Interroge le site qatari.

Les grandes manifestations d'Occupy par exemple aux Etats Unis et dans bien d'autres pays du monde ont complètement disparu du champs médiatique.

Prenez la grève inédite et majeure des enseignants espagnols et de tout le corps éducatif du pays. Il y a un an elle aurait fait les gros titres, mais plus aujourd'hui. Comme les manifs et débordement des grecs, tout se passe comme si le spectacle avait fini par lasserles cameramen, ces images de feu de colère et de cris ne sont plus cinématographiques alors elles n'existent plus sur les écrans. En les dédaignant, les médias font comme les politiques, ils ne comprennent pas le mouvement en marche parce qu'il n'est pas dans leur espace temps: celui de l'immédiateté mais il y a pire : ils se coupent de leurs forces vives, leur public, et inventent une image du monde complètement artificielle qui ne pourra à terme qu’être vilipendée.

Il est vrai qu'hier pour la première fois dans toute l'histoire de l'Espagne, tous les secteurs de l'éducation publique des 14 communautés autonomes sont descendues dans les rues, raconte My Europe. De la garderie jusqu'à l'université, ils ont dit non aux 6 milliards d'euros d'économie dans l'éducation publique et à l'augmentation des frais d'inscription de l'université de 135%

Quand nos politiques comprendront il que se priver de l'éducation publique c'est se priver du future? Titre el Pais espagnol. L'éducation privée n'est pas une solution parce qu'elle exclue toute une partie de la population. C'est non seulement dramatique pour la cohésion sociale, mais c'est dramatique pour l'avenir de toute l'Europe

Et même le commissaire européen Michel Barnier en convient dans La Croix ce matin. Le modèle européen a dérivé depuis 20 ans au profit d'une vision parfois trop libérale de l'économie. Il faut corriger cette dérive, soutenir d'urgence l'économie sociale et solidaire.

Aurait il entendu le nouveau tenant de la gauche grec qui fait sa tournée en Europe annonçant ainsi prévient Hurriyet en Turquie le nouveau visage de la Grèce et de l'Europe ?

Car il faut aussi entendre la voix de ce comique italien Beppe Grillo qui secoue le monde politique italien avec ces idées de gauche ! titre la BBC

Ou encore le libertaire Sacha Lobo devenu incontournable en Allemagne raconte Die Zeit, parce qu'il est le symbole de la génération internet et de ce parti pirate qui chamboule les scrutins allemands.

mais s'il y a une seule oreille à tendre et dans un avenir immédiat prévient pour conclure La croix sans doute du côté de l'Irlande. Vous savez ce bon élève de l'austérité. Jeudi 31 mai les irlandais qui en apparence ont accepté bon gré mal gré toutes les coupes budgétaires s'exprimeront par référendum sur le pacte de stabilité européen. Leurs voix pourrait sans doute plus que la rue européenne envoyer un message fort aux dirigeants européens !

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