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Elections américaines 2016 : Donald Trump trompera-t-il son monde ?

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"Je suis officiellement candidat à la présidence des États-Unis, et nous allons rendre à notre pays sa grandeur ", a déclaré le milliardaire américain Donald Trump annonçant ainsi sa candidature à l'investiture républicaine.

Donald Trump annonçant sa candidature à la présidentielle américaine
Donald Trump annonçant sa candidature à la présidentielle américaine Crédits : Justin Lane - Maxppp

PAR LUDOVIC PIEDTENU

Marc, auriez-vous fait votre entrée sur une estrade sur cette musique ? Celle de Neil Young disant au peuple américain de préférer le monde libre. Que face à la sinistrose, "il y a un homme du peuple qui vous dit de garder l'espoir vivant". C'est le propos de cette chanson, à la base une critique de l'administration Georges Bush Père en 1989, et c'est là dessus que le milliardaire américain, magnat de l'immobilier, Donald Trump est entré hier dans le hall de SA Trump Tower sur la 5ème Avenue à New-York pour se lancer dans la course à la Maison Blanche.Sur le site de CNN, le titre de la chanson est détourné : "probablement, peu de gens vont basculer dans le monde libre de Trump" assure la chaîne d'info en continu. A commencer par "Neil Young lui-même dont le manager a fait savoir qu'il n'avait pas donné son accord pour utiliser sa chanson. Que tout en étant citoyen canadien, il était un partisan du sénateur démocrate Bernie Sanders comme Président des Etats-Unis." Sanders, adversaire d'Hillary Clinton.Donald Trump, "roi de l'immobilier et de la télé réalité, a donc mis fin à plus de deux décennies de flirt persistant avec cette idée d'être candidat" dans un discours de 45 minutes que CNN décrit "long et sinueux". Globalement, la tonalité de la presse américaine ce matin est moqueuse.Un article satirique est déjà en ligne sur le site du New-Yorker qui indique que la candidature de Donald Trump inquièterait très fortement les jihadistes de l'organisation Etat Islamique. Pour USA Today, Donald Trump est "connu pour son franc-parler et son attitude de vantard, ce qui est un euphémisme", précise le quotidien.Pour autant, USA Today invite ses lecteurs à ne pas prendre cette candidature à la légère. "Pourquoi cela a-t-il de l'importance ?" titre le journal.Quatre éléments de réponse :"Premièrement, Trump ne sera pas le candidat des Républicains. La plupart d'entre eux disent qu'ils ne voteront jamais pour lui. Néanmoins, il est un aimant à caméra. Ce qui bien sûr est un point important." "Deuxièmement, il est susceptible de participer aux débats télévisés. Dans le cadre des Primaires, tout est fonction des intentions de vote dans les sondages nationaux, et cela repose en grande partie sur la renommée. S'il y a bien une chose que vous pouvez dire sur ce Donald, c'est que les Américains connaissent ce nom." "Troisièmement, quand Trump prend position, qu'elles soient frivoles ou extrêmes, cela complique la donne pour les autres qui sont à leur tour obligés de répondre, comme par exemple le fait de se demander si Barack Obama est bien né aux Etats-Unis.""Enfin, conclut USA Today, s'il va jusqu'au bout, arriverez-vous vraiment à ne pas regarder ?"Car "cette fois-ci, c'est pour de vrai" titre le New-York Times, enfin "c'est lui qui le dit".Le quotidien écrit qu'il faut tenir compte de "sa puissance perturbatrice", "de son appétit pour le combat, de son habileté à amuser la galerie" pour "ne pas être si facilement confiné aux marges de cette présidentielle 2016."Même si bien sûr "il semble difficile d'imaginer que les Républicains choisissent de rebondir avec un magnat de l'immobilier très riche après être déjà tombé dans la caricature en 2012 avec Mitt Romney, un financier choyé et atone politiquement" écrit le New-York Times, Donald Trump joue de sa prosperité et de son profil d'homme d'affaires."Il n'y a que quelqu'un de riche comme moi qui peut restaurer l'économie américaine" lance-t-il hier. "Nous avons besoin de quelqu'un qui peut prendre la marque Etats-Unis et la rendre plus grande encore" a-t-il dit à plusieurs reprises "prenant pour cible la Chine et le Mexique comme concurrents économiques, et promettant d'être le plus grand Président en matière d'emploi que Dieu n'ait jamais crée". A 69 ans, Donald Trump, accorde une interview exclusive à la chaine conservatrice Fox News, il moque l'un de ses adversaires républicains, Jeb Bush, le frère de l'ancien Président Georges W. Bush." La dernière chose dont nous avons besoin est bien un autre Bush, croyez-moi". Même critique contre Hillary Clinton, "ce pays va aller mal si nous avons un autre politicien". Lui se voit renouer le dialogue avec le Russe Vladimir Poutine, "tout est question de charisme et de leadership" dit-il à Fox News. "Sur quoi basez-vous cela ?" demande le journaliste. "Sur une impression" répond Trump. "Dans la lutte contre l'Etat islamique, il désignera un grand Général, un Patton ou un MacArtur et il frappera si fort qu'ils en auront la tête qui tourne." "Sur l'accord nucléaire avec les iraniens, il plaide pour un accord mais pas celui-là. Et auparavant il doublera ou triplera les sanctions pour obtenir un meilleur texte."Le Monde selon Donald Trump est moqué. Le magazine Time décrit cet univers où tout est Trump, "la tour Trump, les magasins Trump, les chocolats Trump, les banana splits Trump et l'eau de cologne Trump qui s'appelle "Succès". "Le quotidien Washington Post enfonce le clou et raconte comment le hall de la Tour où il a prononcé son discours a été rempli de touristes à qui l'on offrait des t-shirts et promettait de voir un "spectacle". Pour le Christian Science Monitor, "cette candidature est un cadeau fait au Parti Démocrate". "Elle va affaiblir les autres candidatures des Républicains." "Ce à quoi nous avons assisté hier était une performance artistique, écrit le quotidien. Du rouge (la cravate), du blanc (la chemise), du bleu (la veste), ce Donald était une hyperbole et tellement sûr de lui, faisant des promesses grandioses, se vantant de ses milliards, et faisant de l'ombre tant aux Républicains qu'aux Démocrates, en d'autres termes, il était Donald Trump."

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