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Et si la gauche radicale arrivait au pouvoir en Grèce ?

4 min

La Grèce une fois encore au bord du gouffre.Aujourd'hui, pour la deuxième fois, le Parlement à Athènes tente d'élire un nouveau Président de la République.En cas de nouvel échec, il n'y aura plus qu'une seule possibilité, un troisième et ultime vote.Et cela met en ébulition la presse internationaleCar si les députés grecs ne parviennent pas à s'entendre pour désigner un chef de l'état, le Parlement sera dissout et de nouvelles élections législatives organisées.Et le favori des sondages et probable vainqueur de ce scrutin serait le parti de la gauche radicale Syriza, ennemi déclaré des politiques d'austérité en vigueur en Grèce depuis 6 ans.Le monde retient donc son souflle, que l'on soit favorable ou non à l'arrivée au pouvoir du parti d'Alexis Tsipas.Un compte à rebours qui fait titrer au journal grec Ekathimerini, le quotidien en grec, un journal de centre droit plus que centenaire " Qui a fait perdre la Grèce ?" Car si le pays fait défaut, il faudra bien trouver les coupables.Et le journal d'énumérer les suspects habituels : les hommes politiques grecs tout d'abord qui ont ruiné le pays avec des décennies de mal gouvernance. Le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble ensuite, accusé par Ekathimerini d'avoir voulu punir la Grèce afin de rassurer l'électorat allemand au moment où on allait lui demander de donner des milliards d'euros dans le plan d'aide à Athènes. Et enfin le FMI a qui le journal reproche d'avoir choisi l'austérité seule sans les réformes de structures.Alors maintenant que le mal est fait et que le monde entier s'attend à l'arrivée imminente au pouvoir de la gauche radicale, que pensent les grands titres de Syriza ?Comme en Grèce, il y a ceux qui le craigne et ceux qui l'espère.The Guardian, le quotidien britannique de centre gauche a choisi son camp. Dans un éditorial, il souhaite ardement la venue au pouvoir d'un parti qui pourrait tuer l'austérité en Europe et mettre fin aux diktats des marchés financiers et de l'Union européenne.Et The Guardian de rappeler les souffrances du peuple grec avec un quart de la population au chômage, une pauvreté qui a augmenté de 25% et l'ombre malfaisante et inquiètante des nazis d'Aube Dorée, crédités de 15% d'intention de vote dans les sondages.Pour The Guardian, Syriza, c'est l'espoir de l'annulation de la dette, comme pour l'Allemagne en 1953 et la mise en place d'un grand New Deal européen. Et si Syriza ne parvient pas à s'entendre avec ses créanciers européens, il sera toujours temps de penser à un Grexit, une sortie de l'Union européenne sur le modèle du Brexit britannique.A l'autre bout de l'échiquier politique britannique, le libéral Financial Times, fait également le même constat amer de l'échec de cette politique d'austérité en Grèce. Le FT qui affirme que la tragédie de l'Eurozone aujourd'hui, c'est le renoncement des partis de gouvernement de centre-gauche et de centre-droit à lutter contre le glissement de l'économie européenne dans une sorte d'hiver nucléaire.Mais tout le monde n'est pas convaincu par les capacités de Syriza à sortir le pays de la crise.Dans un éditorial posté sur son site internet, la chaine publique anglaise Channel 4 s'interroge en rappelant que si Alexis Tsipas, le leader de Syriza accédait rapidement au pouvoir, il se trouverait confronté aux mêmes difficultés que le gouvernement actuel.Car négocier la suppression de la dette et de l'austérité avec l'Union européenne et le FMI, cela risque de prendre du temps, car en clair, il sera nécessaire de s'entendre avec Angela Merkel. Il faudra donc de la patience à l'électorat grec. Et Channel 4 de s'interroger, et si ces négociations échouent, comment la Grèce fera face à ses échéances ? Et l'article de se conclure sur cette question : Comment un parti d'activistes et de professeurs va pouvoir diriger efficacement l'économie la plus troublée du monde développé ?Même craintes dans les pages du Wall Street Journal. Le quotidien américain est allé à la rencontre du monde des affaires grec. Des patrons qui craignent ces élections anticipées. Comme le résume l'un d'entre eux, chef d'une entreprise du secteur de l'énergie côtée à la bourse d'Athènes : "L'économie grecque est à un point critique, au moment où les investissements pourraient reprendre et le pays s'en sortir, tout est au point mort à cause de cette incertitude politique".Et le Wall Street Journal de rappeler que la bourse d'Athènes a perdu 10 milliards d'euros ce mois-ci et que les investisseurs étrangers sont méfiants.Alors, n'y aurait-il plus aucun espoir pour l'économie grecque ? Plus personne pour croire en l'avenir ?Il reste quand même le ministre grec des finances pour croire en sa politique.Dans une interview accordée à Greek Reporter.com, Gikas Hardouvelis affirme que la Grèce pourra à nouveau acceder aux marchés financiers en 2015 pour se financer sans avoir besoin d'une aide extérieure.D'après le ministre, les négociations avec la Troïka sont en bonne voie avec un accord trouvé sur la fiscalité qui devrait être adopté par le parlement. Cet accord, devant permettre à la Grèce de recevoir la dernière tranche d'aide de l'Union européenne d'1,8 milliard d'euros et du FMI de 3,6 milliards d'euros.Gikas Hardouvelis terminant par un appel au consensus politique au nom de l'économie grècque.Et pour finir, Greek Reporter donne ce dernier chiffre encourageant : il y a eu entre avril et octobre 2014, plus de deux millions de touristes en plus en Grèce par rapport à l'année précédente.Ah oui, détail important, il s'agit de deux millions de touristes...Allemands...

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