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Fin de trève en Ukraine ?

5 min

Par Eric BiegalaEst-ce la fin de la trève armée en Ukraine, le début d'une nouvelle offensive majeure des séparatistes soutenus par la Russie ? "Cela y ressemble" analyse un leader européen cité par The Daily Beast ... "Nous en sommes toujours à évaluer la situation dans le détail mais il s'agit clairement d'une escalade majeure, sur plusieurs fronts et qui reflète le non-respect par les forces combinées russes et séparatistes des accords de Minsk" déclarait hier au même site web américain un diplomate occidental.Ce qui est clair c'est qu'une véritable bataille, intense, lourde s'est déroulée hier à partir de 4 heures et demi du matin dans la petite ville de Marinka, à l'ouest de Donetsk, une localité tenue par les forces ukrainiennes mais à proximité immédiate de la ligne de séparation entre les forces armées des deux camps. Normalement, et depuis les accords de cesser-le-feu signés à Minsk en Bielorussie en février dernier, toutes les armes lourdes auraient du être évacuées des abords de la ligne de séparation, mais depuis quelques jours l'OSCE, qui est censée surveiller la réalité de cesser-le-feu a constaté que les point de regroupement de ces armes lourdes du côté des rebelles séparatistes avaient été vidés et que d'importants convois, notament de blindés se dirigeaient vers le front ouest de Donetsk, plus précisément vers Marinka. Pendant pratiquement toute la journée d'hier les batterie de lance-roquette multiples et apparemment aussi des chars russes ont copieusement "arrosé" la localité... Sur la chaine ukrainienne en ligne Hromadske.tv , un volontaire paramédical confirmait selon ses mots que Marinka et Krasnohorivka - une autre localité quelquse 7 Km au nord de Marinka - "étaient en feu" ; il parlait d'"au moins 25 combattants uklrainiens blessés dans l'offensive" ... En retour, les forces ukrainiennes ont ramené sur place leurs propres batteries de lance-roquette multiple, confirmait à la presse ukrainienne un général de l'armée de Kiev... avec visiblement l'envie de s'en servir.L'un des seuls journalistes présents sur la zone, côté ukrainien, Tom Burridge de la BBC , raconte qu'il pouvait "entendre le fracas de la bataille autour et dans Marinka avec un constant barrage d'artillerie pendant toute l'après-midi" d'hier et au moins à trois occasion, l'équipe de reporters britannique a pu voir le départ de tirs de lance roquette multiple ukrainien visant les positions des rebelles... A la fin de la journée, tant les rebelles pro-russe que les militaires ukrainiens assuraient chacun de leur côté tenir Marinka... "Qui exactement contrôle la ville ? ce n'est pas clair" , écrit ce matin Tom Burridge sur le site web de la BBC ; "ce qui est certain c'est que les deux campr ont probablement souffert de pertes nombreuses dans la bataille" . Côté ukrainien, le ministère de la santé parle de 25 blessés et de 3 à 4 tués, dont une femme, une civile ; du côté des rebelles l'agence RIA Novosti cite le vice commandant en chef de l'armée des séparatistes, Eduard Basurin faisant état de 14 combattants tués et 86 blessés - dont 18 sérieusement - chez les rebelles. L'Ukrainska Pravda , le quotidien de Kiev, cite par ailleurs un haut responsable des forces de défense ukrainienne annonçant côté rebelle, le décès de quatre soldats de la Fédération de Russie appartenant aux unités de renseignement et d'opérations spéciales les fameux GRU... Le mois dernier, deux sous-officiers du GRU russe, blessés dans un échange de tir, avaient été fait prisonniers par les forces ukrainiennes... A Moscou, bien sûr, on parle de "provocations" ukrainiennes... Mais dans le même temps Valentina Matvienko, la présidente du Conseil de la fédération, la chambre haute du Parlement russe a prévenu ses collègues parlementaires de ne pas s'absenter trop longtemps et que le Conseil de la Fédération pourrait bien avoir à siéger incessament en session extraordinaire, rapporte l'agence russe Interfax ; la dernière fois que le Conseil de la Fédération s'est réuni en session extraordinaire c'était en mars 2014, pour autoriser le président Poutine à engager les forces russes à l'étranger. Depuis, précise Dozhd Tv , l'un des derniers medias russe intdépendants, cette autorisation a été levée et il pourrait bien s'agir - avec cette nouvelle session extraordinaire - de la reconduire... L'opération sur Marinka pourrait être effectivement le prélude à une offensive beaucoup plus importante, analyse pour sa part Mickaël Weiss dans les colonnes du Daily Beast . "Si Marinka tombe ert que les russes réussissent à repousser les ukrainiens au-delà de l'autoroute qui relie Donetsk à Marioupol (sur la mer d'Azov) ils devraient logiquement poursuivre leur avancée vers Volnovakha, une ville dont l'armée de Kiev a desespéremment besoin si elle veut garder le contrôle de Marioupol . Or, poursuit-il, Poutine a besoin de Marioupol "s'il veut effectivement contrôler un pont terrestre entre la Russie et la Crimée occupée. Mais l'offensive sera longue et coûteuse, précise-t-il immédiatement, la plupart des experts suggérant que pour prender une ville comme Marioupol, la partie russe devrait déployer sur le terrain des forces allant jusqu'à 100 000 hommes. ""On dirait bien que Vladimir Poutine s'apprète àde toutes façon passer un second été d'affilée à faire la guerre, écrit encore Mickaël Weiss. "La question est de savoir ce que les Etats-Unis et l'Europe sont prêts à faire en réponse, s'ils sont prêts à faire quoi que ce soit" ...Hier soir la porte-parole du département d'Etat américain Marie Harf prévenait la Russie que "c'est à elle qu'incombait la responsabilité de prévenir de telles attaques séparatistes " (contre Marinka), rapporte Radio Free Europe . "Toute tentative de prise de contrôle supplémentaire du territiore ukrainien entrainera pour la Russie un coût supplémentaire" , indiquait la porte-parole de la diplomatie américaine.A Moscou, la bourse n'a pas attendu les menaces à peine voilées de Marie Harf pour dévisser hier. Dès l'annonce en début de journée d'une reprise des hostilités en Ukraine, le Rouble qui s'était stabilisé durant les trois derniers mois de cesser-le-feu a chuté de près 2,7% dans la journée face au dollars rapporte ce matin Vedomosti , le quotidien économique moscovite. Les marchés anticipent clairement une poursuite voire une relance des sanctions occidentales contre Moscou.

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