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G20, le tête à tête improbable : la revue de presse internationale de Thomas Cluzel

4 min

Par Thomas CLUZEL

Tandis que les dirigeants des principaux pays du monde se retrouvent aujourd'hui à Saint Petersburg, deux hommes risquent d'attirer à eux toute l'attention. Et a priori, François Hollande, pourtant le Terminator des temps modernes, Napoléon la poésie en moins, comme le raille un journaliste du site ALGERIE FOCUS, François Hollande donc ne fera pas partie de ceux là, jugé qu'il est notamment par le quotidien britannique THE GUARDIAN comme un simple caniche de Washington ou plus exactement, le nouveau caniche depuis que le vieux, comprenez le Royaume-Uni, s'est enfui.

Non, le tête à tête improbable, c'est évidemment Poutine versus Obama. Car il y a un mois, peu après l’annonce de l’annulation d’un sommet russo-américain à Moscou, Barak Obama avait fait peser directement sur son homologue russe la responsabilité de cette détérioration des relations entre les deux pays, en notant davantage de rhétorique anti-américaine en Russie depuis le retour de Poutine au pouvoir. Au point, d'ailleurs, que la décision, à l'époque, de ne pas se rendre à Moscou avait suivi de peu, l’octroi d’un asile temporaire à un certain Edward Snowden.

Cette fois-ci, Barak Obama ne peut pas faire autrement que de se rendre chez l'ennemi. Pour autant, les deux hommes auront-ils un tête à tête ? Rien n'est moins sûr. Hier déjà, le quotidien russe IZVESTIA se demandait comment placer autour de la table Vladimir Poutine et Barack Obama, étant donné l’antipathie qui règne actuellement entre les deux hommes. Faut-il suivre l’ordre des pays selon l’alphabet cyrillique ou anglais ? Traditionnellement en effet, le placement s'effectue en fonction de l'alphabet du pays hôte du sommet. Sauf que dans l’alphabet cyrillique, cela mettrait les deux hommes pratiquement l’un à côté de l’autre. Et voilà pourquoi, selon le journal, c’est l’anglais qui pourrait, exceptionnellement, l’emporter, car cela mettrait non seulement l’Arabie Saoudite, mais aussi l'Afrique du Sud, la Corée du Sud et le Royaume-Uni entre les deux hommes.

Quoi qu'il en soit et avant la rencontre d'aujourd'hui, on imagine que chacun des deux camps a fait le décompte de ses soutiens. Alors à Washington, fort opportunément, les ténors de la droite républicaine conscients de l’enjeu ont promis de soutenir Barack Obama. Sauf que les partisans d’une action militaire contre Bachar ­el-Assad restent encore nettement minoritaires. Mais plus encore, tandis que la Maison-Blanche prône une intervention armée, le président russe, lui, se pose désormais en garant du droit international. Et voilà comment, analyse LE TEMPS de Genève, avec Poutine, la Russie a aujourd'hui le sentiment de retrouver sa place au centre de la scène internationale. Pour Vladimir Poutine, c’est évidemment une victoire personnelle éclatante. Et nul doute que lorsqu’il recevra ses hôtes aujourd'hui sous les lambris de la magnifique Saint-Pétersbourg, la ville du tsar, l'homme fort de Russie aura du mal à camoufler sa satisfaction.

Et pour cause, quel retournement, commente encore le journalise. Il y a un peu plus de quatre ans, lorsque l’administration Obama tendait la main à la Russie, le jeune président américain semblait tenir la planète toute entière entre ses mains. Rien ne lui résistait et pas même les vieux ennemis russes, séduits comme tout le monde. Alors, aujourd’hui, Obama n’a pas changé de méthode. Mais il semble en quelque sorte être arrivé au bout de sa logique. Maladroitement, il a tracé des lignes rouges qui n’ont fait que le limiter lui-même. Et c'est ainsi, conclue l'article, que lui qui, officiellement, s’était fait l’ardent défenseur de la légalité internationale se retrouve à présent à contre-emploi, comme dans un rôle qui n’est pas le sien.

Même analyse pour LA REPUBBLICA. La dégradation du conflit syrien a rebattu les cartes entre Washington et Moscou, analyse le quotidien de Rome : la désunion de l'Occident et les hésitations de Barack Obama offrent à Vladimir Poutine l'occasion en or d'échapper au cauchemar qui se dessinait, comprenez une Russie condamnée à jouer les seconds couteaux dans la joute bipolaire entre la superpuissance historique, les Etats-Unis et la puissance émergente, la Chine. Et d'en conclure, pour Poutine, ce sommet est donc une scène idéale pour défier Barak Obama.

Quid, néanmoins, des documents des renseignements occidentaux, attestant de la responsabilité du régime de Bachar el-Assad dans l’utilisation d’armes chimiques ? Bien entendu, les Occidentaux vont certainement les brandir lors de cette réunion afin d’embarrasser leur adversaire. Mais, sûre de son bon droit et prête sans doute à un ergotage sans fin, la Russie a le temps pour elle : elle attend le résultat des inspecteurs de l’ONU, qui n’ont au demeurant pas compétence pour désigner un coupable. En clair, conclue à nouveau LE TEMPS, c’est bien la Russie de Vladimir Poutine qui, aujourd’hui, fait mine de se porter garante de l’ordre du monde. Et c’est à elle qu’il faudra quémander un retour à la raison diplomatique.

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