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Gaza : Qui s'est arrêté le premier ?

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Qui d'Israel ou du Hamas a le premier annoncé une trêve ? La question se pose à lire les unes de la presse internationale ce matin. Le New York Times choisi l'ambiguité en titrant "Le Hamas, d'accord pour un cessez le feu d'une semaine". Pour El Pais, "le Hamas accepte le cessez-le feu annoncé par Israel". Même présentation dans The Guardian pour qui "Le Hamas se joint au fragile cessez le feu israélien". Prudent, presque distanciée, Al Jazeera titre sur son site "Une trêve précaire à Gaza". "Cessez-le-feu unilatéral et fragile à Gaza" affiche pour sa part le Temps à Genève. Alors que le mouvement islamiste donne à l'Etat hebreu une semaine pour quitter le territoire, Israel répond que c'est elle qui choisira le moment de son retrait. "Mais l'opération n'est pas terminée" affirme un porte parole de l'armée. Tout cela fait partie de l'arsenal psychologique déployé par les deux camps, analyse Der Spiegel, face à deux cessez-le-feu unilatéraux. Quelques heures avant la trêve annoncée par Israel, le Hamas se vantait encore des "surprises" qu'il avait préparé aux soldats israéliens en cas d'incursion au sol. "L'armée israelienne aurait été prudente" commente Efraim Kam, le directeur de l'institut national des études sur la sécurité à l'univesité de Tel Aviv, "mais la propagande du Hamas les a incité à être encore plus prudents". De son côté, Haaretz à Jérusalem choisi de commenter cette trêve. "Dans la générosité et la suspicion", c'est le titre de l'éditorial. Aucune des parties ne se fait d'illusion. L'Etat hebreu a toujours le doigt sur la gachette sauf qu'il doit maintenant faire preuve de générosité en donnant des permis de circuler aux Palestiniens et en apportant une aide non seulement humanitaire, mais technique dans le travail de reconstruction. L'espoir que les Gazaouis se retourneraient contre le gouvernement du Hamas a été vain et il n'y a plus de raison de punir la population. Et maintenant que la bataille a pris fin, ou du moins fait une pause, analyse The New York Times ce qui a été accompli n'est pas bien clair. Les trois semaines d'une guerre surpuissante menée par Israel ont-elle affaibli le Hamas ou simplement causé une profonde souffrance humaine ? Israel savait qu'il ne pourrait pas détruire toutes les roquettes ou tous les combattants du Hamas. Son but affiché était la dissuasion, afin de faire perdre au Hamas l'envie de continuer les tirs sur des villes israéliennes. A-t-il réussi ? The NYT laisse entendre que non. Les dommages causés au mouvement ont été en partie limités car le Hamas a agi avec précaution. L'armée israélienne souligne qu'elle n'a vu que peu de combattants, il y a eu très peu d'attentats suicides. Mais ceux qui connaissent le Hamas savent que tout était calculé avec attention. Et Shlomo Brom, chercheur lui aussi à l'université de Tel Aviv et ancien brigadier affirme qu'il ne faut pas considérer le Hamas comme un groupe de fanatiques irrationels. "Vous voyez, deux côtés, chacun a très bien compris l'intérêt d'une folie calculée. Voilà l'une des raisons pour lesquelles je ne vois de fin rapide à la guerre qui est en cours". Un cessez le feu à Gaza et maintenant ? C'est le titre de The Star on line en Jordanie. Si Israel proclame la victoire, les effets de l'aggression ont endommagé son image et le processus de paix. Mais en s'arretant maintenant Israel a sentiment qu'il partira sur le bon pied avec l'administration Obama, analyse au contraire la BBC. Qui a arrêté le premier ? C'est la question que nous nous posions au début de cette revue de presse. A-t-on su s'arrêter à temps ? C'est peut-être la question que se posent certains israéliens après ce qui restera vraisemblablement comme l'un des moments médiatiques les plus dramatiques de ce conflit. Ce matin, le Temps à genève et Libération reviennent sur ce drame. Vendredi soir, un journaliste de télévision israélien contacte en direct par téléphone un médecin palestinien. L'homme est régulièrement interviewé parce qu'il parle Hébreu mais cette fois sa maison vient d'être bombardée. Il a perdu 3 de ses filles et sa nièce. L'homme hurle de tristesse, le journaliste promet de lui envoyer des secours. "Il dira plus tard, je continuerai d'oeuvrer pour la paix mais ils ont tué mes espoirs". Vingt quatre heures après, Israel décrète un cessez-le-feu. Pour terminer, le Jérusalem Post propose une analyse pragmatique. "L'opération est terminée mais la guerre continue" titre le quotidien. Le premier objectif a été atteint, le Hamas a été affaibli. Pour le deuxième objectif, l'effet de dissuasion, il faudra attendre. Quant au troisième, celui-là dépend de l'Egypte, des Européens et des Américains tous appelés à faire taire la voix des armes dans la région. Et chacun des potentats régionaux veut mettre aux pied du nouveau président américain un armistice à Gaza. Mais Israel, discètement, à doublé tout le monde, analyse la Nouvelle république à Alger. L'etat Hebreu a contourné la proposition égyptienne de controle de la frontière en recourant à un accord de dernière minute avec Washington sur la contrebande des armes. Et le cessez-le-feu unilatéral est tout le contraire de ce que réclamaient les Egyptiens, c'est-à-dire un dialogue avec le Hamas.

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