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Hillary Clinton, un baiser doux-amer

5 min

C'est un sourire, et on ne voit que lui...un sourire élégant, étincelant et plein...quelques centimetres plus haut, les yeux d'Hillary Clinton accompagnent, par leur plissement, son sourire...Elle tient devant elle un bouquet de fleurs, et à ses côtés on voit le président israélien Shimon Peres qui l'embrasse sur la joue...cette photo de la nouvelle secrétaire d'Etat américaine, prise hier, est à la une de la plupart des journaux du monde ce matin. Quant au titre qui revient le plus souvent, il porte sur les "deux Etats", israélien et palestinien qu'a appelé de ses voeux et "avec force" la responsable de la diplomatie Obama...Mais autant le président israélien a fait preuve d'une grande galanterie vis-à-vis de son invitée, autant son premier ministre a davantage gardé une distance polie, surtout d'ailleurs sur cette question des deux Etats... "Netanyahu et la droite" nous dit The Independent, "pointent la menace pour la sécurité d'Israel d'un état palestinien, en prenant l'exemple de Gaza, et des innombrables roquettes tirées par le Hamas depuis le désengagement de l'armée israélienne en 2005". El Mundo se prononce plus avant : "si le gouvernement israélien devait finalement se composer d'une alliance entre Netanyahu et l'extrême-droite, la confrontation avec Barack Obama semble inévitable". Car les sujets de friction potentiels ne manquent pas...ainsi le journal allemand Die Welt rappelle que Bill Clinton lui-même en son temps s'est plusieurs opposé à Netanyahu. "Ce dernier entend d'ailleurs", dit le journal, "poursuivre la colonisation en Cisjordanie, à laquelle Washinton s'oppose", même si la secrétaire d'Etat n'en a rien dit hier, réservant probablement sa prise de position à aujourd'hui, au cours justement d'une visite du territoire... Et la question des implantations, c'est un euphémisme, est sensible pour les Israéliens...témoin cet éditorial de Barry Rubin, dans le Jerusalem Post...selon lui, "depuis les accords d'Oslo et selon le texte lui-même, l'expansion des colonies fait partie du développement naturel de l'état hébreu...Si cela devait changer, Clinton pourrait considérer comme une victoire l'arrêt des constructions, qui sont pour les Palestiniens un vrai problème, ou plutôt leur excuse pour ne pas faire d'avantage d'efforts. Une telle concession n'est pas inenvisageable, dit-il, mais qu'est-ce qu'Israel y gagnerait en échange?" Frictions, confrontation donc..."collision" même est le terme choisi par El Pais..."le climat politique et le résultat des tractations présagent d'un vrai champ de mines...un glissement à droite d'un côté, et l'influence grandissante du Hamas de l'autre alimente la thèse du Likoud selon laquelle toute négociation est impossible". El Pais estime que "la pression politique ou financière de la Maison Blanche envers son plus grand allié devra être sans précédent pour qu'un executif mené par Netanyahu accepte la vision de Clinton"... Et le New York Times de préciser cependant que madame Clinton "a bien pris soin de ne pas critiquer l'état hébreu, principalement parce que la formation du gouvernement n'est pas effective, et qu'elle n'entendait pas s'immiscer dans un débat politique national"... Autre temps fort, l'annonce d'un envoi prochain d'émissaires nord-américains en Syrie, qui trouve elle aussi un certain écho. "Le geste", analyse le Financial Times, "reflète le désir des USA d'affaiblir les relations entre Damas et l'Iran, d'aider l'Irak à se stabiliser, et éventuellement de créer un meilleur climat en vue de négociations de paix entre la Syrie et Israël"... Que pensent d'ailleurs de cette visite les quotidiens israéliens ? A lire ce matin dans Haaret'z, cet éditorial intitulé, "ce à quoi Bibi" - alias Benyamin Netanyahu - "ce à quoi Bibi devra faire face quant à un Washington décomplexé"...et la théorie de l'auteur porte sur les perceptibles changements de mentalité, au sein du congrès américain, sur le proche-orient... "le principe de deux états est devenu un sentiment partagé au Congrès", et l'auteur cite l'exemple du député Gary Ackerman, juif démocrate de New York, qui a récemment mis en garde contre une "spirale menant à l'impossible solution d'un double état"...en précisant qu'Ackerman "n'était pourtant pas connu pour être une "colombe", mais "qu'il n'est aujourd'hui plus inquiet de critiquer la politique israelienne dans les territoires sans paraitre hérétique"...Et l'éditorial poursuit : "le charisme de Netanyahu ou son anglais courant ne le sauveront pas de la contradiction entre ses positions et celles de la nouvelle administration. Dans un Washington décomplexé, même le Congrès ne viendra pas à son secours"... A contrario, et pour conclure, le Jerusalem Post, préfère mettre en avant ce qui unit Israel et la secrétaire d'Etat américaine, à savoir entre autres la vigilance face à l'Iran..."Hillary Clinton a notamment déclaré", dit le quotidien, "qu'il ne fallait craindre aucune confusion des négociations prévues par l'administration Obama avec Téhéran"... Mais le site internet du Jérusalem Post propose par ailleurs un vote-sondage avec cette question : "Madame Clinton peut-elle à votre avis faire avancer le processus de paix ?"... la démarche n'est certes pas scientifique mais plutôt revelatrice : sur plus de 800 votes, 87% des personnes ont choisi la réponse "j'en doute fort"...

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