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Hillary's back!

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Hillary Clinton briguera l'investiture du Parti démocrate pour l'élection présidentielle américaine de novembre 2016.

Former secretary of state Hillary Clinton
Former secretary of state Hillary Clinton Crédits : Yuri Gripas - Reuters

Dans la description qu'elle donne d'elle-même sur son compte Twitter, voici quelques uns des qualificatifs qu'elle s'attribue : épouse, mère, avocate, mais aussi First Lady, sénatrice, secrétaire d’Etat, ou bien encore propriétaire de chien, fan du tailleur-pantalon, icône capillaire et briseuse de plafond de verre.

Et de fait, la démocrate semble bien déterminée à briser le plus haut des plafonds, en devenant la première femme à diriger les Etats-Unis. Hier, dans un message vidéo (voir ci-dessous), Hillary Clinton a annoncé qu'elle briguait, pour la deuxième fois après 2008, l'investiture du Parti démocrate pour l'élection présidentielle américaine de novembre 2016. Confirmé plutôt qu’annoncé, car c'était déjà dans l'air depuis plusieurs mois. Vendredi dernier, l'édition britannique du BUSINESS INSIDER avait même prévenu qu'Hillary officialiserait dimanche sa candidature à la présidentielle américaine.

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C'est chose faite. Non pas, d'ailleurs, via Twitter, comme tout le monde s'y attendait, mais par un simple e-mail de son directeur de campagne, envoyé à tous les donateurs du Parti. Un détail qui en dit long, en réalité, sur la stratégie de campagne de l'ex First Lady, car en opérant ainsi, Hillary Clinton aurait, selon le site POLITICO, cherché à éviter l'atmosphère de couronnement, dit-il, qui avait entouré le lancement de sa première campagne. La semaine dernière, son mari et ex président Bill Clinton avait d'ailleurs lui-même confirmé la nouvelle stratégie de son épouse, précise à son tour le journal LIBERATION, en expliquant qu'il était important pour Hillary de se lancer comme si elle n'avait jamais été candidate à rien avant. Et puis si Madame Clinton s'est permise une telle retenue, c'est aussi parce qu'elle sait, analyse son confrère du TEMPS de Genève, qu’elle est la seule prétendante sérieuse du parti démocrate. C'est même une situation unique dans l’histoire des Etats-Unis, note un politologue du Texas interrogé dans les colonnes du journal. Depuis 1972 et l’introduction du système des primaires, aucun candidat, dit-il, n’a à ce point dominé le champ électoral, à moins d’être déjà président.

Parmi les rivaux probables d’Hillary Clinton figurent aujourd'hui un ex-gouverneur du Maryland, un ancien sénateur de Virginie et l'actuel sénateur du Vermont. Or aucun d'entre eux n’a de réelles chances. Quant aux candidats plus crédibles, comme la sénatrice Elizabeth Warren, le vice-président Joe Biden ou le gouverneur de l’Etat de New York Andrew Cuomo, ils ne devraient a priori même pas oser se présenter, tant leurs chances sont minimes.

Pour autant, cela ne signifie pas qu'aucun obstacle ne se dresse d'ores et déjà sur la route d'Hillary Clinton. Tout d'abord, les républicains ne semblent pas près de lâcher l’affaire de l’ambassadeur américain tué à Benghazi, en 2012, lorsqu’Hillary était en charge des Affaires étrangères. Récemment, elle a dû également s’expliquer sur l’usage d’un e-mail privé et la disparition de milliers de messages alors qu’elle était en fonction. Plus grave, elle devra également livrer un subtil exercice d’équilibrisme pour se distancier de Barack Obama, un président impopulaire, sans pour autant donner l’impression de renier son propre bilan. En d'autres termes, Hillary Clinton devra se rapprocher d'Obama mais sans trop coller à son bilan, alors même qu'elle a été la Secrétaire d'Etat du chef de la maison blanche pendant ses premières années au pouvoir, précise à son tour THE NEW YORK TIMES, avant d'ajouter que le parti Républicain s'emploiera de toute façon à les rendre, tous les deux, démoniaques.

"Le passé ne meurt jamais"
Enfin Madame Clinton devra aussi éviter un énième écueil, celui de se faire avaler par l’ombre d’un autre chef d’Etat : son mari, Bill Clinton himself. Car même s'il n’entend plus aussi bien qu’avant et que son pas s’est ralenti, en clair, même si avec sa crinière blanche et sa silhouette chenue, il fait plus que ses 68 ans et a tout désormais du grand-père, Bill aspire pourtant une nouvelle fois à jouer un rôle central dans la campagne présidentielle de son épouse. Or lors des Primaires de 2008, rappelle le quotidien de New York, le duo avait plutôt mal fonctionné.

Enfin du côté de ses véritables adversaires, cette fois-ci, de nombreux républicains se disputeront l'investiture. Deux se sont déjà déclarés, les sénateurs du Tea Party Ted Cruz et Rand Paul, tandis que leur collègue Marco Rubio, d'origine cubaine, pourrait lui le faire dès aujourd'hui lors d'un discours à Miami. Quant au mieux placé, il n'a pas encore franchi le pas d'une candidature officielle, mais ses intentions sont limpides. Son nom : Jeb Bush, ex-gouverneur de Floride et autre héritier d'une dynastie politique américaine.

D'où cet article du DAILY BEAST repris par le Courrier International et intitulé Bush contre Clinton en 2016, non merci ! Pour les Américains de plus en plus nombreux à se dire indépendants, il n’y a apparemment aucun moyen d’échapper, dit-il, à la compulsion de répétition dont sont atteints ceux qui tirent les ficelles dans les partis. Et le journal d'interroger : qu’écrivait Faulkner dans « Requiem pour une nonne » ? Réponse : Le passé ne meurt jamais. Il n’est même pas passé.

Il y a eu un Bush ou un Clinton à la Maison-Blanche et au gouvernement pendant trente-deux ans d'affilée, note également THE NEW YORK TIMES dans une chronique titrée « préparez-vous, ce sera Hillary et Jeb », avant d'en conclure à son tour : ce qui a été sera toujours. En revanche, il n'y a pas de Kennedy dans le lot et c'est là, dit-il, à peu près la seule raison d'espérer.

Par Thomas CLUZEL

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