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Hommage unanime de la presse mondiale à Nelson Mandela

4 min

Par Antoine Marette

Un visage à la une de la presse ce matin. Un visage souriant. Celui de la réconciliation entre les noirs et les blancs. Ce visage, c'est bien sûr celui de Nelson Mandela. Hommage unanime à un homme sans haine à qui le pouvoir blanc aura pourtant volé 27 ans de sa vie.

Une sur la mort de Mandela du "Orange County Register", de Santa Ana, Californie
Une sur la mort de Mandela du "Orange County Register", de Santa Ana, Californie Crédits : Radio France

Il y a un cliché qui circule dans beaucoup de quotidiens ce matin, c'est celui de la libération de Mandela en 1990. Il est à côté de son épouse de l'époque Winnie Mandela. Il lève le poing droit en signe de victoire. Sa femme sourit. Lui est grave. Il semble mesurer la difficulté de la tache qui l'attend. Un décalage entre cette femme qui était une combattante pure et dure. Et cet homme qui choisit de pardonner.Jeune Afrique revient sur les différents étapes de la vie de Mandela. Et notamment son exercice du pouvoir. On a tendance désormais à voir Mandela comme un saint. Mais l'homme était plus complexe. Redoutable manoeuvrier, et remarquable homme d'Etat. Il a repris en main l'ANC à sa sortie de prison pour en faire un parti de gouvernement. Alors que les Afrikaners étaient divisés, Mandela tenait son équipe en main. Et il a dû s'imposer car les militants de l'ANC ne vivaient que dans l'attente du grand soir. Le secrétaire du syndicat des mineurs, Cyril Ramaphosa disait de lui : quand il avait pris une décision, il était inébranlable. Sans lui et ses nerfs d'acier, nous n'aurions jamais pu négocier la fin de l'apartheid. Il a commencé sa campagne à 75 ans, soit 2 ans de plus que Reagan à la veille de son second mandat. Il est élu premier président noir d'Afrique du sud en 1994. A la tête de l'Etat, il laisse à son vice président Thabo Mbeki la gestion des affaires courantes. Et sa priorité sera de consolider l'unité de la nouvelle nation. Les guerres civiles qui déchiraient les pays voisins, à savoir l'Angola et l'ex Zaïre, montraient que sans la paix intérieure, rien n'était possible.

Et il va profiter des contacts engrangés au cours de ses 80 années d'existence. Les tribus rurales, les mineurs, la population des townships, les africanistes, les communistes, les indiens, les gardiens afikaners, les grands patrons et les chefs d'Etat. Pendant ses années de prison, il cherche à pénétrer l'âme de ses ennemis, notamment en apprenant leur langue, l'Afrikaans. Il va même comprendre et aimer leurs plus grands poètes. Cette compréhension de l'autre va lui permettre d'éviter l'explosion du pays. Et contrairement à d'autres chefs d'Etat africains, il saura se retirer au terme de son mandat et faire élire en douceur son vice président Thabo Mbeki.

Bien entendu, les quotidiens sud africains, font leur une de cet événement. Cape Times évoque des témoignages de ces centaines d'anonymes qui sont venus se recueillir devant la maison de Nelson Mandela à Johanesbourg.Un jeune de 18 ans affirme : je suis triste mais je ne veux pas être triste. Il nous a quittés paisiblement, et ça, ça me réconforte. Un autre jeune ajoute : ça va prendre du temps à l'Afrique du sud de faire son deuil d'un tel héros.

Goodbye Tata. titre le quotidien sud africain Timeslive qui reprend les mots du président actuel Jacob Zuma. C'est lui qui a annoncé sa mort. Notre nation a perdu son plus grand enfant. Notre peuple a perdu son père.Nous savions que ce jour allait arriver. Mais rien ne peut aujourd'hui diminuer notre peine.Mandela m'a donné l'espoir. Et je vais faire de mon mieux pour ne jamais oublier cette leçon. Conclu Jacob Zuma.

Pour Afriquinfos, Mandela était l'icône mondiale de la réconciliatio. Et de le citer : "Le pardon libère l'âme, il fait dipsaraître la peur. C'est pourquoi le pardon est une âme si puissante". Sa compatriote Nadine Gordimer, prix Nobel de littérature disait de lui. "Loin d'assumer un rôle divin, Mandela est au contraire pleinement et absolument humain. L'essence de l'être humain dans tout ce que ce mot devrait pourrait signifier. Elle rajoute : Il a souffert et végété en prison pendant plus d'un tiers de sa vie, pour en sortir sans un mot de vengeance. Il a supporté totu cela, non seulement parce que la liberté de son peuple est son souffle vital, mais parce qu'il est l'un des rares êtres pour qui la famille humaine est sa propre famille". Le site africain rajoute que ce genre d'hommage et ses actes ont fini par créer autour de Mandela une sorte de culte qu'il n'a jamais souhaité. "On me considère comme un saint. Je ne l'ai jamais été", avait-il dit à un journaliste. Et d'ajouter avec une certaine malice. "Sauf si vous pensez qu'un saint est un pêcheur qui essaie de s'améliorer".

> Retrouvez le dossier spécial consacré à Nelson Mandela
"Mandela, un juste rentre dans l'histoire" **[> tout le programme ICI

](http://www.franceculture.fr/blog-au-fil-des-ondes-2013-12-06-mandela-un-juste-rentre-dans-l’histoire "MANDELA, UN JUSTE RENTRE DANS L’HISTOIRE")**

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